Dans le Sud, les entreprises du patrimoine vivant font du label EPV un levier d’attractivité

Décerné par l’Etat, le label EPV concerne les entreprises développant des savoir-faire rares ou d’exception, posant la question, souvent, de la transmission d’un procédé artisanal ancestral, qui ne doit pas disparaître parce que faisant partie de la richesse nationale. En Provence Alpes Côte d’Azur, les TPE PME concernées se sont réunies pour déployer ensemble une stratégie de promotion et de visibilité pour faire savoir, attirer les jeunes et conforter l’image de marque.

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(Crédits : DR)

C'est le label dont elles sont fières, trois lettres qui en font des entreprises un peu à part, désireuses de perpétuer une technique, un procédé, une recette ancestrale, ancrée dans le patrimoine (comme son nom l'indique) national. Une richesse, qui a peut-être parfois été oubliée sinon laissée dans l'ombre et qui pourtant, alors que les thématiques de localisation, réindustrialisation émergent, s'inscrivent parfaitement dans une certaine souveraineté tricolore.

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L'enjeu crucial de la transmission

« Notre objectif est de faire connaître le label au plus grand nombre », confirme Guillaume Fievet, le dirigeant de la Savonnerie du Midi, lui qui a rallumé les chaudrons de l'entreprise basée à Marseille lorsqu'il en fait l'acquisition et qui sait parfaitement à quel point la conservation de ce savoir-faire est essentiel. Une transmission qui n'est pas si facile car « elle concerne un ensemble de métiers qui ne sont pas fédérés autour de filières de formation ».

Ce qui rend l'enseignement de ces techniques ancestrales et artisanales plus complexes, lequel se fait souvent à l'intérieur de l'entreprise elle-même. Mais pour que la transmission du savoir se fasse, il faut savoir attirer les profils adéquats.

Et sur ce point, toutes les entreprises ne se valent pas. Le label réunit en effet aussi bien des TPE que des PME et voire des ETI. Certaines, parce que leur activité le permet, font du tourisme industriel, ouvrant leurs portes et un peu leurs coulisses du coup, ce qui aide à créer curiosité et intérêt. Et à casser aussi, il faut bien le dire, les images d'Epinal.

« Nous collaborons avec Entreprises et Découvertes (association nationale qui promeut la filière visite d'usine NDLR), avec les offices de tourisme », ajoute Guillaume Fiévet. « Cela contribue à nous faire connaître car certaines entreprises n'ont pas toujours des moyens de communication conséquents ».

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« Dans le label, il y a le mot vivant »

Se faire connaître, engranger de la notoriété pour attirer, déclencher de la curiosité et pourquoi pas l'envie d'acquérir un savoir-faire ancestral, c'est bien le but premier de l'association des entreprises du patrimoine vivant qui, à l'instar de ce qui se fait déjà dans d'autres régions, se fédère pour faire entendre sa voix plus fort. Et partager, ensemble, une vision. « Le label est important pour nos entreprises. Nous couvrons de multiples activités, allant de la gastronomie aux santonniers. De nombreuses entreprises sont spécialisées dans la confection, l'art, la savonnerie, la fabrication de santons », égrène Laure Pierrisnard, directrice générale de la Confiserie du Roy René, le spécialiste des calissons basé à Aix-en-Provence. Qui pointe aussi que de cette pluralité, naît pourtant des objectifs communs. « Ce qui est enrichissant c'est l'échange entre nous et le partage d'une même vision malgré des savoir-faire différents. Cela nous permet aussi - parce que nous avons des tailles d'entreprises et des parcours différents - d'échanger sur les bonnes pratiques. Et aider les entreprises qui disposent de peu de moyens ».

Evidemment, la visibilité et la communication sont deux leviers indispensables pour attirer. Au-delà de la collaboration avec des structures pouvant être des relais solides, il y a bien sûr l'usage - et la force - des réseaux sociaux. « Dans le label, il y a le mot vivant », souligne Laure Pierrisnard pour bien appuyer sur le fait qu'ancestral ne veut pas dire figé. Instagram, LinkdedIn, Facebook sont donc des vitrines qui mettent en valeur « les hommes et les femmes, ces artisans » ainsi mis davantage en lumière auprès du grand public.

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Les réseaux sociaux, la vitrine grande ouverte

La stratégie, au-delà de ces leviers, se déroule, envisage de se faire connaître plus largement. « Nous continuons dans le sens d'un développement économique qui prend en compte des salons d'envergure, comme Maison & Objet, ou le salon de Milan. Nous voulons faire rayonner les entreprises, profiter d'un effet synergie intéressant ». Un site internet pour référencer l'ensemble des entreprises labellisées, informer aussi sur les dispositifs utiles pour grandir comme ceux qui concernent l'export, participe à « cette dynamique collective ».

Pour rappel, Provence Alpes Côte d'Azur dispose d'une centaine d'entreprises labellisés EPV. 27 d'entre elles ont rejoint l'association, qui table sur une soixantaine de membres l'an prochain.

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