Troisième région pour la mobilité électrique, le Sud en fait aussi un atout d’attractivité

Numéro trois sur le podium des régions en ce qui concerne l’immatriculation de véhicules électriques particuliers neufs à batterie, Provence-Alpes-Côte d’Azur bénéficie d’une volonté affirmée et renforcée des collectivités d’aller vite et mieux sur le sujet en dotant le territoire d’infrastructures modernes et surtout intelligemment positionnées. Le Sud réfléchit également à l’avenir et au déploiement optimal futur.

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Le bon comportement du Sud est encouragé par les politiques engagées par les collectivités.
Le bon comportement du Sud est encouragé par les politiques engagées par les collectivités. (Crédits : Bizoo_n)

Si elle est davantage connue pour la somme de ses embouteillages, Provence-Alpes-Côte d'Azur détient pourtant un titre peu connu, celui de n°3 des régions ayant enregistré en 2020, le plus grand nombre d'immatriculations de véhicules électriques particuliers neufs (VPN) à batterie, avec 12.020 immatriculations à comparer aux 110.917 VPN au niveau national.

Elle peut même se targuer de posséder dans son périmètre le premier département, tous départements français confondus, le plus attractif en la matière, les Bouches-du-Rhône.

Un bon comportement du Sud qui est encouragé par les politiques engagées par les collectivités. « Nous sommes sur un territoire qui est moteur en matière d'accompagnement des administrés et des entreprises sur la thématique de la transition vers la mobilité électrique », note Sandrine Henry, responsable étude et développement territorial de l'Avem, l'association pour l'avenir du véhicule électro-mobile, dans le Sud. Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Métropole Nice Côte d'Azur, Région Sud... les collectivités, via leurs différentes incitations à l'achat, poussent le particulier à choisir l'électro-mobilité, la Métropole Nice Côte d'Azur incluant même les deux-roues motorisés dans son dispositif d'aide, quand la Région incite aussi les entreprises au verdissement de leurs flottes.

L'itinérance, l'autre facteur-clé du maillage

Un engouement qui doit forcément aller de pair avec des bornes de recharge disponibles et suffisamment bien positionnées d'un point de vue géographique afin de ne pas créer de freins ou de pertes d'appétence et surtout, dit encore Sandrine Henry, « en ne laissant personne sur le bas-côté ».

Qui dit véhicule électrique dit bornes et maillage de ces bornes. Un sujet qui est notamment celui du réseau Eborn. Né en 2015, il regroupe initialement cinq syndicats d'énergie, onze depuis 2019, établis en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Auvergne-Rhône-Alpes. Son objectif est précisément l'homogénéisation du maillage, car, relève Marie Jaillet, qui appartient au réseau coordinateur Syane, « il faut répondre également au trafic logistique et touristique ». En y intégrant du service qui facilite l'usage comme par exemple permettre le paiement sans contact par carte bancaire, Eborn revendiquant être le premier réseau à l'avoir initié. La dimension touristique c'est aussi ce que souligne Sandrine Henry, indiquant que si « les collectivités se sont penchées sur la recharge quotidienne, elles ont également pris en compte l'itinérance. Le touriste ne doit pas avoir à faire des kilomètres pour se recharger dans la région d'à côté ». Une souplesse qui concerne aussi la tarification, qui, chez Eborn s'appuie sur le principe de l'abonnement, à l'année, au forfait ou avec un tarif à l'unité précisément pour répondre à l'itinérance.

Penser l'usage

Si les collectivités ont été initiatrices, le privé constitue l'autre élément indispensable à un maillage adéquat. « Il est nécessaire de développer la recharge privée également », appuie Marie Jaillet. « Le public a mis le pied à l'étrier à la mobilité électrique mais le privé doit aussi aider à renforcer le maillage », ajoute Sandrine Henry. Précisant que l'arrivée des acteurs comme la grande distribution - pour qui installer des bornes sur leur parking peut constituer un atout marketing - permet aux collectivités de privilégier ainsi les fonds alloués à la mobilité électrique aux zones blanches.

Mais dit encore Sandrine Henry, « aujourd'hui, on réagit beaucoup par rapport à la capacité de la batterie. Il ne faut pas oublier que le Français moyen fait 29 km par jour. Le but n'est pas de remplacer l'intégralité du parc thermique en véhicule électrique 4 roues. Nous sommes sur un territoire qui a déjà une congestion quotidienne des routes. Ça ne sert à rien de continuer à les engorger. Il faut inscrire la mobilité électrique au sein d'une mobilité globale. Il faut regarder le besoin, l'usage et voir quelle est la meilleure solution adaptée ».

Une borne au bon endroit, au bon moment

C'est tout le sens du schéma directeur des IRVE (Infrastructure de recharge des véhicules électriques), qui réunit les acteurs autour de la table. Dont Enedis, qui joue sa part dans le déploiement du privé, puisque c'est le distributeur d'électricité qui va financer les installations d'IRVE dans l'habitat collectif. « Il faut aller vite, ça urge », résume Cédric Boissier, directeur régional Provence Alpes du Sud, rassurant sur le fait que la région, en situation de boucle énergétique, possède cependant, tout à fait « la capacité à absorber les super recharges ». « On parle beaucoup d'espace public mais l'essentiel de la recharge - on l'estime à 90% - va se faire dans les immeubles or 45% de la population y habite. Il faut se mettre d'équerre pour le futur ».

Un schéma directeur qui doit « regarder à échéance X plus tant d'années, quel sera le paysage, pour inscrire un maximum de maillage tout en ayant une logique intelligente, sans cannibalisation de bornes mais dans une complémentarité. C'est comment on met une borne au bon endroit au bon moment », indique Sandrine Henry quand Marie Jaillet estime qu'il est nécessaire de construire une stratégie à moyen terme.

L'avenir, c'est aussi ce à quoi réfléchit la chaire portant sur l'intelligence artificielle et la mobilité électrique qui unit Enedis en Provence et Aix-Marseille Université, une chaire qui pense à la modélisation de ce que sera la mobilité de demain. Une façon pour Provence-Alpes-Côte d'Azur de se positionner en leader de l'innovation.

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