Immobilier de luxe : ce que dit le marché de la Côte d’Azur

S’il est l’un des marchés les plus dynamiques et capables de résister à toute sorte de soubresaut économique ou presque, l’immobilier de luxe n’en a pas moins subi les conséquences de la crise. Et pas forcément dans le sens que l’on imagine. Si la clientèle étrangère est toujours (aussi) présente, les Français ont également redécouvert l’Hexagone en termes d’investissement dans la pierre. C’est ce qu’explique Heathcliff Zingraf, CEO du groupe familial Michaël Zingraf.

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(Crédits : iStock)

On a souvent répété que le mot crise en chinois signifie également opportunité. C'est aussi ce qui résume bien le comportement de l'immobilier de luxe depuis l'apparition de la pandémie. Toujours dynamique malgré les différents soubresauts qui ont secoué l'économie française et/ou mondiale, ce segment particulier de l'immobilier confirme sa capacité à être résilient, ou plus précisément ici, difficilement ébranlable.

D'ailleurs, « le marché général se porte bien », confirme Heathcliff Zingraf. Et le CEO de Michaël Zingraf, groupe familial dont le siège est basé à Cannes, de citer comme première raison, directement liée à la crise sanitaire, le désir, né des divers confinements, d'espaces verts, de jardins et de soleil.

Mais, si différentes études ont révélé des envies d'ailleurs et autres exodes, de façon globale, tous profils confondus, le segment de l'immobilier de luxe en a profité largement.

Les Français (re)investissent, l'Europe du Nord, confirme

Car, comme les Français ont redécouvert l'Hexagone sous ses différents aspects touristiques, ils ont également retrouvé le goût des territoires pour leur résidence immobilière. Et c'est clairement ce que note Heathcliff Zingraf. « La clientèle française a retrouvé de l'appétence pour le marché domestique. Si son budget est néanmoins moins élevé que celui d'une clientèle étrangère, la part qu'elle représente est en augmentation », sur une répartition globale clientèle française/clientèle étrangère établie à 55% /45%. A comparer avec la répartition pré-crise, de l'ordre de 35%/75%.

« Les Français sont davantage présents, on ne note pas de désaffection de l'intérêt de la clientèle étrangère », précise bien le CEO de Michaël Zingraf, le groupe, affilié exclusif Christie's, ayant d'ailleurs enregistré lui-même une croissance de l'ordre de 50% de son chiffre d'affaires. Une clientèle étrangère qui confirme donc, l'Europe du Nord étant toujours n°1, indéfectible. Anglais, Suisses, Allemands et Scandinaves prouvant, chacun, leur intérêt pour une Côte d'Azur davantage boudée par les Russes, devenus « une clientèle de vendeurs ». Peu présents également, les Américains, malgré leur amour pour cette partie du globe, n'y sont pas des investisseurs en masse. L'Asie ne fait pas mieux. « Les Chinois ? C'est anecdotique », révèle Heathcliff Zingraf. A noter, ce que le CEO de Michaël Zingraf appelle « la synergie entre bureaux », ou comment les autres agences du groupe (20 actuellement, 50 prévues à moyen terme), présentes en Suisse, à Deauville, à Paris (où une seconde agence ouvre) ou à Gtaad, par exemple, agissent comme des relais de croissance en proposant des biens établis sur la Côte d'Azur. De quoi ajouter du flux, au flux...

Un marché tendu ?

Si la Côte d'Azur a su attirer et le marché s'en trouver renforcé, il n'en reste pas moins que cet engouement à un revers, celui d'assister à une raréfaction de l'offre. Car celle-ci ne se renouvelle pas aussi aisément. « Nous risquons de manquer de biens disponibles avec comme conséquence d'assister à une hausse des prix, sous peu », analyse Heathcliff Zingraf. D'autant que la demande concerne majoritairement des maisons avec jardin et espaces verts plus que des appartements.

Une situation du marché qu'il faut également considérer dans un contexte où on assiste à une tendance, qui voit certaines familles s'installer sur la Côte d'Azur et y scolariser ses enfants, avec des allers-retours professionnels vers la Capitale pour le père de famille.

Des tendances dont il faudra surveiller si elles se confirment... Ce qui donnera une autre dimension au marché de l'immobilier de luxe. Plus agile et résistant que véritablement résiliant.

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