« A Marseille, les datacenters servent moins de 5% du marché local » (Stéphanie Ragu, Medinsoft)

Très bien placée dans le Top 10 des leaders mondiaux de la connectivité, la Cité phocéenne ne draine pas suffisamment, en matière de câblage sous-marin, l’activité des TPM PME. Un état de fait que souligne la présidente de Medinsoft, l’association qui rassemble les entreprises du numérique dans les Bouches-du-Rhône. Stéphanie Ragu qui appuie aussi sur les filières liées à la micro-électronique qui font preuve d’innovation et sur les liens étroits qui sont à tisser véritablement entre acteurs du territoire, tel que cet échange d’expertises mené avec l’Apex, le club des entreprises exportatrices.
(Crédits : DR)

7% de croissance au niveau national en 2022, soit 60 millions d'euros selon Numeum, le syndicat professionnel, voilà pour la contribution des entreprises du numérique. Un niveau hexagonal auquel le Sud apporte évidemment sa forte contribution, de l'équivalent de celle de Paris estime Stéphanie Ragu, avec des pépites très bien positionnées sur l'e-santé, l'e-sport et avec une présence tout aussi forte des datacenters. « Nous avons une plateforme numérique sur le territoire qui est assez enrichissante », fait remarquer Stéphanie Ragu, qui alerte tout de même sur l'emploi, une sorte de Talon d'Achille - on sait le recrutement particulièrement difficile dans ce secteur - « qu'il faudra mesurer d'ici quelques années ».

La micro-électronique revient

Longtemps territoire en avance de phase niveau microélectronique, le territoire voit-il le paysage de ce secteur changer profondément ou finalement pas tant que cela ? « Nous avons été pionniers avec la présence de STMicroelectronics », rappelle Stéphanie Ragu et « puis nous avons basculé vers le fabless, c'est-à-dire des entreprises qui innovent dans un métier du numérique mais qui sous-traitent et fabriquent à l'international, notamment Taïwan ».

Mais pour autant, certaines pépites ont la volonté de continuer à faire vivre le territoire et les compétences qui s'y trouvent. C'est ce qui a mené Genes'Ink, l'entreprise portée par Corinne Versini et spécialisée dans les nanosolutions pour l'électronique imprimée à se rapprocher de StMicrolectronic, le but étant de recréer une filière, locale. « Les acteurs locaux dans le numérique, c'est important ».

Les câbles, c'est bien mais...

Marseille grimpe par ailleurs dans le leadership mondial, grâce aux nombreux câbles sous-marins qui arrivent jusqu'à elle. Mais la présidente de Medinsoft avait déjà alerté sur le fait que ce qui peut apparaître comme une super opportunité pour les TPE PME ne l'est en fait... pas vraiment. « Pour les TPE PME, cela ne peut que s'accélérer », estime Stépjanie Ragu qui voit, dans les grands événements sportifs attendus sur le territoire - Coupe du Monde Rugby et JO 2024 - de réelles opportunités ne serait-ce que parce que les câbles vont servir ces événements. Mais, souligne Stéphanie Ragu, les câbles qui relient l'Europe à l'Afrique sont eux déjà là depuis longtemps et doivent permettre aux petites entreprises d'exporter leur savoir-faire. « Les datacenters servent moins de 5% du marché local et bénéficient aux acteurs internationaux - Netflix, Amazon, Disney... Ces câbles sont très importants - car c'est l'occasion de créer des mastodontes internationaux. Mais en termes d'emploi, les objectifs ne sont pas atteints. Les TPE PME ne savent pas où aller chercher l'information, comment mettre leurs compétences en avant. Nous espérons que les collectivités vont nous aider à cela ».

Rayonnement international : encore des efforts côté TPE

Autre levier pour les entreprises de moyenne et petite taille, l'export. Vrai sujet de stratégie, et qui se prépare. Tout comme la numérisation d'une entreprise ne se fait pas au doigt mouillé. Avec l'APEX, le club export présent dans les Bouches-du-Rhône, une académie de la croissance a été créée afin que chacun apporte son expertise à l'autre. Une sorte de vase communicant du savoir. « Aix-Marseille est une terre de commerçants. Après la crise, on a basculé sur de nouveaux modes de consommation, d'achat et de communication. Chacun dans cette Académie bénéficie des compétences de l'autre. Nous avons des produits locaux, des savoir-faire qui méritent d'être connus à l'international ».

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Un acteur économique chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Marseille s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

La chronique est animée par Sophie Hebrard pour BFM Marseille et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

BFM Marseille Provence : canal 30 de TNT Régionale, les box canal 284/516 (SFR), 375 (Orange), 362 (Bouygues), 916 (Free), sur bfmmarseille.com, en replay sur la plateforme gratuite VOD "RMC BFM PLAY" et l'application dédiée à télécharger.

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Commentaire 1
à écrit le 07/01/2023 à 10:09
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"le Sud" Cette sémantique imposée par un politicien aux multiples affaires est franchement inquiétante, le sud ouest descend plus au sud que le sud est, est-ce que cela ne gène personne d'utiliser une appellation fausse ? On se croirait à la création...

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