Comment Compositeworks veut orienter son développement

Le spécialiste du refit de megayachts se porte bien, mais manque d'espace. Une vraie problématique pour le chantier naval posé à La Ciotat mais aussi pour l'ensemble de la filière et du territoire.
(Crédits : DR)

43 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015, soit une croissance de 23 %. 100 salariés, soit un effectif en hausse de 20 %. Une place de n°2 mondial revendiquée. Dire que Compositeworks se porte bien est un euphémisme. Et pourtant. Le chantier naval basé à La Ciotat aurait pu faire mieux. Car la problématique majeure de l'entreprise est liée au manque de place. Spécialisée dans le refit c'est-à-dire la réparation de megayachts, soit ceux de plus de 80 mètres, l'entreprise fondée par Ben Mennem il y a 20 ans, est confrontée à une problématique qui pour l'heure freine son développement. Il y a bien cette Grande Forme, cet espace de 360 mètres de long et de 60 mètres de large, publique jusqu'à y il y a quelques mois, que Compositeworks utilisait sans que ses concurrents locaux ou internationaux n'aient jamais choisi de s'y poser. Mais voilà, cette Grande Forme fait aujourd'hui l'objet d'un appel à projet de la part de la Semidep, l'organisme public de gestion des chantiers navals de La Ciotat qui a entamé des travaux en septembre dernier, lesquels se finiront en novembre prochain. Le but étant de donner concession à un opérateur, dans un premier temps pour une courte durée - 35 mois - lequel opérateur est invité à gérer ledit espace et à créer de l'emploi.

Utilisateurs naturels

"Nous sommes les utilisateurs naturels de cet espace", explique Christophe Moulierac, le directeur en charge des finances et du développement de l'entreprise. De là à voir arriver les concurrents du nord de l'Europe ou de l'Espagne, il y a un pas que Compositeworks ne souhaite pas voir franchi. Car la problématique de place est tellement importante que l'entreprise a été obligée de refuser des projets. Et de délocaliser six de ses chantiers à Marseille au cours de l'année. C'est dire l'importance d'être choisie pour gérer la Grande Forme. Pour autant, cela ne suffirait pas encore intégralement à son bonheur car "la demande est trop forte, cela ne suffirait pas".

Sur le projet de Grande Forme, Compositeworks a déjà imaginé construire un bâtiment qui recouvrirait la zone, permettant notamment de pouvoir traiter deux bateaux - pouvant aller jusqu'à 150 mètres de long - côte à côte. "Cela nous permettrait de gagner de la place à flots sur le reste de l'espace et de travailler sur nos chantiers à l'intérieur, ce qui nous permettrait de réduire le temps d'immobilisation du bateau", avance Christophe Moulierac. "Ce serait un atout commercial majeur". Et un investissement total de 20 M€. "Avec le support de nos banques", précise le directeur en charge des finances et du développement.

Le port de Marseille ?

"Marseille dispose de beaucoup de place", insiste Christophe Moulierac.

"Notamment d'espaces à flot. Si le port de Marseille décidait de s'orienter davantage vers la réparation, cela nous ouvrirait d'importantes opportunités".

Et si cette ouverture faciliterait la vie de Compositeworks, cela boosterait tout autant le développement économique du territoire. Car un emploi créé chez Compositeworks égale 4 créations d'emplois indirects. Et sur le projet de Grande Forme, ce sont 70 emplois qui pourraient ainsi voir le jour...

"Nous sommes un métier à la croisée de l'industrie et du service. Il faut équilibrer les deux. Notre avenir est bleu mais nous devons être soutenus afin que notre propre développement ait un effet d'entraînement sur tout le territoire métropolitain".

A suivre en direct dès 9h15 - Aix-Marseille Zéro Carbone

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