Experte en aromathérapie, la franco-japonaise Florihana consolide sa gamme cosmétique

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(Crédits : DR)
Son activité première consiste à produire des huiles essentielles, des huiles végétales et des hydrolats 100 % naturels qu’elle vend en BtoB comme en BtoC. Installée sur le plateau de Caussols, près de Grasse, cette distillerie, PME familiale franco-japonaise, fortement exportatrice, développe également des soins pour la peau dont elle compte agrandir la gamme. Ce qui l’emmène à replanter sur ce haut plateau, lavande, thym et romarin.

Son cœur de métier n'est pas la tech, mais (presque) comme le fondateur de la marque à la pomme, Florihana a commencé son aventure dans une pièce improbable de la maison : la cave.

C'est à Grasse que la marque naît en 1993, créée par Alain et Mutsuko Durante. Un couple d'entrepreneurs « toujours intéressé par la nature et le respect de l'environnement », indique Milie Durante qui co-dirige l'entreprise aux côtés de ses parents et de son frère. A Grasse, berceau de la parfumerie, il ne semble pas illogique de s'inscrire dans ce domaine. Pour la toute jeune entreprise alors, ce sera l'aromathérapie. Cependant, distiller exige des mètres carrés. C'est donc à quelques kilomètres, sur le plateau de Caussols à 1.000 mètres d'altitude, qu'elle s'installe. « Nous étions à la recherche d'une nature brute et de terrains exploitables », explique Milie Durante. L'entreprise construit un premier bâtiment, en bois massif de Finlande, pour héberger ses lignes de production. Ils sont aujourd'hui quatre, un cinquième étant en construction et un sixième bientôt prévu.

N°1 à Taiwan

Florihana distille donc huiles essentielles, huiles végétales et hydrolats, 100 % naturels, pressées à froid. Et la PME s'est aussi engagée dans une certification qui lui permet d'afficher les principales normes spécifiques, dont AB et Ecocert, mais également celles qui correspondent à ses marchés export dont USDA Organic (pour le marché américain) et JAS (pour le marché japonais). Allant même parfois plus loin que les critères demandés, « ce qui constitue un avantage concurrentiel », souligne Milie Durante.

Un avantage concurrentiel autant pour le marché domestique que le marché export. Présente dans 65 pays, Florihana y est installée, soit via ses propres bureaux - à Shanghai pour la Chine, à Tokyo pour le Japon, soit via des partenaires logistiques. A Taïwan, où elle est installée, représentée par un partenaire disposant d'un réseau de boutiques, elle est même devenue la marque n°1 de l'île.

Revendiquant une volonté de transparence, la PME française utilise tous les outils à sa disposition pour cela. D'abord en publiant sur son site les fiches techniques et analyses des produits qu'elle fabrique. Mais en utilisant aussi les réseaux sociaux - vecteur de faire savoir devenu incontournable - afin de montrer l'envers du décor, soit la chaîne de production, les machines, les méthodes de production...

Une façon d'adresser une partie de sa cible de clientèle, Florihana adressant aussi bien le BtoB que le BtoC. « Nous vendons nos matières premières aux laboratoires mais cela uniquement pour de la reformulation ». Les distributeurs aux Etats-Unis, en Asie du Sud-Est, en Europe contribuent aussi à cela mais, poursuit Milie Durante, « nous ne sommes pas en recherche active de distribution ». La vente en vrac est aussi pratiquée. Sachant que la cible BtoB, qui achète via le site dédié couvre une tranche d'âge de 25 à 50 ans, celle-ci étant plus jeune en Asie, dès 18 ans, et cela étant le fait essentiellement d'une culture asiatique davantage tournée vers l'usage de produits d'aromathérapie.

R&D pour gamme cosmétique consolidée

Outre la production d'huiles essentielles et végétales, Florihana a mis au point une gamme cosmétique, à base de ses propres matières premières, comprenant une dizaine de soins pour la peau, qu'elle compte développer. Une gamme hybrique, qui constitue une gamme d'appel pour qui veut avoir recours à des huiles essentielles sans vraiment savoir comment les choisir ou les utiliser. Et là encore, Facebook, Instagram ou LinkedIn constituent une très bonne étude de marché. « Grâce aux réseaux sociaux nous avons une idée précise de ce que le consommateur recherche », précise Milie Durante. La gamme existante devrait s'enrichir de 7 à 8 soins supplémentaires. Pour se faire, un recrutement a été effectué pour renforcer la R&D. La mise sur le marché est programmée pour le T1 ou T2 2021.

Replanter lavande et romarin

C'est pour cela que Florihana se dote d'une nouvelle distillerie, « plus moderne, plus grande », en cours de finalisation. C'est aussi pour cela qu'elle s'engage dans une initiative de replantation de diverses variétés, dont principalement la lavande sauvage, le thym et le romarin, poussant normalement à Caussols mais dont les hivers moins rudes ont annihilé la pousse. « Nous comptons pouvoir récolter les premiers plants et fleurs d'ici 2 à 3 ans » espère Milie Durante. Parallèlement, la PME produit également des huiles végétales rares, comme le camélia japonais ou le pépin de framboise. Pour ce dernier produit, c'est auprès d'une autre entreprise française que l'approvisionnement se fait, Florihana venant ainsi récupérer une matière première qui serait, sinon, jetée. Des essais sont également menés avec de la myrtille. Florihana emploie 31 salariés - 21 en France, 5 en Chine et 5 en Japon - et réalise un chiffre d'affaires de plus de 15 M€.

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