Force Economique Unie : ce think tank d’entrepreneurs qui ne « veut plus subir mais agir »

Son objectif est, dit-il, de réconcilier les entrepreneurs et les pouvoirs publics et de faire en sorte que les besoins des premiers soient entendus par les seconds, même quand le sujet fâche. Lancé à Nice par Frédéric Ghintran et Christophe Tripodi, sa démarche se veut constructive mais surtout pas béni-oui-oui pour autant. Où il est question de diminution de la dette publique et d’adaptation voire de refonte des lois du travail, sociales ou juridiques centenaires et donc plus adaptées au monde contemporain. Où il est surtout question de compétitivité… et de relance.

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(Crédits : DR)

C'est évidemment la crise qui leur a donné le temps et l'espace pour réfléchir à la situation des entrepreneurs en France. Un temps de pause qui n'a fait que renforcer le constat déjà fait d'un environnement législatif, social, juridique qui n'est pas aussi favorable à l'entreprenariat que ce qu'il pourrait être. Et alors que l'on parle de relance, le sujet a, bien sûr, toute son importance. Respectivement dirigeant d'une entreprise de restauration, basée à Nice et patron d'une PME, grossiste alimentaire et hygiène, implantée à La Trinité, Fred Ghintran et Christophe Tripodi ont donc donné naissance à un think tank dont la ligne majeure est de rapprocher les entrepreneurs des pouvoirs publics. Et vice-versa. Bref, que les décisions et orientations tant législatives que juridiques ou sociales soient prises en bonne connaissance de cause des besoins des patrons. Soit la meilleure façon de créer de la richesse.

La France, une entreprise comme une autre

« Nous souhaitons prendre la défense des patrons et par extension, celle des salariés », note Fred Ghintran. « Notre vocation de chef d'entreprise est de dégager du bénéfice et d'investir. Actuellement, on demande beaucoup au chef d'entreprise mais on lui accorde que peu de considération ».

Et le point majeur c'est la diminution obligatoire des dépenses publiques. Une dette qui pèse et qui « doit être remboursée par la croissance économique et certainement pas par les impôts et les taxes ». Ce qui signifie un grand coup de pied à donner dans la fourmilière d'un système que Force Economique Unie ne considère pas en adéquation avec la volonté d'une économie prospère et compétitive. « Le pays doit être géré comme une entreprise ce qui signifie fixer les objectifs à atteindre, maîtriser les dépenses et les investissements et équilibrer le budget ».

Mais le think tank insiste : pas question de critiquer sans proposer. Donc, il propose.

Ainsi, qui dit amélioration de la compétitivité dit diminution des charges qui pèsent. Des charges salariales notamment mais aussi de la CSG qui doit baisser en fonction de celle des dépenses publiques. Sur le temps de travail c'est en revanche une augmentation qui est préconisée, le passage de 35h à 43h, (qui est par ailleurs, la moyenne européenne) répondant toujours à l'enjeu d'une bien meilleure compétitivité... et à un meilleur pouvoir d'achat pour le salarié.

Fini aussi, le CDD, « qui ne donne pas la sécurité à un salarié » et plutôt assouplir le CDI avec une période d'essai rallongée, de 6 mois qui doit être suffisante pour déterminer si les deux parties sont faites pour collaborer ensemble. Inéluctablement, Force Economique Unie demande la refonte totale pour pas dire plus, du Code du travail, plus du tout adapté au contexte d'aujourd'hui. Sur l'apprentissage, à nouveau encouragé par l'Etat, il est préconisé un début possible dès l'âge de 14 ans. On sent à nouveau le débat poindre...

Investissement versus imposition

Voilà, pour le volet social. Et le volet économique envisage aussi des baisses significatives : celle de la TVA à 7,5% pour les activités de prestation de service touchées par la crise, celle de l'impôt sur les sociétés, à 19%, ce qui, assure le think thank, devrait supprimer toute envie d'évasion fiscale et devrait aussi contribuer à conserver « nos cerveaux en France ». Voire même à faire preuve d'attractivité et donner envie à des entreprises internationales de s'installer dans l'Hexagone. On retient aussi l'idée d'une suppression de l'impôt sur les sociétés, quand les résultats ne sont pas distribués mais réinvestis en France. Ou encore celle de la création d'une banque mutualiste d'investisseurs, destinée uniquement aux TPE et PME de moins de 50 salariés dont les projets ne seraient pas financés par une banque classique. Avec des fonds qui seraient issus de l'épargne des Français, lesquels bénéficieraient d'une sorte de défiscalisation sur leur impôt sur le revenu. Une sorte de cercle économique vertueux...

On souligne aussi la volonté d'un Made in France clairement plus strict sur les critères de production et de fabrication en France. Ce qui est un vrai sujet de fond...

Exceller plutôt que niveler

« Nous voulons faire en sorte que les entreprises et la France excellent, plutôt que de tenter de mettre tout le monde au même niveau en nivelant par le bas », dit Fred Ghintran. « Les jeunes ne rêvent plus, il faut restaurer l'ambition », appuie Christophe Tripodi, qui préside le think tank. Une Force Economique Unie qui regrette que certains interlocuteurs économiques n'osent pas dire tout haut ce qui fâche tout bas. « Par crainte du conflit, beaucoup ne disent rien », regrette Fred Ghintran. « Avec comme effet de se fossiliser dans un système. Et cela nuit à la croissance de l'entreprise ». « On veut du courage dans les décisions politiques. On veut de l'exemplarité. Il faut reconnecter les pouvoirs publics avec les entreprises », ajoute Christophe Tripodi. « Nous sommes prêts à travailler main dans la main, mais que l'on laisse les entreprises faire ce qu'elles savent faire ».

Et le think thank d'en remettre une couche sur la compétitivité de la France sur l'échiquier mondial, sur l'obligation de savoir se poser en concurrent sérieux face à des pays comme la Chine et les Etats-Unis en étant très bon sur des secteurs précis, sur des sujets de souveraineté nécessaire, pour gommer toute dépendance. « Nous possédons un savoir-faire que nous devons mieux protéger et mieux vendre », ajoute Christophe Tripodi. « Nous ne sommes pas révolutionnaires, nous voulons du bon sens », résume Fred Ghintran. « Et être un contre-pouvoir économique ». Qui est en train de rassembler, large...

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