Pourquoi les Banques populaires et la banque Chaix fusionnent

Désormais réunies sous l'unique nom de Banque Populaire Méditerranée, les trois établissements bancaires veulent ainsi mieux appréhender les évolutions du secteur et notamment le virage numérique.
(Crédits : Décideurs en région)

Il en va dans le domaine bancaire comme dans la vie des entreprises : la question de la taille critique est souvent la meilleure façon de répondre aux évolutions du marché. La vague digitale risquant de tout emporter sur son passage, les banques savent que pour ne pas se faire submerger, il faut être réactives. Annoncé avant l'été, le rapprochement entre les banques populaires Côte d'Azur, Provençale et Corse et la banque Chaix est maintenant une réalité. Et s'il concerne désormais neuf départements (Alpes-Maritimes, Corse, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Drôme, Hérault et Gard), 520 000 clients dont 5 000 entreprises et 63 000 professionnels avec un réseau de 244 agences pour un PNB à 395,2 M€, il est aussi une façon de répondre aux enjeux de la banque de demain.

Question de logique

Car "les exigences des clients ont évolué, ces derniers souhaitent davantage d'accessibilité et de réactivité", note Christian du Payrat, l'ex dirigeant de la banque Chaix et de la Banque populaire Provençale et Corse. En clair, le digital mais plus largement les fintechs viennent bousculer un marché, ses habitudes et incitent donc les acteurs bancaires à entrer dans une bataille dont ils ne sont pas les favoris.

Bien sûr, la toute nouvelle Banque Populaire Méditerranée avance par la voix de son nouveau directeur général Christophe Bosson que "ce rapprochement est logique considérant les complémentarités existantes entre Nice et Marseille", en matière immobilière et avec des marchés des professionnels véritablement différents, chaque banque populaire étant par ailleurs sur des secteurs différents. Or "le métier du banquier est de répartir les risques" rajoute Christian du Payrat. Dont acte.

Numérisation

Mais la digitalisation du métier est une vraie préoccupation. Que le groupe BPCE prend au sérieux ce qui est visible avec l'acquisition réalisée de deux fintechs, lepotcommun.fr (cagnotte en ligne) et depopass.com (chèque de banque dématérialisé). "Nous devons nous structurer comme une startup afin de nous positionner sur le marché des agrégateurs", indique le directeur général. Le numérique doit aussi rejaillir sur les offres de nouveaux produits. La banque a prévu de travailler en interne par saison de six mois notamment sur les aspects numériques afin d'atteindre d'ici 18 mois, une meilleure maturité. Si le coût de la naissance de la Banque Populaire Méditerranée s'élève à 30 M€ (la moitié concernant le parc informatique), nul doute que l'opération devra être transformée en investissement plutôt qu'en dépense.

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