« La mission de l’Université est de permettre à la recherche de se transformer en innovation » (Jeanick Brisswalter, Université Côte d’Azur)

Labellisée Idex depuis 2016, disposant de l’un des quatre Instituts français dédiés à l’intelligence artificielle, l’Université Côte d’Azur est passée par une phase de transformation qui s’appuie sur le triptyque recherche -innovation -formation. L’important étant d’encourager l’entreprenariat, de collaborer avec les entreprises comme les collectivités, une façon de répondre aux besoins particuliers de chacun et de créer de la valeur ajoutée qui infuse sur le territoire, comme l’explique son président.

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(Crédits : DR)

L'université a changé et l'Université Côte d'Azur en est l'un des exemples. Reconnue université d'excellence en 2016 avec l'Idex et son projet UCA Jedi, elle a surtout fait reconnaître son expertise dans un domaine majeur, celui de l'intelligence artificielle, en obtenant en 2019, l'un des Instituts interdisciplinaires en Intelligence artificielle, autrement appelé 3IA. Ce qui la place aux côtés de Grenoble, Toulouse et Paris.

Un Institut 3IA qui s'attache à quatre secteurs d'application que sont la santé, le territoire intelligent, la biologie et IA fondamentale. Une vingtaine de chaires y sont associés, « avec beaucoup de doctorants et de post-doctorants », indique Jeanick Brisswalter. « L'enjeu étant de produire une dynamique autour de l'intelligence artificielle. Et de transmettre cette dynamique aux entreprises et au territoire ».

D'une université de l'offre à une université qui répond aux besoins

« Être un moteur de la dynamique du territoire et de l'écosystème », c'est ce qui résume la vision de son président pour l'Université Côte d'Azur. Et si possible cela signifie des collaborations en lien avec les spécificités de ce territoire. « Nous avons créé au sein de l'Université, des instituts de l'innovation et des partenariats qui sont chargées de faire de l'innovation. Sur le risque, c'est avec l'IMREDD (Institut méditerranéen du risque et du développement durable NDLR), dans le domaine des arômes et des parfums c'est notre centre qui est situé à Grasse parce que nous sommes toujours près des acteurs du domaine ».

L'université, dans son ensemble, a revu son modèle. « Il y a une grande révolution des universités et des universités françaises qui ont pris un tournant, passant de l'université de l'offre - avec une offre extrêmement tubulaire - à une université qui répond aux besoins de son territoire. Cela signifie être capable de créer des formations innovantes, adossées sur notre recherche, qui se transforme en innovation. C'est cela le nouveau modèle des universités françaises et plus particulièrement celui de l'Université Côte d'Azur. Nous n'avons plus de faculté, plus d'UFR, nous nous sommes totalement réorganisés sous forme d'école universitaire de recherche, sorte de Graduate School, où on articule, recherche, formation, innovation ».

Une université qui doit tout de même encore mieux communiquer, à l'instar de ce que révèle l'étude de perception menée par Opinion Way pour France Université auprès de 500 dirigeants, qui pointe que si 86% d'entre eux ont plutôt une bonne opinion de la recherche et de la formation proposées en revanche, 47% d'entre eux estiment être mal informés.

La faute estime Jeanick Brisswalter à « une vision de l'université segmentée - à l'université la formation, dans les organismes, la recherche et l'innovation dans les entreprises. Or aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas, la recherche se fait dans nos universités, puisque nous avons des laboratoires communs avec les organismes. C'est très long à faire connaître ».

« L'Université, c'est un investissement »

S'il est moins facile de faire changer les mentalités, il n'en reste pas moins qu'avec les entreprises, la communication passe plutôt très bien. « Désormais, lorsqu'une entreprise a une question, elle se tourne vers l'Université. Ce qui était impensable il y a quelques années. En revanche, nous avons un problème de communication avec la communauté azuréenne qui ne sait pas la ressource qui existe sur le territoire et l'Université est une ressource, c'est un investissement », insiste le président, rappelant que l'Université Côte d'Azur contribue, d'après l'étude du cabinet Biggar, à hauteur de 1,9 milliard d'euros en valeur ajoutée.

Ce qui est un effet du travail mené, entre autres, avec les grandes collectivités que sont la Métropole Nice Côte d'Azur, la communauté d'agglomération de Sophia-Antipolis ou encore Cannes. Des collaborations qui visent à proposer tout ce qui va bien avec les problématiques - forcément différentes - de chacune. « Nous y mettons des forces de recherche et nous pouvons adapter nos formations. Cela se fait en co-construction ». Une façon de prouver que l'Université est aussi capable d'agilité. « Nous sommes l'un des 9 universités d'excellence en France, toutes sont plus grosses que nous. Notre force est d'être plus petits et donc plus agiles que les autres », redit Jeanick Brisswalter.

Une Université tournée vers l'innovation c'est aussi une université qui encourage à l'entreprenariat. Un autre axe que revendique l'Université Côte d'Azur, et même si « le statut d'étudiant entrepreneur n'est pas forcément assez connu, nous poussons une dynamique assez forte sur l'entreprenariat étudiant et chercheur. Nous avons créé un centre pour cela, sorte de hub d'entrée où nous accompagnons de la sensibilisation, de la formation, de l'accompagnement à la création. En 2021, cela a permis la création de 12 startups. Actuellement, nous comptabilisons 77 étudiants entrepreneurs dont 30% de femmes. La mission de l'Université est de faire en sorte que la connaissance qui est issue de la recherche se traduise en innovation et ne reste pas dans le laboratoire ».

Un décideur économique, invité chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Nice s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

BFM Nice Côte d'Azur est à retrouver sur le canal 31 de TNT régionale et sur les box au canal 285/518 (SFR), 374 (Orange) et 360 (Bouygues).

La chronique est animée par Celine Moncel pour BFM Nice et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

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