« Les entreprises ont compris qu’elles peuvent faire confiance au milieu de la recherche » (Stéphanie Godier, Recherche et Avenir)

Créée par des docteurs en 2007, Recherche et Avenir est née au moment où ont émergé les pôles de compétitivité et autres SATT (société de transfert de technologie) avec l’idée de faire du push recherche. Comprendre valoriser ce qui se fait dans les laboratoires, des innovations qui souvent demeuraient dans les tiroirs. Des innovations loin d’être inintéressantes pour les entreprises. Sauf qu’il manquait la connexion entre ces deux mondes que tout oppose. Une passerelle que Recherche et Avenir s’est donc employée à faire, comme l’explique sa directrice générale.

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(Crédits : DR)

« Nous souahaitions participer à la valorisation de la recherche, à l'insertion des docteurs - ces bac+8 - dans le monde économique et travailler au rapprochement entre les laboratoires et les entreprises », explique Stéphanie Godier, la directrice générale de Recherche et Avenir. Mais pour passer à l'action il fallait un support : ce sera le dispositif RUE, pour Rapprochement Université Entreprise qui a pour « objectif de comprendre les besoins des entreprises, de leur trouver un expert scientifique qui va répondre à ses besoins ».

Un dispositif qui a permis de mobiliser 5 millions d'euros d'investissement de la part des entreprises tout en jouant un effet de levier en permettant aussi de capter 3 millions d'euros de subventions.

Aider les entreprises à innover

Des entreprises qui, pour la plupart, sont issues du monde de l'industrie. Et les projets concernés sont autant des projets de R&D que des projets qui concernent les transitions écologique et numérique, des transitions qui représentent, souvent, des défis pour les PMI.

« Les entreprises ont besoin de progresser, de se démarquer, de s'inscrire dans les nouveaux paysages des transitions mais elles ont aussi besoin de résoudre des problèmes de production ou explorer de nouvelles pistes d'innovation ». Des entreprises qui ne payent pas l'accompagnement mais bénéficient des coups de pouces des divers acteurs économiques comme la Fondation nationale des UIMM qui a délivré 6 chèques d'innovation de 10.000 euros chacun.

Voilà une façon de contribuer à ancrer les entreprises sur le territoire en encourageant la constitution de circuits courts, ce qui participe, d'une certaine façon, à la réindustrialisation de la France tant encouragée et espérée.

« Les entreprises apprennent qu'elles peuvent faire confiance au milieu de la recherche. Que ce n'est pas si compliqué. Que ça ne coûte pas forcément trop cher et qu'il y a des intermédiaires comme nous qui les accompagnons dans ce labyrinthe que peut être le milieu académique pour développer un projet collaboratif ».

Comprendre les enjeux respectifs

Si tout part du besoin de l'entreprise pour définir quel projet doit être mené, « nous sommes capables d'aller chercher l'expert scientifique qui va nous apporter exactement ce dont l'entreprise a besoin », précise Stéphanie Godier.

RUE qui, après les Alpes-Maritimes, se déploie en région, dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse ou le Var. De quoi amener ces deux mondes - celui de l'entreprise et de l'académique - à mieux se comprendre. Même si des freins subsistent toujours. « Ce sont deux mondes qui ne parlent pas la même langue », reconnait Stéphanie Godier. « Chacun ne comprend pas forcément les enjeux de l'autre ». Cependant, mêler deux mondes qui se méconnaissent c'est aussi faire fondre la frontière qui existe entre eux. Et amener, pourquoi pas, les jeunes issus des laboratoires de recherche à se tourner vers l'entreprenariat. « Sur les 251 partenariats montés au 31 décembre 2021, 73 embauches ont été faites et 300 étudiants se sont impliqués dans les projets », souligne Stéphanie Godier. Deux mondes qui s'ouvrent peu à peu...

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Un décideur économique, invité chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Nice s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

BFM Nice Côte d'Azur est à retrouver sur le canal 31 de TNT régionale et sur les box au canal 285/518 (SFR), 374 (Orange) et 360 (Bouygues).

La chronique est animée par Celine Moncel pour BFM Nice et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

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