Cette commande de l’armée française à Airbus Helicopters qui conforte la filière aéronautique française

En annonçant l’acquisition de 169 Guépard, Florence Parly conforte à la fois le site de l’entreprise française à Marignane mais aussi toute la myriade de PME tricolores embarquées dans ce programme d’hélicoptère interarmées léger (HIL) qui vise à remplacer cinq types d’appareils et qui serviront l’armée de Terre, la Marine nationale et l’Armée de l’Air et de l’Espace. 2.000 emplois sont concernés pour un montant global de dix milliards d’euros.

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(Crédits : DR)

C'est un peu le cadeau de Noël de Florence Parly et du ministère des armées à Airbus Helicopters et toute la filière aéronautique française. Prévue par la loi de programmation militaire 2019-2025, la commande de 169 Guépard s'inscrit dans le programme d'hélicoptère interarmées léger (HIL) dont le but est de remplacer cinq modèles en service actuellement - ceux de type Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec - contribuant à des missions diverses, notamment de combat, de renseignement, de transport léger opérationnel, de soutien, de formation et de service public, par un seul et même modèle, dérivé du H160.

Ce Guépard est en effet une version militaire du H160 d'Airbus Helicopters et il devient ainsi la plateforme commune des armées françaises. Considéré comme modulaire et polyvalent, il pourra assurer les missions aux côtés des hélicoptères spécialisés que sont le Tigre, le Caracal ou le Caïman Marine. La DGA assure la maîtrise d'ouvrage, tandis qu'Airbus Helicopters assure la maîtrise d'œuvre industrielle, Safran ayant en charge la motorisation et le système électro-optique, Thales prenant en charge l'avionique, le système d'auto-protection, le radar aéroporté et les radios.

C'est il y a deux ans, presque jour pour jour, en décembre 2019, que la DGA notifiait à Airbus Helicopters et à Safran Helicopter Engine, le pré-développement de la militarisation du H160. Deux années nécessaires pour déterminer le niveau de militarisation nécessaire. Deux années qui ont permis de valider le concept de train unique pour les trois armées, ce qui nécessitait la capacité à se poser sur des terrains sommaires et sur des bâtiments de la Marine nationale, mais aussi de définir l'architecture avionique. Il a également fallu tester les futures contraintes environnementales, ce qui a amené par exemple à une campagne d'une semaine dans les sables du Maroc afin de d'évaluer l'efficacité des protections contre le sable et la poussière et de définir les procédures de maintenance adaptées aux contraintes rencontrées en opération extérieure.

Un Guépard innovant

Le Guépard sera donc livré avec une bonne dose d'innovation, notamment celle de pouvoir réaliser des missions transverses aux trois armées concernées - à savoir l'évacuation sanitaire, le transport de personne et le fret - mais en étant capable également de répondre à des missions propres à chaque armée, dont la reconnaissance armée ou l'appui-feu par exemple pour l'armée de Terre, le combat aéro-maritime, la protection et le soutien de la force navale pour la Marine nationale, la surveillance et la défense de l'espace aérien national, la recherche et le sauvetage pour l'armée de l'Air et de l'Espace.

La commande prévoit 80 appareils pour l'armée de Terre, 49 appareils pour la Marine nationale et 40 appareils pour l'armée de l'Air et de l'Espace.

Le calendrier, lui, prévoit 4 tranches avec une première livraison qui concerne 30 Guépard en commande ferme. La production démarrera en 2024. Le premier appareil est prévu pour être livré en 2027 et c'est l'armée de Terre qui en sera la première bénéficiaire. 2029 verra la première livraison pour la Marine nationale et 2030, celle pour l'armée de l'Air et de l'Espace. La production s'étale sur une période de dix ans.

2.000 emplois consolidés, PME comprises

Cette bonne nouvelle ne concerne pas uniquement Airbus Helicopters même si elle consolide l'activité industrielle site de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône pour 15 ans. Elle concerne également et conforte surtout l'ensemble de la filière aéronautique française, surtout les PME embarquées dans l'aventure, dont la majorité, à 80%, fournisseurs de pièces, sont basées dans l'Hexagone, principalement dans le Sud. Ce qui représente 2.000 emplois en France mais aussi par les dérivés du Guépard, à l'export.

A noter que le marché prévoit également la commande de dix hélicoptères H160 pour la Gendarmerie nationale.

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Commentaires 9
à écrit le 23/12/2021 à 19:38
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Quelqu'un peut il expliquer le montant du contrat ? Un H160 coûte 10 à 15 millions d'euros, mettons 20 pour la version premium. Dix milliards donne l'hélicoptère à 60 millions d'€, soit trois fois plus.

le 25/12/2021 à 8:25
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J’ai du mal à comprendre également. Il peut y avoir l’armement et la maintenance en plus du prix d’achat, voir de l’inflation. Mais le programme Rafale a coûté 40 milliards d’Euros… une commande de H160, version premium du Dauphin coûterait 1/4 de la...

à écrit le 23/12/2021 à 16:26
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La rationalisation, ça existe aussi ds la gestion du matériel militaire. En ts cas, les coûts de maintenance ou d'immobilisation par manque de pièces détachées, c'est très parlant qd vous devez assurer le maintien en ordre de marche opérationnelle de...

à écrit le 23/12/2021 à 12:26
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C'est fondamental ces hélicos ! Ca sert à évacuer les huiles déjà loin du front mais avec les missiles russes il y a des frappes dans la profondeur.

à écrit le 23/12/2021 à 10:54
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Et qui va payer pour gaver tous ces inutiles : l agriculteur, l artisan ou le commercant qui crevent deja !!! En plus ils faudraient pas qu ils aient a les utliser car ils auraient peur face aux russes !!

à écrit le 23/12/2021 à 10:33
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10 milliards pour 2 000 emplois ? je comprend pas :)

le 23/12/2021 à 11:10
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pendant 10 ans

à écrit le 23/12/2021 à 8:16
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Good morning vietnam ! On va faire quoi avec tout ça !

le 23/12/2021 à 10:58
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"On va faire quoi avec tout ça !" Simplement remplacer une bonne partie de nos vieux hélicos à bout de souffle (Alouette III, Fennec, Dauphin, Panther et Gazelle) dont certains ont 40 ans d'âge... ni plus, ni moins, et il n'y a (malheureusement) pas...

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