Marseille-Fos : Nicolas Mérindol, futur président du Conseil de surveillance ?

Alors que le calendrier prévoit un conseil d’administration mi-octobre, le Grand Port Maritime est toujours dépourvu de président de conseil de surveillance, et ce depuis la démission d’Elisabeth Ayrault en juin dernier, laquelle assurait l’interim suite à la disparition de Jean-Marc Forneri en 2020. Ancien directeur général du Groupe Caisses d’Epargne, passé par la CDC et Renault, le fondateur de la banque-conseil Carmin estime posséder le profil adéquat pour devenir le président non-exécutif d’un GPMM dont les manettes opérationnelles sont dirigées par Hervé Martel. Un GPMM à la feuille de route très structurée et non dénuée d’ambitions.
(Crédits : DR)

C'est l'une des interrogations qui tient en haleine la place portuaire - et pas que - de Marseille. Qui sera désigné pour assurer la présidence du conseil de surveillance du premier port français et du deuxième port de Méditerranée ? La question taraude un peu plus chaque jour les différents acteurs, surtout depuis la démission en juin dernier de celle qui en assurait l'intérim depuis la disparition de Jean-Marc Forneri en décembre 2020, Elisabeth Ayrault, démissionnaire également de la présidence de la Compagnie nationale du Rhône. D'autant qu'un conseil d'administration est programmé pour mi-octobre et qu'il ne semblerait pas totalement inopportun pour que cet effet de calendrier soit le moment adéquat pour mettre fin au suspens.

Richard et Giocanti, toujours dans la course ?

Car bien sûr, les rumeurs n'ont pas manqué d'émailler les conversations. Le nom de Stéphane Richard a longtemps circulé, d'autant que l'ancien PDG d'Orange a fait de la Cité phocéenne l'un de ses lieux de résidence. Pressenti aussi, Xavier Giocanti, avocat, Marseillais de naissance, très impliqué dans les quartiers Nord notamment via le projet Mif68, village de grossistes de la filière textile, compagnon de la présidente de la Banque Centrale Européenne, Christine Lagarde. Sa nomination en tant que membre du conseil de surveillance en février dernier avait d'ailleurs servi à alimenter la probabilité d'une désignation à la présidence. Sauf que la limite d'âge - 67 ans - semble empêcher la chose.

Lui n'alimente pas la rumeur, mais confirme belle et bien sa candidature. Nicolas Mérindol, président et co-fondateur de la banque-conseil Carmin ne minaude pas et affiche assez sereinement sa volonté d'apporter, dit-il, son expérience en la matière.

Diplômé de l'Institut de Gestion, Nicolas Mérindol débute à la direction financière du groupe Renault, en France puis en Argentine. Il passe ensuite par la Caisse des Dépôts avant le Groupe Caisses d'Epargne dont il devient, après quelques années, le directeur financier national puis le directeur général, en septembre 2006. Il rejoint ensuite Banca Leonardo et créé, en 2014, le groupe Carmin.

Addition de compétences

Sa candidature est dit-il une façon de rendre à Marseille ce que la Cité phocéenne lui a apporté. Impliqué localement depuis une vingtaine d'années, il est depuis 2021 juge au tribunal de commerce de Marseille - siégeant au sein de la chambre des procédures collectives - et enseignant à Aix-Marseille Université, en Master II.

La vacance laissée à la présidence du conseil de surveillance de Marseille-Fos, il dit l'avoir découverte presque par hasard. Encourageant son intérêt pour un port « en pleine activité, en cœur de ville et en pleine transformation ». C'est sur ce dernier point que Nicolas Mérindol insiste, soulignant combien le sujet de la transformation est un sujet qu'il a traité notamment au sein du groupe Renault lorsqu'il était basé en Argentine, puis au sein du Groupe Caisses d'Epargne puisqu'il a mené le projet de modernisation alors, introduisant la rémunération du compte développement durable notamment comme l'adaptation à la loi de 1999 réformant les Caisses d'Epargne et les menant vers un statut mutualiste.

Le Grand Port Maritime de Marseille-Fos qui a en effet une feuille de route où le sujet du report modal, avec l'implication plus forte vers le fluvial et le développement du ferroviaire, constitue l'un des axes majeurs de la roadmap, tandis que le Port appuie aussi sur son rôle de port entrepreneur et se tourne volontiers vers l'innovation.

« Les ports en général et le port de Marseille-Fos en particulier sont des sujets importants de développement économique. Et nous avons un grand professionnel, Hervé Martel, aux manettes », insiste celui qui rappelle que le président du conseil de surveillance est un président non exécutif.

Nicolas Mérindol qui insiste sur l'addition de compétences, entre un « président exécutif qui soit un sachant » et un « habitué des conseils de surveillance » capable de jouer sur l'effet synergie de deux profils complémentaires. « Je sais ce que doit apporter un président non exécutif à un président exécutif ».

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Disponibilité et carnet d'adresses

La compétence juridique n'est pas davantage neutre. Car le port est l'objet de bien des attentions mais aussi de bien des polémiques et la dernière en date - celle des bateaux de croisières indésirables pour Benoît Payan et la Ville de Marseille - n'est qu'un des exemples des sujets qui divisent. « Le président du conseil de surveillance convoque, gère, s'assure que les différents membres du conseil s'expriment », souligne Nicolas Mérindol qui - s'il est nommé - aura donc à faire avec le premier édile de la Cité phocéenne, membre du conseil de surveillance.

Il n'est bien sûr pas question « de refaire le plan stratégique. Celui-ci a été décidé et partagé. Il est ambitieux mais les ambitions sont hiérarchisées. C'est le rôle du président du conseil de surveillance de vérifier le bon plan de marche et d'aider, si besoin, à lever les obstacles, toujours dans l'intérêt collectif ».

Un président qui « pour accélérer la stratégie doit être disponible » ajoute Nicolas Mérindol, comme pour freiner d'éventuelles candidatures de personnalités par ailleurs très occupées. Un président qui doit aussi « disposer d'un carnet d'adresses qui peut être mobilisé si besoin, localement comme au niveau de l'Etat ».

En officialisant sa candidature, Nicolas Mérindol espère aussi bénéficier de l'effet calendrier. La nomination par l'Etat interviendra-t-elle avant mi-octobre ou pas ? Toujours est-il que le premier port de France ne peut continuer à demeurer sans président du conseil de surveillance. D'autant que les enjeux autour du GPMM sont aussi tournés vers l'Afrique et la Méditerranée, un thème cher à Emmanuel Macron. Tout comme le Plan Marseille en Grand, pas moins un sujet non négligeable pour le chef de l'Etat.

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