Legal tech, management, marchés publics… les enjeux numériques (mais pas que) de Stéphanie Ragu et Medinsoft

Si le numérique est transversal, souvent associé à l’innovation, il est autant le synonyme de nouveaux modèles, induisant des modifications autant dans l’organisation interne des PME que dans les approches business ou managériale. Des sujets que le cluster des entreprises spécialisées implantées sur le territoire d’Aix-Marseille entend accompagner en se positionnant comme un conseiller avisé. Mais les enjeux sont aussi ailleurs, notamment dans le regard porté par les décideurs sur ces mêmes entreprises du numérique. Car oui, les défis sont aussi dans une vision tout sauf manichéenne d’un numérique à qui tout sourit facilement, comme l’explique la présidente de l’association.

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(Crédits : DR)

LA TRIBUNE - Le numérique s'est révélé l'atout majeur lors de la pandémie, modifiant les organisations des entreprises, poussant même certaines à se transformer. Cela a poussé l'émergence de certains outils, comme WhatsApp, Zoom et autre système de communication. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

STEPHANIE RAGU - Tous ces outils ont été utiles durant la pandémie et les confinements afin de permettre des échanges entre employés et dirigeants, lorsqu'ils représentaient la seule façon de communiquer. Ils ont permis de gérer, par exemple, le flux d'informations qui devaient être partagées. Ce sont également des outils qui font gagner du temps. Ils ont permis de voir si leur usage était adapté à l'entreprise. Mais ils ne doivent pas faire oublier les réunions réelles, physiques, car ce sont elles qui permettent tout de même de conserver un regard éclairé sur la réalité des situations, autant des salariés que du business. Il est nécessaire d'être vigilant à créer un équilibre. Le télétravail a par exemple bouleversé les organisations. Il est important pour les équipes, pour une entreprise, d'avoir un projet ensemble. D'où le partage de bonnes pratiques que nous essayons d'impulser au sein de Medinsoft, car toutes les entreprises ne sont pas à la même échelle.

Le télétravail mais plus largement l'impact du numérique dans les business modèles, entraînent des questions d'ordre juridique. Vous avez créé une commission legaltech qui adresse ces sujets. C'est aussi un défi pour les entreprises...

Le numérique a forcément un impact sur le juridique. Par exemple, pour tout ce qui concerne le télétravail, les circulaires d'application ne sont pas encore parues. Or cela est essentiel de connaître ce qui autorisé ou pas, pour une bonne tenue et organisation de l'entreprise. Et ceci n'est qu'un exemple. C'est donc un défi quotidien.

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Pourquoi avoir créé récemment une commission axée International ?

Cette commission est née d'un partenariat conclu avec l'Apex, l'association qui regroupe les entreprises présentes à l'export. Nous considérons qu'il est essentiel de donner les clés, les bons conseils à nos PME qui veulent tenter l'aventure de l'international, leur expliquer comme s'installer à l'étranger doit se faire selon certaines règles. C'était aussi un manque dans notre organisation et nos commissions. Notre ambition est d'en faire, à terme, une sorte de French Founders (club qui réunit les CEO d'entreprises françaises à l'international NDLR).

Vous répétez souvent qu'il faut remettre l'humain au centre du digital. Quelle en est la signification ?

Il va falloir adapter le digital par rapport à l'entreprise, à ce qu'elle peut se permettre. Pour certains métiers c'est plus délicat que pour d'autres. Mais cela doit être abordé. Par exemple, la tendance est, dans certains secteurs, d'embaucher un salarié à Lille alors que l'entreprise est à Marseille. Cela entraîne aussi des conséquences en termes d'obligations de l'entreprise vis-à-vis du salarié. Il faut donc considérer si cela est une option valable et rentable. Cela signifie une réflexion à mener. Et pour cela les entreprises vont devoir se munir d'outils de mesure de la productivité par exemple. Il va falloir travailler en intelligence collective.

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Certains secteurs ne viennent au numérique que à reculons ou sans trop savoir quelle solution privilégier... Ont-ils le réflexe de se tourner vers Medinsoft ?

Certains secteurs en effet, sont en retard, comme le BTP, l'hôtellerie, la restauration, l'immobilier... Nous remarquons un afflux de nouveaux adhérents venus de ces filières, ce qui montre bien qu'il y a un intérêt et un réflexe à venir trouver, au sein de Medinsoft, des réponses à leurs interrogations. Il sera aussi de notre rôle, dans un deuxième temps, de nous tourner également vers ces secteurs encore à la traîne.

Aix-Marseille est très regardée pour être la terre d'accueil des câbles sous-marins reliant l'Europe à l'Afrique ou à l'Asie. Dont le très attendu PEACE. Or, vous alertez sur le fait que cette infrastructure importante ne bénéficie pas forcément aux PME du numérique du territoire...

PEACE, c'est 12.000 kilomètres qui dessinent la Route de la soie. En effet, il n'y a pas encore de répercussion pour les entreprises du numérique. Mais cela pose une problématique plus large. Nous espérons, dans le même esprit, que la tenue des JO2024 à Marseille notamment pour les épreuves de voile seront l'occasion de faire appel aux startups du territoire, que ce soit pour des applications de vie pratique, de mobilité... Cela doit être compris par les collectivités : elles doivent ouvrir ces marchés aux pépites, aux startups, aux TPE ou PME. Nous avons de grands experts, peut-être pas par la taille, mais grands par les compétences et grands dans l'innovation. Et les structures plus modestes sont aussi plus agiles...

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