Le coup de gueule de la FPI Provence contre la charte de construction durable de la Ville de Marseille

Avec ces 10 enjeux et engagements, la charte de construction durable établie par la municipalité de Benoît Payan trace le cadre de ce que doit être la construction juste, verte et ambitieuse de la deuxième ville de France, volontaire pour être exemplaire en la matière et alors que l’on sait combien le logement est un sujet pour la Cité phocéenne. Sauf que cette charte ne satisfait pas totalement la Fédération de la promotion immobilière et son président Provence, interrogatif quant aux effets pervers qu’elle pourrait induire et demandeur de réciprocité.

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(Crédits : DR)

Depuis l'arrivée effective aux affaires de la majorité municipale menée par Benoît Payan, en décembre dernier (on ne rappellera pas les détails des élections municipales, sinon c'est ici ) tout semblait aller plutôt bien entre les professionnels de l'acte de bâtir et la Ville de Marseille, en l'occurrence pour ce qui concerne le logement, avec  l'adjointe à l'urbanisme, Mathilde Chaboche. Des ateliers réunissant les acteurs de l'acte de bâtir et la municipalité avaient été actés, preuve d'un côté comme de l'autre de l'envie de jouer en équipe - de co-construire, sans jeu de mots - et pas en adversaire, en unissant les visions et le cadre à donner. Bref, la construction durable était une volonté partagée. Jusque-là, tout va bien.

La pierre d'achoppement

Sauf que le vote de la Charte de la construction durable en conseil municipal le 1er octobre dernier, s'est fait de façon unilatérale. Une charte en dix points - appelés enjeux et engagements - qui conditionne tout programme supérieur à 500 m2 de surface de plancher. Où il est question de respecter le contexte, de faire avec le déjà-là, de fabriquer une densité adaptée, de développer la mixité, favoriser la végétalisation et la biodiversité, mais aussi de concevoir un urbanisme et une architecture bio-climatiques méditerranéens... Rien qui n'aille en contradiction avec la vision de la FPI ni des autres acteurs de la construction, embarqués dans l'aventure des ateliers.

Sauf, le point n°9 qui demande de promouvoir une haute qualité du logement.

Évidemment le bât qui blesse n'est pas sur le principe d'une promotion d'une haute qualité ; Mais bien davantage sur les conditions sensées mener à cette haute qualité. Ainsi la charte explique que « l'accès à des logements de qualité pour l'ensemble des habitants de Marseille est une priorité pour la ville ». Et qu'au-delà de la surface minimum, il faut « penser les logements comme des espaces appropriables par chaque famille » et selon les heures de la journée mais aussi des usages. Et de préconiser des logements traversants ou bi-orientés, des caves et espaces de rangement pour chacun, développer des espaces « généreusement dimensionnés pour favoriser les usages multiples... » Et d'aménager des espaces avec des hauteurs confortables.

Effet inverse

Sauf que sur ce point, la FPI tique. Pas sur le principe même, mais sur les conséquences que cela pourrait entraîner. « Augmenter la taille et la surface des logements aura comme effet de jouer sur le prix de revient et les charges vont augmenter », prévient Jean-Noël Léon, le président de la FPI Provence qui craint également l'effet sur la taxe foncière. « Cela ne va donc pas dans le bon sens ». Et de rappeler aussi la hausse de 9% des prix pour les projets en VEFA depuis le début de l'année et de 19% depuis douze mois.

Et le président de la FPI Provence de craindre - même si la charte n'a pas de caractère juridique - un effet confusion qui pourrait porter préjudice aux promoteurs avec comme conséquences de voir des permis de construire refusés. « Il ne faudrait pas que cette charte soir perçue comme une règle imposée. Le sens d'un logement de qualité, c'est aussi ce que les promoteurs défendent ». Avec un autre risque, celui de ne pas atteindre l'objectif fixé par la Ville de la construction de 5.000 logements par an. « Nous atteindrons 1.500 logements construits cette année. Ils étaient 1.200 l'an dernier ».

Manque de réciprocité

Mais ce qui tique aussi du côté de la FPI c'est le manque de réciprocité. « Quels sont les engagements de la Ville ? », pose Jean-Noël Léon ? Qui aimerait de la souplesse, « que cette charte puisse évoluer ». Et surtout, que les prix n'augmentent pas. Question d'attractivité... « Marseille est une ville ultra-médiatisée, qui attire. On assiste à une sorte de gentrification avec une certaine population, un peu bobo, qui est à la recherche de ce type de ville. Il ne faut pas que Marseille ne soit plus accessible. Nous devons poursuivre le dialogue, pour le bien de tous ».

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