Comment Proman structure sa croissance

Le spécialiste du travail intérimaire, originaire de Manosque, confirme sa place de n°1 français du secteur, fort de son indépendance capitalistique. Et appuie son développement à la fois sur un maillage territorial renforcé et l'acquisition de compétences complémentaires.

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(Crédits : DR)

Un chiffre d'affaires 2017 qui atteint 1,650 milliard d'euros, une progression de 17,85 % et une stratégie qui compte faire appel autant à la croissance organique, qu'externe. La recette de Proman ne change pas, d'autant qu'elle fait la preuve de son efficacité.

Et les ingrédients qui ont nourri le développement de l'entreprise familiale demeurent identiques : accompagner les évolutions du secteur en restant à l'écoute des besoins, si possible en faisant preuve d'anticipation.

Mieux que le marché

Car c'est bien ainsi que Proman, né petit poucet de l'emploi intérimaire en 1990, a conforté sa place face à des mastodontes tels que Randstad, Adecco ou Manpower : en restant proche du terrain et en précédant si possible les usages. Pour cela, la croissance externe a été dès 2015, la voie choisie, poussant même l'entreprise des Alpes de Haute-Provence à prendre le chemin de l'export.

A mi-année, 2018 semble suivre la même courbe ascendante. "Les quatre premiers mois de l'année, à périmètre iso, montrent une croissance de 17 %", précise Roland Gomez, le directeur général de l'entreprise se disant plutôt satisfait de ce "rythme de croissance soutenu" qui est le double de celui du marché, qui culmine, lui à 8 %.

Le résultat en partie des acquisitions effectuées l'année dernière en Belgique comme en France, "sur un métier de base, le recrutement, que nous pratiquons en option, pour nos clients", auprès "d'établissements positionnés sur des domaines industriels pointus, qui sont donc venus solidifier notre offre avec de vrais savoir-faire".

Mix équilibré

Et la feuille de route pour 2018 respecte bien les fondamentaux. Elle est "bien engagée", considère les "mêmes axes que d'habitudes, un mix fait de créations d'agences et de croissance externe aussi bien en France qu'à l'étranger", annonce Roland Gomez.

Concernant les acquisitions, si leur cœur de métier et les complémentarités qu'elles apportent sont essentiels, "nous regardons les entreprises qui sont Proman compatibles", indique le directeur général. Comprendre, familiales et à la recherche d'alternative pour poursuivre l'aventure.

Cependant, le mix qui doit porter la nouvelle croissance s'équilibre avec la création d'agences, l'autre levier du développement. Une vingtaine d'ouvertures est programmée pour l'année en cours, en France comme à l'étranger, - un rythme habituel relève Roland Gomez -, parfois dans des villes "où nous doublonnons" mais c'est alors pour mieux servir le territoire considéré. Car "les arbres ne montent pas forcément au ciel". Le tout portera à 350, le nombre d'agences sur le territoire hexagonal, actuellement de 317.

Le digital aussi

Le numérique est aussi un apport que l'entreprise de travail temporaire intègre dans sa stratégie, pour des raisons évidentes de facilitation et de réactivité permises. Ainsi une application, baptisée myProman a été développée et fait suite à la dématérialisation de la quasi-totalité des supports papier. Dédiée aux intérimaires, myProman - développée majoritairement en interne - a vocation à fluidifier le rapport avec les intérimaires notamment d'engendrer une plus grande réactivité en terme de disponibilité. "La digitalisation a vocation à rendre du temps au personnel en agence et à optimiser les demandes d'emploi". Plus généralement, "nous devons rester agiles" insiste Roland Gomez qui précise que Proman dispose d'un laboratoire interne pour faire émerger les nouvelles idées. "Nous parlons rarement de R&D dans nos métiers et pourtant c'est essentiel", cependant, tout en étant conscient que "la relation humaine ne peut pas être remplacée. Le bon équilibre est de mixer les deux".

Autre challenge, qui va de pair avec la croissance, celui de savoir garder "notre identité". Un pari que Roland Gomez et son père, président de l'entreprise, Roland Gomez, tiennent depuis près de 30 ans. Autre effet collatéral du bon comportement économique, Proman doit pousser les murs de son siège social qui va engranger 1 800 m2 supplémentaires. Et le prochain objectif est déjà posé : atteindre 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires fin 2018.

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