« Les entreprises françaises du sport ne peuvent laisser la data être récupérée par des acteurs anglo-saxons » (Cédric Messina, MyCoach)

Alors que les JO2024 figurent au calendrier sportif, tout comme la Coupe du monde de rugby, le PDG de MyCoach, basée à Nice et membre du conseil d’administration du GIE France Sport Expertise enjoint les acteurs français de la filière sportive à ne pas laisser passer les opportunités que représentent ces grands événements et plus généralement, à s’unir pour que celles qui génèrent ensemble près de 80 milliards d’euros de chiffre d’affaires, continuent de jouer collectif, avec l’esprit d’équipe. Question de visibilité et de souveraineté nationale.

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(Crédits : DR)

Avec 77,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, les entreprises du sport sont une part méconnue mais extrêmement contributrice de l'économie française. C'est précisément pour structurer la filière, pour lui donner plus de visibilité et donc plus de force, qu'un GIE - groupement inter-entreprises - a été créé au niveau national, rassemblant en son sein startups, PME, ETI et grands groupes, spécialistes des infrastructures, des équipements, des services, de la digitalisation des pratiques... Un monde diversifié certes mais qui fait face à de nombreux enjeux dont celui d'une certaine souveraineté numérique.

Un sujet que défend âprement Cédric Messina. Le co-fondateur et dirigeant de MyCoach, installé à l'Allianz Riviera à Nice, fait de la capacité des entreprises tricolores à s'imposer face à des acteurs étrangers - essentiellement américains - une cause essentielle, parce qu'il s'agit de savoir accéder aux opportunités qu'apportent par exemple les grands événements sportifs - les JO 2024 ou la Coupe du monde de rugby à venir l'illustrent parfaitement. A ne pas oser, les entreprises du sport risquent de voir les marchés être accordés à des acteurs étrangers, alors que la filière est forte, sans trous dans la raquette.

Les JO, levier économique

Avec 15 millions de Français licenciés et 30 millions de Français qui font de la pratique sportive, les opportunités de business pour les entreprises sont vastes. « Le GIE est né de cette perspective de se dire comment les JO peuvent générer un effet de levier pour toute une économie. Il y a une manne financière importante qui va être dédiée à cette économie du sport et l'un des buts du GIE est de favoriser la réussite à la française ».

Une manne financière, synonyme de croissance, qui ne doit pas être ignorée ou minimisée.

« Ce GIE a été créé car nous avons des statistiques, moins bonnes que les autres pays. Au Royaume-Uni, 96% des marchés ont été octroyés à des entreprises anglaises en 2012 (à l'occasion des JO d'été à Londres NDLR) ce qui n'a pas été notre cas en 2016 pour l'Euro ou pour la Ryder Cup. Nous avons donc besoin de nous rassembler pour exister ensemble au niveau international et bénéficier de cet élan et de cette création de valeur ».

Si le GIE existe et fédère, comment, pour autant, donner envie aux très petites entreprises de se positionner sur ces appels d'offres et de s'engager dans toutes les opportunités qu'elles ignorent souvent ? « Il existe un monde à deux vitesses. Le développement international est porté souvent par un écosystème et pour notre filière ce n'est pas encore le cas », fait remarquer Cédric Messina.

De la souveraineté comme combat

La question de la souveraineté numérique, de ce qu'il devient des données générées par la pratique du sport, est central et le PDG de MyCoach d'annoncer le lancement du premier tracker français, labellisé FIFA. « C'est aussi le seul produit Made in France, avec des data qualifiées. L'objectif est d'éviter que toutes les data, à moyen terme, soient récupérées et gérées par des outils anglo-saxons qui vont ainsi créer de la valeur.  C'est comment on ne crée pas l'Amazon du sport à horizon 2030mais comment on crée l'économie du sport de demainPlus on aura d'acteurs innovants, qui développement des projets, plus on créera de l'emploi ».

Et de dire que si on mesure la réussite des JO au nombre de médailles, on doit aussi pouvoir le mesurer à la création de valeur générée. « On va voir si on est capables de faire germer une filière digne de ce nom, à la hauteur des autres. Si on y arrive, la question est que se passera-t-il après les JO ».

Une filière sportech qui se structure au niveau hexagonal mais qui est forte aussi dans les Alpes-Maritimes, où sont implantés des acteurs comme Panini France rappelle Cédric Messina qui enjoint encore une fois à la fédération des énergies. « Sinon nous sortirons de la map sport ».

Un décideur économique, invité chaque semaine

Pour rappel, depuis ce début novembre, La Tribune et BFM Nice s'unissent pour proposer chaque semaine une chronique éco, baptisée Marseille Business, qui décrypte l'économie du territoire, ses enjeux, ses défis, les réussites et les problématiques. Tous les mardis, un invité vient apporter son éclairage sur une thématique précise.

BFM Nice Côte d'Azur est à retrouver sur le canal 31 de TNT régionale et sur les box au canal 285/518 (SFR), 374 (Orange) et 360 (Bouygues).

La chronique est animée par Celine Moncel pour BFM Nice et Laurence Bottero, rédactrice en chef du bureau Provence Alpes Côte d'Azur du quotidien économique La Tribune.

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