« Il n’y a pas de réforme plus urgente que celle de la formation et de l’apprentissage » (Jean-Christophe Ehrhardt, Banque de France)

Alors que la crise, sanitaire puis géopolitique, a joué et joue les trouble-fêtes, l’économie régionale continue de parier sur la croissance, les projets de développement comme les encours de crédit envoyant des signaux rassurants, dit le directeur régional de la Banque de France. Qui exhorte les entreprises au dialogue constructif et préventif. Et qui relaye une conviction forte de l’établissement bancaire : il faut aller plus fort sur la formation et l’apprentissage.
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L'économie française a subi un choc significatif depuis le début de l'année, avec l'impact de la crise ukrainiéne et l'impact des mesures de confinement en Chine, « qu'il ne faut pas négliger », tient à souligner Jean-Christophe Ehrhardt. Car ces impacts sont à l'origine des difficultés d'approvisionnement et « en PACA, 64% des entreprises estiment que cela est de nature à les mener elles-mêmes à avoir des difficultés de livraison ». Autre point de vigilance, l'augmentation des prix, pas toujours répercutée au client final, qui du coup à pour effet de dégrader la trésorerie, notamment celle des TPE, plus fragiles que les PME.

En hausse maitrisée, mais en hausse, les défaillances d'entreprises doivent-elles inquiéter ?

« Depuis quelques mois nous avons démarré l'effet rattrapage. Au niveau national, nous atteignons 31.000 défaillances par an, soit une augmentation de 8%. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, 3.600 défaillances sur un an glissant, ça veut dire +11,6%. Nous nous attendons effectivement à une remontée des défaillances sans pour autant attendre un tsunami car les entreprises vont encore bien », tempère Jean-Christophe Ehrhardt.

Réformer la formation et l'apprentissage

Alors que la période estivale prend ses quartiers et que le tourisme, très secoué, fait face à une importance difficulté de recrutement, faut-il craindre pour ce secteur, pilier de l'économie régionale ? « Le tourisme est une activité très importante, qui représente 12,5% du PIB régional. Quand les entreprises font face à des problématiques de recrutement c'est toujours une difficulté. A la Banque de France, nous avons coutume de dire qu'il n'y a pas de réforme plus urgente que celle de la formation professionnelle et de l'apprentissage », insiste Jean-Christophe Ehrhardt qui estime qu'il ne faut pas négliger la valorisation de ces filières. « Tous les professionnels y travaillent beaucoup et branches par branches, les évolutions salariales peuvent y être un élément significatif d'attractivité ».

Autre pilier de l'économie régionale, l'industrie a-t-elle réellement démarré sa phase de réindustrialisation ? Si le directeur régional de la Banque de France reconnaît qu'il est encore tôt pour parler de réindustrialisation, il n'empêche que « nous avons des signaux plutôt positifs. Les statistiques de l'URSAFF nous indiquent que, par rapport à l'avant-crise, le premier trimestre de cette année voit l'augmentation de CDI de 28 %. C'est encourageant. Dans l'industrie, nous avons une augmentation des encours de crédit à l'équipement, et cela malgré le démarrage des premiers remboursements de PGE. Nous avons plutôt des signes positifs même s'il est encore trop tôt de parler de réindustrialisation d'un point de vue macro-économique ».

La Banque de France, un établissement à qui parler

Et pour appuyer le soutien aux entreprises, la modification de la cote de la Banque de France, en début d'année, doit être perçue comme une bonne nouvelle.

« La cotation est très importante en ce moment car elle permet de qualifier la mesure du risque pour l'établissement de créait et sa capacité à honorer ses engagements. Nous sommes passés de 13 à 22 crans et il nous apparaît que cette granularité plus fine prend mieux en compte les situations des entreprises. Cela peut les rassurer. Depuis 2019 la part des entreprises qui ont la capacité à honorer leurs engagements de façon suffisamment forte pour que la Banque de France refinance les établissements de crédit est resté autour de 60%. Donc 6 entreprises sur 10 ont une situation financière suffisante et plutôt bonne ».

Mais Jean-Christophe Ehrhardt tient à envoyer un message aux entreprises en difficulté : « pour pouvoir affiner notre cotation et cette fameuse granularité, nous devons avoir des éléments qualitatifs - comment l'entreprise a pu se restructurer, trouver de nouveaux débouchés - et pas seulement l'analyse financière intrinsèque de l'entreprise, et cela afin de pouvoir coter le plus justement possible. Nous sommes en relation avec 29.000 entreprises, celles qui ont plus de 750.000 euros de chiffre d'affaires. Nous en rencontrons 4.000. Les établissements de crédit, les fédérations professionnelles et nos tiers de confiance comme les experts-comptables ou les CCI jouent le jeu et on a l'impression que les entreprises, finalement, ont un peu moins peur de la Banque de France », se réjouit Jean-Christophe Ehrhardt.

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Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Marseille s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

La chronique est animée par Sophie Hebrard pour BFM Marseille et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

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