Electrique et féminisation, les deux moteurs d'Harley Davidson

La marque américaine ce n'est pas que de grosses cylindrées et des bikers chevelus, elle sait aussi s'adapter aux évolutions, technologiques comme de mentalités, détaille Gérard Staedelin, son directeur général France et Europe du Sud.
(Crédits : DR)

Certes, cela correspond bien à l'image qui colle à la peau de la marque américaine. Début mai, quelques 35 000 riders et spectateurs se sont pressés à Grimaud, près de Saint-Tropez dans le Var, pour trois journées de démonstrations et de concerts rock. Comme chaque année, depuis dix ans. Une sorte d'American way of life qui fonctionne toujours. Pourtant Harley Davidson emprunte largement le chemin de l'innovation, une route dans laquelle la marque s'est engagée depuis... toujours.

Emotion et innovation

"Nous sommes une entreprise récente", tient à souligner Gérard Staedelin. Car la filiale française - filiale de distribution uniquement - est née "que" en 1997, il y a presque vingt ans. "Si la marque est mondialement très connue, en France nous avons tout de même affaire à un marché jeune", avoue le DG France et Europe du Sud (comprenant outre l'Hexagone, l'Italie, l'Espagne et le Portugal). Le marché mondial, lui, a justement toujours poussé Harley Davidson à épouser ses courbes.

"Si l'entreprise a réussi depuis 113 ans à produire sans interruption, c'est que l'innovation fait partie des gènes de la maison. Innover tout en restant classique a toujours été le parti pris. Nous essayons de cacher l'innovation pour mettre en avant l'émotion. C'est ce qui nous permet de demeurer la première entreprise mondiale de grosses cylindrées", précise Gérard Staedelin.

L'électrique, solution fantastique ?

L'innovation, donc fait partie des ingrédients maison. Un élément "important", répète bien Gérard Staedelin. Poussant, par exemple, Harley Davidson a ne pas ignorer ce qui se passe du côté de l'électrique. Une "aventure dont nous sommes curieux de voir ce qu'elle va donner". De fait, la LiveWire, pour l'heure dévoilée sous forme de prototype, sera produite d'ici 2020. Mais pas sans "signature sonore". On est une Harley ou on ne l'est pas. Toujours ce principe d'intégrer l'innovation mais de laisser avant tout la place à l'émotion...

"Nos essais ont eu un succès fou, autant auprès des concessionnaires que de la clientèle", s'enthousiasme Gérard Staedelin.

Pour autant, loin est encore le temps du tout électrique.

"La fée électricité est montrée comme la réponse à tout. Nous sommes sur un cycle sociétal de long terme, l'électricité est sans doute la solution. Cependant, des progrès sont nécessaires pour ce qui concerne l'autonomie des batteries, un sujet qui, de toute façon, va évoluer de manière significative dans les deux à trois prochaines années".

Car le vrai problème demeure... la vitesse de recharge. "C'est là qu'est la clé", promet Gérard Steadelin. Sauf que chaque marque y va de ses installations et de son propre maillage territorial. Sans concertation. "Ce qui a tendance à créer une certaine cacophonie", déplore le DG France et Europe du Sud, appelant de ses vœux que "L'Etat joue son rôle" et déroule les "infrastructures à vitesse grand V et pas à celle d'un escargot". L'autre pendant de la problématique est la taille du marché occupé par la mobilité propre. "Une industrie ne vit pas avec 3 % du marché". De fait, que les amoureux des vrombissantes cylindrées imaginées par la firme de Milwaukee se rassurent, il n'est pas encore venu le temps de faire de Harley Davidson une marque toute électrique.

"Pour l'heure La LiveWire nous permet d'ajouter un nouveau produit aux 34 déjà existants".

Féminisation

Il n'y a pas que dans la motorisation que l'évolution vient obliger le constructeur américain à changer de braquet, il y a aussi celui des mentalités. Pourtant, Gérard Steadelin l'avoue bien volontiers, les images d'Epinal ont la vie dure. Malgré le fait Harley Davidson demeure le synonyme de cylindrée vrombissante conduite par un rider chevelu et barbu, depuis une dizaine d'années, elle est aussi conduite par des... femmes. 12 % exactement aux Etats-Unis, 5 % en France il y a 5 ans, 10 % actuellement... Une tendance de fond qui devrait s'accélérer et "qu'une firme comme la notre ne pouvait ignorer, puisque nous aimons refléter la société dans laquelle nous vivons", confirme Gérard Steadelin. "Nous sommes pertinent auprès de la gent féminine", assure-t-il. D'où des produits pensés pour convenir à la morphologie féminine, "plus bas, plus fins, aux spécificités techniques adaptées tout en restant celles d'une Harley Davidson". Evoluer sans se renier. Mais l'opération séduction s'est également répercutée sur le terrain avec des soirées et des événements spécifiquement dimensionnés pour plaire à ces dames, notamment dans les concessions de la marque via les Ladies of Harley.

Harley Davidson compte développer encore son activité en France, recherchant notamment à augmenter son nombre de concessionnaires au nombre de 53 actuellement. La filiale française affiche un chiffre d'affaires de 120 M€, occupant 12 % de parts de marché.

En direct - Transition Forum 2022

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 7
à écrit le 10/05/2016 à 12:40
Signaler
Il faudra que cette société se dépêche terriblement car elle fait partie de ces nombreux groupes américains à un cheveu de la faillite qui ne tiennent leur existence qu'à l'arrivée de nouveaux fonds. L'espoir pour ces investisseurs à bas prix étant q...

à écrit le 10/05/2016 à 5:17
Signaler
J'ai ete le malheureux proprietaire d'une Sporter 1000 dans les annees 70. Que des problemes. Impossible de programmer des trajets tres longs pour causes d'eventuelles pannes. A l'epoque j'ai revendu cette ferraille amerloque et fondu pour Honda. Une...

à écrit le 09/05/2016 à 15:45
Signaler
Enfin, des motos pour nous les dames ! Bien que je sois fidèle à Ducati et surtout Cagiva mito préférée depuis des années, des motos à ma taille me feraient plus que plaisir ! Même avec des suspensions abaissées (mais pas trop tape-cul quand même ), ...

le 09/05/2016 à 19:47
Signaler
Trop de problèmes avec Ducati, c' est la mauvaise pioche car la fiabilité semble s' est arrêtée au 2 temps. Les motards (es) Ducat la jouent petits bras, environ 5000 annuels, ça ne s' appelle pas faire de la moto, autant rester à vélo !

le 09/05/2016 à 20:21
Signaler
Juste une question en passant... : quand j'étais juste à BM, mon frère avait la célèbre 1200 Harley avec les parechocs chromés AUTOUR des enjoliveurs largement énormes de la bécane... Certes, ça frime un minimum. Mais c'est aussi pour les MOTEURS que...

le 09/05/2016 à 22:25
Signaler
Entre nous, je ne connais pas le maquillage, je suis allergique à trop de produits de l'industrie actuelle. Et sous un casque, c'est pas top. Et, la Cagiva, faut en faire un tour pour l'adopter... Son moteur c'est du Mozart ! J'adore !! Ce n'est "pou...

le 10/05/2016 à 8:32
Signaler
Chacun ses préférences. Le choix des marques existe et permet de faire son choix, qu'il soit mécanique ou non. Certains préféreront les Harley, d'autres les Honda, bref, libre à chacun. Moi qui roule sur 2 roues depuis plus de trente ans, dont plus d...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.