« Notre formation brassicole contribue à maintenir l’activité économique dans les Vallées » (Edwards Dilly, La Brasserie du Comté) .

D’un outil de production détruit par la tempête Alex en 2020 à une brasserie entièrement reconstruite et porteuse de projets – notamment de diversification vers les spiritueux – 18 mois plus tard, la PME basée à Saint-Martin Vésubie montre l’exemple d’une résilience qui sert le territoire des Vallées, l’économie, le tourisme et l’emploi. Une « énergie » jamais démentie qui a poussé l’entreprise à innover, dans tous les sens du terme.

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(Crédits : DR)

18 mois après la tempête Alex qui a détruit leur outil de production, la Brasserie du Comté fait plus que renaitre de ses cendres. Elle se surpasse. Au lendemain de la tempête Alex, celle qui est alors une PME florissante et prometteuse est anéantie. A tout point de vue. Mais elle se relève vite les manches et met une forte énergie à trouver des solutions, court-termistes mais indispensables.  « Il y a 18 mois, nous ne savions pas si nous allions reprendre notre activité, de nombreuses personnes de notre équipe ne savaient pas si elles resteraient au village..Mais au bout de six semaines nous avons réussi à brasser, au bout de 3, 4 mois nous avons réussi à avoir un terrain, au bout de six mois, un permis... Et maintenant, à avoir une brasserie quasiment opérationnelle. Normalement c'est un projet qui se fait en trois ou quatre ans », résume Edwards Dilly. « C'est vrai, nous revenons de loin. Mais il y avait une excellente énergie », assure le directeur général de la Brasserie, laquelle n'a pas économisé son énergie pour reconstruire et faire même plus.

Créer une filière de houblon bio

Sujet central, celui du sourcing des matières premières est parfaitement aligné avec la philosophe de l'entreprise. Qui s'approvisionne en malt français autant que possible, car « il est très difficile de brasser en 100% bio », explique Edwards Dilly, surtout que les brasseries artisanales se tournent de plus en plus vers le bio, rendant la demande supérieure à l'offre.

Une contrainte que la Brasserie du Comté tourne en opportunité en plantant sur les 4.000 m2 de l'un de ses brasseurs, à Saint-Martin Vésubie, mis en bio depuis 6 mois, 200 pieds qui permettent « d'engager une première production ». De quoi donner naissance à une filière départementale, d'autant que d'autres brasseries s'y engagent également. « C'est tendance, c'est dans l'air du temps et nous avons besoin de cela », appuie Edwards Dilly.

Besoin identifié, celui d'une formation brassicole sera désormais comblé par la PME qui a fait de ce projet l'un des leviers de sa reconstruction. « L'un des aspects de nos projets est de trouver des activités qui attirent une fréquentation régulière, toute l'année », explique encore le directeur général de la Brasserie du Comté. « Il n'existe que quatre formations diplômantes en France, situées dans le Nord de la France. Le syndicat des Brasseurs de France ainsi que la chambre des métiers et de l'artisanat nous ont donné leur accord. Ce centre se situera au sein de la Brasserie, 200 m2 leur seront dédiés. Nous devons maintenant créer nos modules pour former de futurs brasseurs ».

Opérationnelle d'ici 6 mois, au plus tard un an, cette formation prévoit également des ateliers de brassage pour les particuliers et les entreprises, ce qui profitera aussi aux hôteliers et restaurateurs.

La distillerie aussi

Côté gamme, si on a connu la Brasserie du Comté avec une offre large, de plus de 12 variétés, la situation post-tempête a évidemment obligé l'entreprise à rationnaliser le tout et à proposer des bières « blonde, blanche, ambrée, la spéciale Côte d'Azur France et une bière de saison », résume Edwards Dilly. Mais la Brasserie va élargir grandement sa gamme en l'ouvrant aux spiritueux notamment. « Nous avons prévu de faire de la distillerie, du gin et du whisky », confirme Edwards Dilly.

Autant de projets qui contribuent à maintenir l'activité économique dans les Vallées, préoccupation majeure pour la PME. Qui n'a pas encore dit son dernier mot, côté projets. Et certains concernent le milieu culturel via, notamment, un partenariat de bon aloi avec Panda Events (organisateur d'événements, dont les Plages Electroniques à Cannes NDLR) ou une inspiration à prendre du côté de Ninkazi, ces bars, à Lyon, qui mêlent lieux de brassage et lieux événementiels, où il est possible d'assister à la fois à un concert tout en créant sa bière. Le tout étant de créer du lien avec la scène musicale locale. Créer du lien, qu'il soit économique ou culturel, c'est ce qui résume plutôt bien la jolie philosophie de La Brasserie du Comté.

Un décideur économique, invité chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Nice s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

BFM Nice Côte d'Azur est à retrouver sur le canal 31 de TNT régionale et sur les box au canal 285/518 (SFR), 374 (Orange) et 360 (Bouygues).

La chronique est animée par Celine Moncel pour BFM Nice et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

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