Un préfet pour Marseille en Grand : tutelle ou accélération ?

La nomination de Laurent Carrié comme préfet à l'égalité des chances, également en charge du Grand Marseille, cette ambition portée par le président de la République lui-même, est un signal fort alors qu’Emmanuel Macron est attendu de nouveau dans la Cité phocéenne autour du 15 octobre et que les pré-requis lié au déblocage des moyens financiers annoncés – notamment une évolution de la gouvernance de la Métropole – ne semblent pas encore tenus. Entre impression de mise sous tutelle et volonté d’aller plus vite, qu’attendre de l’arrivée de cet ex-membre du cabinet de Jean Castex ?

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(Crédits : Reuters)

L'information pourrait être perçue comme tout autre annonce de nomination, pourtant, celle-ci dit bien autre chose. Le 9 octobre dernier, le Journal officiel annonce la nomination de Laurent Carrié, administrateur territorial hors classe, préfet délégué pour l'égalité des chances mais aussi en charge du plan Marseille en grand. Si le remplacement de Marie Aubert, nommée préfet délégué pour la défense et la sécurité dans la région Grand Est pourrait ressembler à un remplacement tout ce qu'il y a de plus classique, c'est bien la précision de la prise en charge du plan Marseille en grand qui retient l'attention.

D'autant que cette nomination intervient à quelques jours de la nouvelle venue du président de la République à Marseille. Emmanuel Macron qui avait donné une sorte de calendrier assez précis mais aussi assez serré concernant les changements qu'il aimerait voir s'opérer dans la plus grande métropole de l'Hexagone. Notamment, et principalement, celle de la gouvernance et de l'organisation de l'institution.

Un Machin et des « chicayas »

Trop lourde, trop millefeuille, l'organisation actuelle pèse. Elle est devenue une sorte de Machin qui ne colle pas avec les ambitions d'un territoire aussi riche et au potentiel que tous les acteurs économiques louent mais qui peine à s'exprimer.

Si le constat est partagé, restent ce que le président a appelé les « chicayas ». C'est-à-dire les bisbilles entre élus, entre la présidente de la Métropole Martine Vassal et le maire de Marseille, Benoît Payan, notamment, que le récent épisode de la grève des éboueurs et des déchets emportés par les pluies, n'a fait que faire confirmer.

Le changement, il est dans la gestion de la « proximité » et dans les compétences qui vont avec - pour l'heure dans le giron de la Métropole - mais que certains voudraient voir rendus aux maires. Martine Vassal elle-même l'a dit, elle est pour un rapprochement au plus près des habitants et défend l'idée d'une Métropole de projets, donc avec une plus vaste hauteur de vue stratégique.

Ce lundi, Martine Vassal est à Matignon pour rencontrer Jean Castex. Demain, 12 octobre l'attend une conférence des maires de la Métropole, déterminante pour présenter, au moins l'ébauche d'un changement au président de la République dès cette fin de semaine.

Carrié, l'homme de terrain et des territoires

C'est dans ce contexte qu'arrive donc Laurent Carrié. Un homme de terrain que sa carrière a mené au sein de la gestion de regroupement de communes. Il a notamment été directeur général des services de la communauté de communes de Blaye, en Nouvelle-Aquitaine, avant de venir dans le Sud pour occuper le même poste au sein de la communauté d'agglomération Sophia-Antipolis de 2003 à 2006. Sophia-Antipolis qu'il retrouve en 2011, en devenant le directeur général de la communauté d'agglomération. Et depuis 2019 il est conseiller technique en charge des politiques contractuelles territoriales au sein de cabinet du Premier ministre, d'abord pour Edouard Philippe et depuis juillet 2020, pour Jean Castex.

C'est donc armé de son expérience forte dans le domaine de la gestion des territoires et des complications à faire fonctionner plusieurs institutions entre elles que Laurent Carrié arrive dans la Cité phocéenne. La tâche ne sera peut-être pas simple, elle sera même sans doute ardue, mais cette nomination dit aussi que si le président de la République - bien qu'intransigeant sur les aspects de changement - est aussi prêt à laisser le temps à ce que la phase de construction se fasse. Une (nouvelle) chance de construire une métropole véritablement à la hauteur de son titre de n°1, sur le papier.

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