Embellie confirmée, mais attention au manque de main d’œuvre : ce que dit le baromètre des experts-comptables dans le Sud

Etabli par l’Ordre des experts-comptables de Provence Alpes Côte d’Azur, le baromètre trimestriel souligne une activité économique positive pour le deuxième trimestre. De quoi rassurer, mettre du baume au cœur des chefs d’entreprise, les pousser à continuer d’investir. Oui, mais il ne faudrait pas que la pénurie de main d’œuvre remarquée dans plusieurs secteurs soit un frein handicapant la relance, analyse la présidente, Colette Weizman.

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(Crédits : DR)

Les mois se suivent et semblent se ressembler... Avec un chiffre d'affaires qui croît de 13,7% au second trimestre 2021, l'embellie économique de la région Sud confirme que les TPE PME tiennent bon la barre de la reprise.

Un chiffre comme le symbole d'une relance qui semble être plus seulement dans les discours mais également dans les faits. Ou on constate aussi que certains territoires sont véritablement engagés sur une dynamique forte, à l'instar du Var et du Vaucluse, qui affichent respectivement un chiffre d'affaires en hausse de 16,8% et de 15,2% quand, a contrario, les Hautes-Alpes subissent un vent contraire avec un chiffre d'affaires en retrait de 3,1% sur la même période.

« Les chiffres sont têtus », dit Colette Weizman. La présidente de l'Ordre régional des experts-comptables assure depuis plusieurs mois que de crise il n'y aura pas. Une certitude qui doit tout aux mathématiques et à une certaine logique. « Nous sommes loin du tsunami tant annoncé par les experts. On ne peut pas mettre autant d'argent sur la table - entre le PGE et le Fonds de solidarité - et s'attendre à un raz-de-marée de défaillances d'entreprises. Et puis, parler de tsunami c'est aussi un peu ne pas faire confiance aux chefs d'entreprises qui ont su investir ou adapter leur outil, leur business-modèle ». Car Colette Weizman l'affirme, les TPE PME ont été prudentes et plutôt fourmi que cigale avec le Prêt garanti par l'Etat. « Certaines se sont constitué un trésor de guerre ». Bien utile pour servir cette période de relance.

Quand le bâtiment va...

Et comme pour appuyer cette analyse, les chiffres du bâtiment et des travaux publics confirment le dynamisme de l'activité économique. La construction totalise un chiffre d'affaires cumulé en hausse de 21,7% comparativement entre le 1er et le second trimestre 2021, mais si on compare celui-ci avec la période identique en 2019, soit avant la crise, la croissance est toujours positive, de l'ordre de 6,3%. Même motif, même conditions pour l'activité de maçonnerie générale et de gros œuvre bâtiment qui cumule à +22,5% en termes de chiffre d'affaires au deuxième trimestre, enregistrant - comparé à 2019 - une croissance de 5,7%. Et comme le veut l'adage, quand le bâtiment va, le reste va bien aussi...

C'est notamment le cas d'activités qui continuent de bénéficier de l'effet crise. Comme le commerce de détail de meubles, dont l'insolent 48,4% de hausse du chiffre d'affaires accompagne une augmentation de l'activité de l'ordre de 50%. A croire que les divers confinements ont laissé des traces...

Insolente aussi, la hausse de 23,1% enregistrée par le secteur de la coiffure.

Sans surprise, en revanche, l'activité de l'hébergement et de la restauration tente d'endiguer les effets de la crise et la baisse du chiffre d'affaires, qui atteint 18,7%.

La pénurie de main d'œuvre, vrai frein de la relance ?

« Les chiffres démontrent que la relance est là », confirme Colette Weizman. Qui n'est pas tant inquiète par la fin du quoi qu'il en coûte et par le remboursement à venir des PGE. « Bien sûr, qu'il va falloir rembourser. Mais, dans de nombreuses entreprises, le PGE n'a pas été consommé. Certaines d'entre elles en ont profité pour faire de l'investissement ».

Et autre bon signe, celui de la création d'entreprises, qui semble être dans la même dynamique de croissance, preuve de la confiance que les entrepreneurs placent en l'avenir.

Le potentiel frein à la relance se situe davantage du côté de la main d'œuvre et de la pénurie subie par de nombreux secteurs. Dont l'expertise-comptable elle-même, et puis bien sûr, le CHR, la maçonnerie, le BTP... « Ma crainte est dans l'humain », avoue Colette Weizman. « On dit qu'il faut prendre en compte le virage numérique, mais il ne faut pas davantage manquer le virage du management. Le risque est que la relance soit là, mais pas la main d'œuvre. Les différents start and stop liés aux confinements ont eu une incidence sur les collaborateurs de la restauration. Certains ont profité de ces périodes d'arrêt pour se former ». Et c'est tout un pan de l'activité économique qui se trouve déséquilibrée.

Management, bien-être au travail... les solutions pour la relance

Comment alors répondre à la relance qui semble se confirmer ? Comment ne pas louper le bon moment ? La réponse, pour Colette Weizman, se situe du côté du management. « Un bon manageur a un projet, du financement et des collaborateurs engagés. Il faut trouver des collaborateurs à embarquer ». Et il faut aussi insérer cette notion de bien-être au travail, qui n'est désormais plus accessoire. « Nos chefs d'entreprise doivent apprendre à dire merci aux collaborateurs. On peut être bon par la technique parfois, mais il faut aussi embarquer pas les collaborateurs. On ne peut passer à côté du bien-être au travail, surtout que cela est une préoccupation autant des nouvelles générations et que des générations Covid ». La relance est là, il faut donc jouer esprit d'équipe, exhorte Colette Weizman. Autant dans les entreprises que dans la consommation économique, avec des choix franco-européens. C'est ce qui fera de la relance une phase de croissance économique tout sauf court-termiste. Et l'enjeu est bien là.

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