Pépite ou quand les universités encouragent l’entrepreneuriat étudiant

DOSSIER - EPISODE 1 - Depuis 2014, le réseau Pepite permet à des étudiants de poursuivre en parallèle de leur formation une activité entrepreneuriale. Si les grandes orientations sont décidées au niveau national, l’accompagnement est assuré par les 33 pôles qui composent le réseau. En Région, on en compte deux : Pepite Provence qui recouvre Aix-en-Provence, Marseille, Gap et Avignon ; et Pepite PACA-Est qui œuvre à Nice, Toulon et Digne-les-Bains. Si certaines des aventures entrepreneuriales qui y naissent restent dans le giron estudiantin et enrichissent le CV de ceux qui les ont portées, d’autres se muent en sociétés créatrices d’emploi et d’activité.

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(Crédits : DR)

Elle ne peut pas trop en dire pour le moment. Laurianne Courbet est étudiante et entrepreneuse. Son projet s'appelle Sage Night et vise à combattre un fléau face auquel bien des citoyens concernés se sentent démunis : les punaises de lit. « J'ai récupéré le prototype hier. On est en phase de test ».  La jeune femme se sent plutôt confiante, d'autant qu'elle a reçu un avis très positif d'une pointure en la matière : Jean-Michel Bérenger, entomologiste à l'IHU Méditerranée Infection. « Il m'a dit que ce produit marchera » Mais pour les détails techniques, il faudra repasser. « On n'a pas encore déposé de brevet ».

Comme elles, de plus en plus d'étudiants se lancent dans l'aventure entrepreneuriale. Pas de famille à nourrir. Pas de crédit maison à rembourser. Et surtout du temps libre. Le moment semble opportun. A cela près que quand on n'a que peu d'expérience, on manque autant d'argent que de réseau. C'est là qu'intervient Pepite (Pôles étudiants pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat).

Une organisation décentralisée

En 2014, le statut d'étudiant entrepreneur est instauré dans le cadre du plan d'action en faveur du développement de la culture entrepreneuriale et de formation à l'innovation. L'idée est d'inculquer aux étudiants la culture de l'entrepreneuriat, la persévérance qu'exige la poursuite de ce type de projets, et de les confronter par la pratique aux réalités du marché. Une manière de favoriser leur insertion professionnelle, soit par l'acquisition de compétences et de savoir-faire, soit par la création de leur propre emploi si l'entreprise perdure.

Pour les universités, c'est aussi un moyen de renforcer les liens avec le monde de l'entreprise. Et ainsi d'ouvrir la porte à de potentielles collaborations génératrices de revenus qui sauront compenser, au moins en partie, la baisse des dotations publiques.

La délivrance du statut d'étudiant entrepreneur revient à Pepite. Il est attribué en fonction des qualités du projet et de son porteur. Prioritairement à ceux qui ont moins de 28 ans.

Ensuite, l'accompagnement est assuré par les 33 pôles qui composent le réseau, avec une importante marge de manœuvre pour chacun même s'il faut suivre certaines grandes orientations propulsées au niveau national, comme par exemple la création d'un diplôme d'étudiant entrepreneur.

 Une région, deux pôles

En Région Sud, deux pôles cohabitent. Pepite PACA Est œuvre à Digne-les-Bains, Nice et Toulon. Un éparpillement qui permet difficilement d'obtenir des chiffres globaux. « En 2020-2021, 175 étudiants avaient le statut au sein de l'Université de Côte d'Azur », assure Rani J Dang, directrice de Pepite Paca Est. Ici, les équipes en charge de porter le pôle multiplient depuis un an les initiatives concernant la sensibilisation des étudiants ainsi que leur formation. C'est ainsi que le diplôme entrepreneur étudiant a été remis au goût du jour, ou qu'un diplôme Deeptech a été créé afin de soutenir les innovations de rupture basées sur la recherche.

A l'Ouest, Pepite Provence couvre les territoire d'Aix-en-Provence, Avignon, Gap et Marseille. Six établissements sont concernés et 10.000 étudiants sont sensibilisés chaque année, au moyen de conférences et hackhatons. « 2.400 sont formés, et 47 sont accompagnés à la création d'entreprise », assure Romain Laffont, vice-président au partenariat économique au sein d'AMU. Celui-ci voudrait aller plus loin. « On vient de répondre à l'appel à projet Esprit d'entreprendre. L'objectif, c'est que 100 % des étudiants soient sensibilisés à l'horizon 2025, et que 18 % soient formés à la création d'entreprise ». Pour y parvenir, l'offre d'ateliers sera renforcée, visant notamment les doctorants, encore largement minoritaires dans ce type de dispositifs.

Si les deux pôles cherchent autant à développer l'entrepreneuriat étudiant, ce n'est pas seulement parce qu'il est un moyen d'acquérir des compétences et un réseau qui faciliteront l'insertion professionnelle. C'est aussi parce que parmi les entreprises créées, certaines se pérennisent. « Sur 70-80 entreprises créées depuis que nous avons été labellisés en 2015, 47 sont toujours en activité », se réjouit Romain Laffont. « C'est un super indicateur qui prouve que ces sociétés ont un bon taux de transfert et résistent dans le temps ». Devenant pour certaines de véritables pépites pour le territoire.

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