Pourquoi Saint Thomas Production est vouée à la réussite

De l’audiovisuel, oui. Mais du visionnaire… C’est l’un des piliers sur lesquels repose la croissance de Saint Thomas Production, spécialisée dans le documentaire : une percée constante dans le monde de l’innovation. Mais c’est loin d’être le seul, puisque l’entreprise basée à Marseille soigne aussi son positionnement et sait diversifier ses activités.
(Crédits : DR)

Un chiffre d'affaires de 1,55 M€ en expansion chaque année et un "statut" de bénéficiaire acquis depuis plus d'un exercice : Saint Thomas Production, sise à Marseille dans le village d'entreprises de Saint-Henri, a semble-t-il trouvé la recette d'une croissance exponentielle. Et ce dans un segment de marché, le film documentaire, où brillent "près d'un millier d'entreprises à l'échelle internationale. Les facteurs différenciant jouent donc un rôle majeur", avance le fondateur, Bertrand Loyer, qui a su trouver les siens. "Parmi ce millier-là, celles qui bénéficient d'un système d'images de synthèse intégré sont bien moins nombreuses. Il n'y en a pas 100".

Rachat

C'est donc le cas de Saint Thomas Production, qui a racheté des parts, en 2014, de 3D From Mars. Une autre société marseillaise, spécialisée notamment dans les effets spéciaux relatifs aux films et séries TV, l'animation graphique et les trucages de documentaires.

"Aujourd'hui, il est difficile de faire des films sans images de synthèse. C'est là que réside l'avenir... Nous sommes majoritaires dans 3D From Mars, qui était notre sous-traitant. Nous avons intégré leurs équipes dans nos locaux. Elles travaillent à 95% pour Saint Thomas, et effectuent à 5% des prestations extérieures".

Mais outre cet atout indéniable, l'entreprise marseillaise, fondée en 1995, a adopté une ligne de conduite particulière qui est celle "d'anticiper les besoins de la TV de demain". Un exercice parfois périlleux, dans la mesure où Saint Thomas se positionne très en amont, et uniquement via ses fonds propres, sur des technologies à forte valeur ajoutée. Technologies donc hors de prix, et souvent peu connues encore du grand public. De fait, après avoir été précurseur de la production 3D en France, l'entreprise l'est à nouveau aujourd'hui sur la ultra haute définition (4K), qui commence à se démocratiser depuis 1 à 2 ans. Ainsi, après avoir capté, dans un premier temps, des marchés à l'étranger, notamment en Asie et en Amérique du Nord, Saint Thomas connaît "cette année une véritable explosion de la demande".

Dépasser les limites

L'innovation fait donc partie de l'ADN de la maison de production, qui n'hésite pas à dépasser les limites, en fonction des besoins d'un film. "Nous pouvons faire certaines choses aujourd'hui que l'on ne pouvait envisager il y a seulement 3 à 4 ans de cela. Développer des systèmes de prise de vue en interne, fabriquer des travellings dans les arbres, amener les caméras dans les airs..." Idem en termes d'images de synthèse, comme le démontre par exemple une série sur les dinosaures, actuellement en production, prévue pour Arte et diffusée au prochain Noël. Et dont Bertrand Loyer dévoile quelques images : des fonds scéniques ou "backplates" tournés partout sur la planète, et des animaux recréés, surprenants de réalisme.

"Nous faisons en sorte de donner le meilleur rendu de leur pelage, de leurs plumes, nous étudions leur motricité... Pour cela, nous travaillons étroitement avec le milieu scientifique. Et en tenant compte des dernières découvertes : en Chine, nous avons trouvé récemment des empreintes de dinosaures contenant des plumes et des protoplumes... C'est donc un travail qui se pense à différents niveaux, en amont et pendant le tournage".

Mais le succès de Saint Thomas réside également dans son positionnement, lors de sa création en 1995, sur un créneau alors absent en France : le film animalier.

"Un genre indéboulonnable, notamment à l'international. La plupart des pays industrialisés en sont consommateurs, à l'instar de l'Angleterre, des Etats-Unis, de l'Allemagne et du Japon".

Une partie significative de l'activité de Saint Thomas est donc réalisée hors des frontières, notamment via des réseaux mondiaux tels National Geographic. "Il fait partie de nos clients depuis de nombreuses années". Saint Thomas collabore plus largement avec l'ensemble des diffuseurs hertziens français, ainsi qu'avec nombre de diffuseurs publics internationaux (PBS, Discovery, SVT...). Et en termes de contenus ? "Nous restons force de proposition, avec un carnet de commandes bien rempli, offrant une visibilité de 3 à 4 ans".

Longs-métrages et banque d'images

Enfin, dernière clé du voûte de la croissance de Saint Thomas Production, la diversification de ses activités. Au niveau des contenus proposés tout d'abord, puisque depuis quelques années, elle ne se cantonne plus seulement au film animalier. Et propose plus largement des films scientifiques et à portée environnementale.

Par ailleurs, loin de se focaliser sur la production, elle intègre aussi en son sein les activités de distribution relative à ses documentaires sans passer par un prestataire extérieur. "Elle se fait en prévente ou via notre catalogue". Saint Thomas se positionne également sur le long-métrage documentaire et a donné le jour pour ce faire à une nouvelle société, nommée Ouragan Production.

"Nous l'avons créée pour scinder les risques, car le budget d'un film est colossal. Elle gère tous les budgets cinéma de Saint Thomas".

C'est sous son égide qu'a donc été produit "Ouragan, l'odyssée d'un vent", dans les salles obscures le 8 juin prochain et d'ores et déjà sélectionné dans plusieurs festivals.

Enfin, la maison de production propose également une banque d'images d'archives. Elle possède notamment "la plus vaste collection au monde d'images de volcans". Un département à l'activité soutenue, tirant le chiffre d'affaires de l'entreprise vers le haut. Et pour cause : il ne peut que connaître une augmentation de son volume, alimenté continuellement au fil des productions... D'autant que la 4K, apportant une valeur ajoutée supplémentaire aux images, se monnaye forcément mieux que la HD. Des investissements payants, donc, pour la maison de production marseillaise, qui a pour politique de réinjecter tous ses bénéfices dans de nouvelles technologies.

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