Olivier Millet : "L'entreprise qui naît en région doit devenir nationale et internationale"

Accueillir un actionnaire issu du capital investissement au sein de l'entreprise devient – sans mauvais jeu de mots – monnaie plus courante. Loin d'être le grand méchant loup, le private equity offre capacité à grossir et compétitivité renforcée dit le président du directoire d'Eurazeo PME.
Olivier Millet, président du directoire d'Eurazeo PME.
Olivier Millet, président du directoire d'Eurazeo PME. (Crédits : DR)

Vous étiez présent à Cannes au premier salon IPEM dédié au private equity. 718 participants s'y sont pressés, venus de 32 pays. La preuve que le capital investissement est mieux perçu par les entrepreneurs ?

Le capital investissement occupe une place particulière en France. Mais on ne comprend pas encore bien le rôle de ces acteurs. Nous sommes là pour accompagner les entreprises quel que soit leur stade de développement. L'image que nous souhaitons projeter est que le capital investissement peut s'inscrire dans une relation de long terme, de 5 à 10 ans. C'est un accompagnement durable et non un coup financier. Il faut arriver à démystifier cet actionnariat. Nous sommes dans un contexte où l'entreprise française a le vent en poupe. L'Afic, l'association française qui regroupe les structures de capital investissement et dont j'assure la vice-présidence, regroupe 280 fonds de toutes tailles... Cette capillarité permet un accompagnement très large. Si l'on veut aider au redéploiement industriel de la France, il faut que cela passe par des entreprises soutenues par du capital.

Quels sont les critères que vous prenez en compte avant de réaliser un investissement ?

Ce qui nous importe dans chacun des investissements que nous réalisons c'est la qualité de l'entreprise, intrinsèquement liée à la qualité de son dirigeant. Mais il faut aussi une équipe de management capable d'accompagner l'entreprise qui va grandir. L'entreprise qui naît en région doit pouvoir prendre une envergure nationale et internationale. Et face à cette volonté de mondialisation, il faut des actionnaires capables de l'accompagner.

Vous considérez la RSE comme un axe de croissance essentiel. Pourquoi ?

Il y a d'abord eu le greenwashing, puis sous la contrainte de la réglementation, les entreprises ont bougé sur ce sujet. La théorie que nous défendons est que la prise en compte de la RSE nous permettra de devenir les champions des décennies à venir. Les actionnaires que nous sommes ne sont pas déconnectés de ce qui se passe sur le terrain. Les enjeux environnementaux et sociaux ne constituent pas moins que des facteurs de survie et d'adaptation. Aujourd'hui on ne lève pas de fonds sans être capable de publier de l'information extra-financière.

Il est aussi question de passer du stade de PME à ETI.

Nous avons une richesse française, qui est faite de petites et moyennes entreprises. La France compte 38 000 ETI en France contre 20 000 en Angleterre et en Allemagne. Mais celles-ci ont un chiffre d'affaires deux fois inférieur. En France, la vision historique de l'entreprise est très patrimoniale. On préfère une croissance lente plutôt que rapide. Un petit chez soi plutôt qu'un grand partagé avec les autres. Or, ouvrir son capital doit permettre la mise en place d'outils modernes, d'outils de dialogue permettant d'aider la transformation des entreprises. Notre fonction sociétale c'est leur permettre de changer de taille et de dimension.

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