« Inventeur » de la science entreprenriale, Unfair veut gommer les biais des investisseurs

Mi startup, mi cabinet de conseil, la jeune entreprise installée à Paris et Cannes s’est appuyée sur des études neurologiques, qui, appliquées au monde de la finance ont permis de tracer quatre profils distincts d’investisseurs. Un outil qui, même s’il peut paraître ludique, vise à faire en sorte que les fonds d’investissements, en ayant connaissance de leurs biais, puissent rectifier le tir et être encore plus pertinents dans leurs décisions. Une façon qui sert, indirectement, le monde de l’innovation.

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(Crédits : DR)

Comprendre le choix des investisseurs, c'est parfois l'interrogation qui titille toute startup. Le sujet des biais qui interviennent en finance de marché, on connait. Mais ça ne concerne pas que ce segment spécifique, ça concerne tout autant les pépites innovantes. Et c'est précisément ce que - preuves scientifiques à l'appui - démontre Unfair.

La jeune entreprise, installée à Paris et à Cannes, a mené des travaux de recherche en neurosciences, pendant cinq ans, tout en nouant des partenariats avec huit fonds d'investissement. Plus de 800 valorisations de startups financées par ces structures ont ainsi été étudiées et décryptées. Le tout étant de pouvoir rendre concrets, des façons d'investir qui doivent beaucoup à la réflexion des investisseurs mais en vrai... à leurs propres biais.

Un OBA et 4 profils

Concrètement, l'analyse s'est portée sur les 16 zones du cerveau, ces zones qui sont plus ou moins utilisées selon les personnes, traduisant forces et faiblesses. Une analyse qui s'est faite par une OBA pour Online Brain Analysis, soit 48 questions posées qui agissent comme des stimuli. Le tout étant mesuré par des électroencéphalogrammes.

Et ce qu'il est ressorti de cette longue période d'analyses approfondies ce sont quatre profils d'investisseurs distincts : audacieux, constant, créatif et échelonné.

Où on apprend que créatif met du temps à se faire un avis et réagit favorablement à un problème présenté avec une nouvelle perspective, ce qui lui fait apporter un intérêt aux approches novatrices, avec une couche d'UX non négligeable.

L'échelonné, pour sa part, prend un risque mesuré et change ensuite très difficilement d'avis, portant sa préférence à des problèmes en phase d'apparition et qui vont s'intensifier.

Le constant, lui, partage la même incapacité a changé d'avis facilement, et s'intéresse à des problématiques existantes et faites pour durer.

L'audacieux, en revanche, a une forte appétence au risque et apporte tout son intérêt aux problèmes pressants et actuels.

Des analyses qui ont montré, par exemple, que les « Audacieux » jouent un rôle non négligeable dans le succès d'un fonds d'amorçage et que les structures rassemblant au moins 40% de ce profil sont celles qui cumulent les valorisations les plus importantes. Jusqu'à sept fois plus que les valorisations réalisées par leurs concurrents.

De la même façon, l'homogénéité des profils joue un rôle capital dans le succès des valorisations. Ainsi un fonds avec un profil d'investisseurs homogène voit son portefeuille 34 fois plus valorisé que face à un profil d'investisseurs hétérogène. Comme quoi, la complémentarité n'est pas toujours idéale, selon les buts attendus.

Provoquer le succès

Une science entreprenariale qui ne soit pas juste servir à démontrer un fait scientifiquement établi mais qui surtout servir les stratégies, celles des fonds et par extension, celles des startups. C'est à cela qu'aspirent Matthieu Nasri et Ieva Gaigala, co-fondateurs d'Unfair. « Nous utilisons les outils scientifiques dans des contextes entreprenariaux avec comme objectif celui de provoquer le succès », explique Matthieu Nasri, pour bien souligner que le tout est bien de la recherche appliquée.

D'où on retiendra qu'il est important de recruter des investisseurs en fonction de ses objectifs. « Il faut aussi créer des binômes d'investissement, l'essentiel étant d'effectuer un bon ciblage », poursuit Mathhieu Nasri.

Unfair qui arrive donc sur le marché de l'innovation avec une approche très différenciante. Si ces deux co-dirigeants ne cachent pas leur volonté d'accompagner les fonds d'investissement, en filigrane c'est bien davantage le monde de l'innovation qui va en bénéficier. Et si cela aide les valorisations de startups, c'est plus largement l'économie qui en bénéficie.

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