« Nous essayons de bousculer les entreprises comme les politiques publiques » (Alexandre Fassi, Cap au Nord Entreprendre)

Installée sur un vaste territoire constitué de 250.000 habitants et de 4.500 entreprises, l’association travaille à faire le lien entre les uns et les autres. Sur des sujets de ressources humaines, de transition énergétique, de mobilité, le tout dans un environnement de changement de mentalités. Une tâche passionnante mais ardue aussi, comme l’explique son secrétaire général.
(Crédits : DR)

Territoire très vaste, fait de quatre arrondissements où sont présentes plus de 45.000 entreprises qui emploient plus de 85.000 personnes, voilà ce que sont les quartiers nord, « ce que l'on ne perçoit pas forcément ainsi », souligne le secrétaire général de Cap au Nord Entreprendre, Alexandre Fassi. L'association s'y est créée pour faire le lien. Sous plusieurs formes. « Notre travail est d'arpenter ce territoire, d'arpenter toutes les entreprises et les organisations afin de connaître leurs besoins, comment faire se connecter les besoins des entreprises avec ceux du territoire ». Car dit Alexandre Fassi, « au plus une entreprise s'intéresse à son territoire, au plus son territoire va lui rendre ».

Créer la confiance... et la rencontre

Un vaste territoire où sont implantés des fleurons tels Haribo, Veolia, Provepharm, Enogia... Qu'il convient de mieux faire connaître - quand ce n'est pas faire connaître tout court - aux habitants. « Nous essayons de créer un climat de confiance, des interconnexions et cela se passe concrètement par des visites d'écoles, des lycéens qui vont filer les rencontres avec les chefs d'entreprise, avec leur caméra. L'objectif c'est de créer la rencontre ».

Bien sûr, il existe une certaine déconnexion, parfois entre les entreprises et le territoire, mais justement « notre volonté est d'être continuellement dans l'action », répète Alexandre Fassi. Qui pointe parfois les demandes des entreprises qui demeurent non pourvues alors que les solutions existent en proximité. « Nous essayons de bousculer les entreprises » et c'est parfois justement pour gommer le gap qui existe entre ce que l'entreprise croit savoir et ce qui se passe réellement sur le territoire concerné.

« Nous partons du principe que certains ont besoin de se connaître avant de travailler ensemble. Quand on on entend parler des quartiers nord et quand on vit les quartiers nord, il existe un gap important. Notre objectif est de montrer toute la dynamique qui peut exister ».

De la difficulté de la mobilité aux solutions qui disruptent

Et pour faire la connexion qui va bien il faut que ça puisse rouler. La mobilité est un des enjeux auquel sont confrontés les quartiers nord, pas forcément, comme le souligne Alexandre Fassi, pour venir depuis le centre-ville, mais aussi pour circuler du nord au nord. Ce qui impacte l'attractivité des talents, forcément. « D'une part il faut se déplacer autrement, d'autre part il faut trouver des solutions ». L'une d'elle s'appelle par exemple Taco 2.0, micro-navette de 8 à 9 personnes, pas trop gênantes dans la circulation mais qui permettent de réduire la congestion automobile. C'est un travail de fond car il faut accepter d'abandonner sa voiture. Le plus de Taco est de permettre la création d'un emploi en insertion. Donc chaque micro-navette qui est activée, c'est un emploi qui est créé ». En phase d'expérimentation, les deux Taco 2.0 en circulation, semblent faire la preuve de leur concept. « On sait que ça marche, même si ce n'est pas simple d'apporter quelque chose de nouveau. Nous sommes parfois un peu en amont mais l'objectif est de travailler la prospective et de montrer que demain si sur le territoire, 5% de 8.000 personnes prennent des transports en commun c'est que c'est possible ».

Outre donc les ressources humaines et l'emploi, celle de la mobilité - et donc l'aménagement du territoire - Cap au Nord Entreprendre travaille aussi sur une troisième thématique structurante, celle du cadre de vie et de l'impact environnemental. « Nous essayons d'être dans une dynamique de prospective dans l'intérêt des entreprises pour essayer de les bousculer, mais bousculer aussi la politique publique ».

Un acteur économique chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Marseille s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

La chronique est animée par Sophie Hebrard pour BFM Marseille et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

BFM Marseille Provence : canal 30 de TNT Régionale, les box canal 284/516 (SFR), 375 (Orange), 362 (Bouygues), 916 (Free) , sur bfmmarseille.com, en replay sur la plateforme gratuite VOD "RMC BFM PLAY" et l'application dédiée à télécharger.

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