Gurkin Invest Film, la PME qui veut tisser sa toile

Fondée par Sabrina Roubache, qui est aussi la chargée de production exécutive de la série "Marseille", cette nouvelle structure aura pour objet de séduire investisseurs et redevables à l’ISF, afin de récolter des fonds destinés au financement de longs-métrages. Avec l’objectif d’une première levée à 1,5 M€.
Sabrina Roubache entourée à gauche de Dan Franck et Samuel de Saint-Laurent.
Sabrina Roubache entourée à gauche de Dan Franck et Samuel de Saint-Laurent. (Crédits : DR)

C'est une première en Paca, puisque les initiatives de ce type étaient jusque-là essentiellement parisiennes. Sabrina Roubache, dirigeante de Gurkin Production, vient de fonder Gurkin Invest Film. L'objectif de cette nouvelle PME ? Lever des fonds, auprès d'investisseurs et de particuliers devant s'acquitter de l'ISF, afin de financer ses projets de longs-métrages ainsi que ceux de son associé, le réalisateur et producteur Chris Nahon. Ce faisant, elle s'appuie sur les avantages fiscaux offerts par la loi Tepa-PME, donnant notamment lieu à une réduction ISF de 50 % du montant des souscriptions, dans la limite annuelle de 90.000 €.

"Nous voulions créer un fonds ISF, puis nous avons arrêté notre choix sur une PME audiovisuelle. Une option qui nous offre plus de souplesse, puisqu'elle nous permet d'injecter de l'argent dans des projets qui ne sont pas forcément développés par Gurkin. Et puis, cela nous évite aussi les contraintes de validation de l'AMF (Autorité des marchés financiers, NDLR) dès lors que nous réalisons un investissement", précise celle qui est chargée de la production exécutive de la série "Marseille", la dernière-née de Netflix.

Un gain de temps sur le montage des projets

Investisseurs et redevables de l'ISF auront dès à présent, à raison d'un ticket d'entrée de 90.000 €, la possibilité de contribuer à conforter une industrie avec laquelle il faut désormais compter en Provence : celle du cinéma.

"En plus des avantages liés à la défiscalisation, ils bénéficieront d'un rendement de 5 % chaque année, lié à l'exploitation du long-métrage financé. Et ils récupèreront leur capital au bout de 5 ans. Pendant cette durée, ils se posent donc comme propriétaires de l'œuvre. De mon côté, je réduis ma marge d'autant, puisqu'elle passe à 15 %. Ce système bénéficie à tous : il fait gagner de l'argent aux investisseurs et permet de développer plusieurs projets par an, 4 à 5 au lieu d'un seul. Et ce beaucoup plus vite puisque nous pouvons les monter en 1 an et demi à 3 ans, au lieu de 5 à 7 ans. Nous gagnons du temps sur la partie développement, marquée par les incertitudes nimbant souvent les formalités relatives aux financements publics".

Projets de long-métrage qui seront sélectionnés en fonction de certains critères : proposer des têtes d'affiches, revendiquer une certaine qualité bien sûr (deux scénarii de Dan Franck, à l'origine de celui de la série Marseille, sont déjà inscrits au registre des projets de Gurkin Invest Film) et nécessiter des budgets moyens de l'ordre de 1,5 à 4 M€. Mais aussi et surtout, être tournés en Provence. "C'est de l'économie réelle, des retombées directes pour le territoire", affirme celle qui fait partie du premier "Do Tank" de l'UPE 13, créé afin de développer localement l'industrie du cinéma.

Des investisseurs pleinement impliqués

Pour ce faire, elle s'est fixé l'objectif d'une première levée de fonds à 1,5 M€. "Nous sommes en train de signer avec les premiers investisseurs. J'ai confié cette tâche à Samuel de Saint Laurent, un spécialiste du monde de l'immobilier qui met à profit son carnet d'adresse", annonce-t-elle. Des investisseurs qui ont tous un dénominateur commun, selon ses dires : "ce sont des passionnés de cinéma. Ils viennent avec de l'argent, mais aussi avec le cœur. Ils savent de surcroît que ça va bénéficier au tissu économique local, tant en termes d'emplois directs que d'emplois induits". Financeurs qui seront sans aucun doute choyés par la productrice, prévoyant d'ores et déjà de les emmener sur les tournages, de leur faire rencontrer les auteurs et découvrir le texte des scénarii en amont... "Du vrai BtoB. Lorsque l'on met de l'humain, on y gagne toujours", observe Sabrina Roubache. Une belle avancée pour cette dernière, ayant fait ses premiers pas, il n'y a pas si longtemps, en tant que chargée de production aux côtés d'Akhenaton. "L'aventure Netflix a été déterminante. J'ai toujours eu l'ambition de multiplier les tournages sur Marseille. Mais la rencontre avec ces géants du Net a été incontestablement un accélérateur".

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