Proman conforte son approche du marché de l’intérim

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Roland Gomez, directeur général de l'entreprise indépendante capitalistiquement, n°4 européen de l'intérim et n°3 français.
Roland Gomez, directeur général de l'entreprise indépendante capitalistiquement, n°4 européen de l'intérim et n°3 français. (Crédits : DR)
Le n°3 français de l’emploi temporaire, basé à Manosque, poursuit sa croissance, notamment par des opérations d’acquisitions – certaines à l’étranger – qui consolident son positionnement à la fois par segment et en proximité. Recruteur officiel de la coupe du monde de rugby 2023, la PME indépendante et familiale utilise aussi tous les outils des nouvelles technologies pour moderniser à la fois l’image du secteur et fluidifier sa propre organisation.

2020 demeurera indéniablement une année particulière, quel que soit le secteur considéré. Pour celui du travail temporaire, la période a été particulièrement éprouvante, la filière étant intimement liée à des métiers ayant dû cesser toute activité.

Cependant, l'adversité est aussi parfois révélatrice de ce qui va bien ou tout du moins confirme les positionnements engagés. C'est ainsi que Roland Gomez identifie cette période déstabilisante. Lorsque 2020 débute, Proman vient tout juste de conclure un exercice 2019 atteignant 2,2 Mds€ de chiffre d'affaires, poursuivant sa croissance alors même que « le marché de l'emploi temporaire, de façon générale était en recul », tient à préciser le directeur général de la PME basée dans les Alpes de Haute-Provence.

Internationalisation structurée

2019 a en effet vu l'entreprise spécialisée dans l'emploi intérimaire réaliser des opérations de croissance externe. En Belgique avec une prise de participation majoritaire dans Rialto Recruitment, axée sur le recrutement d'ingénieurs, scientifiques, doctorants et profils techniques ; en Suisse, avec le rachat de CréaJob Services, orientée BTP ; en Espagne, avec l'acquisition d'Epos, présente en industrie, logistique, agro-alimentaire, automobile ou chimie. Et 2020 commence sur le même rythme avec l'acquisition finalisée fin janvier d'Agilitas Group, implantée en Belgique, aux Pays-Bas mais aussi en Pologne et en Croatie. Une opération qui est par ailleurs significative pour Proman, Agilitas Group employant 800 collaborateurs pour un chiffre d'affaires de 500 M€ et positionné comme expert sur des sujets particuliers, en talent mobility et outplacement, en artistique aussi. De fait, il permet aussi à la PME provençale d'être fortement présente à l'export, dans 13 pays.

Tout donc commençait bien début 2020 mais las, la Covid-19 est venue contrecarrer les plans de développement établis. Et les premiers mois de confinement entraînent une perte d'activité de 60 % à 70 % pour la PME quand le marché enregistre -75 %. « Ça a été cataclysmique », reconnaît Roland Gomez. « Nous avons du stopper nos missions alors même que nous étions en croissance et que nous visions un chiffre d'affaires de 3 Mds€. L'acquisition d'Agilitis Group venant consolider notre présence en Belgique et nous permettant de nous installer dans trois pays où nous n'étions pas encore présents ».

Ne pas servir que les métropoles

Avec le déconfinement, revient l'activité. « Nous avons regardé comment le marché s'est comporté. Entre juin et septembre, le niveau d'activité est redevenu acceptable. Et nous sommes repartis. Nous avons rassuré notre structure, notre histoire et notre manière de gérer l'entreprise ont fait leur effet ».

L'annonce officialisée du sponsoring de la coupe du monde de rugby 2023 qui fait de Proman le recruteur officiel de l'événement, est forcément tout, sauf neutre. Elle confirme que la PME a su valoriser l'expérience acquise, ayant déjà été recruteur officiel pour l'Euro 2016 ou encore pour la Coupe du monde féminine de football en 2019. Et elle est aussi synonyme de projets structurants, pas davantage neutres dans le contexte actuel puisqu'il s'agit d'organiser et recruter les 2023 apprentis qui seront formés au sein du centre d'apprentissage dont Proman est partenaire. « La plupart d'entre eux n'ont pas forcément vocation à travailler dans le milieu du sport ou du rugby », indique Roland Gomez. Or c'est un ensemble de formations qui seront distillées, allant jusqu'à Bac + 7.

Pour Roland Gomez cet engagement -  « il faut savoir s'engager » appuie-t-il - s'inscrit parfaitement dans la philosophie de l'entreprise. « Ce qui compte pour nous c'est le maillage territorial et les compétences. Nous ne voulons pas que cela profite seulement aux métropoles » explique le directeur général de la PME rappelant que Proman est justement implantée aussi dans des villes moyennes. Le sponsoring de la Coupe du monde de rugby est évidemment un vecteur de confortement de l'image. Une façon également « de nous faire découvrir à de nouvelles cibles », souligne Roland Gomez. Qui n'occulte pas la difficulté que constitue le contexte actuel. « Ce n'est pas parce que je suis enthousiaste et optimiste que je néglige la situation. Nous devons être sérieux, rationnels et pragmatiques ». L'objectif d'un chiffre d'affaires atteignant 3 Mds€ est donc envisagé pour l'exercice 2021.

Les réseaux sociaux pour mieux recruter

Quatrième acteur de l'intérim en Europe, 12ème acteur mondial, Proman ne vit pas en dehors de son monde non plus dès lors qu'il s'agit des nouvelles technologies. Après MyProman, l'application qui permet de postuler de façon dématérialisée, et MyBusiness, dédié aux clients utilisateurs, après une présence sur le réseau social Tik Tok depuis l'été dernier, voici Proman présent sur Twitch, pour une phase de recrutement de 1 000 postes. « La crise de 2008 nous a appris à être résilient et plus agile », raconte Roland Gomez qui prévoit une concentration du métier dans les années à venir. Et qui résume son état d'esprit en deux mots : « prudent mais ambitieux ».

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