Ce que dit le baromètre CCE de l’attractivité de la France et il est question des métropoles

Le contexte d’après-crise (ou presque) est le prétexte tout trouvé pour montrer, chiffres à l’appui, que l’Hexagone bénéficie toujours de son pouvoir de séduction. Mené par les conseilleurs au commerce extérieur de la France, le premier baromètre international des affaires dresse les atouts, les craintes aussi et les perspectives.

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(Crédits : DR)

La France semble ne rien avoir perdu de son attractivité. On le mesure souvent en termes touristique. Mais étant donné le contexte de relance économique, mesurer le pouvoir de séduction de l'Hexagone d'un point de vue climat d'affaires prend évidemment un sens plus profond.

Que pensent les investisseurs étrangers de la France ? Le charme agit-il toujours ? Si oui, quelles sont les forces. Si non, quelles sont les faiblesses ? Tournés naturellement vers l'international, les conseillers au commerce extérieur de la France (CCE) et CCI International ont fait cause commune pour mesurer l'état d'esprit des investisseurs. Le tout rassemblé dans un baromètre qui donne donc une tendance plutôt positive.

La rétroactivité fiscale, la crainte de l'investisseur

Car l'attractivité de la France, contre toutes attentes ou toutes craintes, ne s'est pas érodée. Et il faut même revenir en arrière pour mieux comprendre. « L'attractivité de la France s'est redressée il y a quatre ans avec l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République en 2017 », rappelle Gilles Bonnenfant, CCE, président de la commission Attractivité de la France et Tourisme. « Malgré les Gilets Jaunes, l'attractivité n'a pas pris la claque tant redoutée. Ce qui a compté c'est que la politique fiscale n'a pas changé. Car ce que redoute un investisseur, c'est la rétroactivité ». A noter aussi que « supprimer l'ISF a fait du bien ».

Et celui qui est également président d'Eurogroup de préciser que durant la période difficile qui vient d'être vécue, les investisseurs étrangers ont peu profité des aides de l'Etat. Mais la volonté affichée de se tourner et d'être en pôle-position sur des secteurs d'avenir tels que le quantique, l'hydrogène, la cybersécurité, joue sur une notion de confiance et d'intérêt. La capacité également à favoriser l'innovation et la R&D demeure un élément d'attractivité qui ne se dément pas. Atout peu connu, la France est championne dans la simplification des droits de douane. « Nous avons été l'un des pays les plus vifs à réagir après l'annonce du Brexit. Nous avons démontré que la France, lorsque des mesures sont prises, voit son attractivité être visible depuis l'étranger ».

Mieux se « vendre »

Donc, « l'attracitivté est bonne ». Mais la France n'a pas tout bon dans toutes les catégories. Et pêche parfois par manque de communication efficiente. « Il existe des sujets sur lesquels la France sait mal se vendre. D'autres, dont les Anglais, sont bien meilleurs que nous ». Gilles Bonnenfant de partager son expérience des deux derniers CES Las Vegas, « où les Portugais ont été mieux notés que nous. Nous devons apprendre à aller chercher des points sur certaines indices ». Bref, à faire preuve d'esprit malin, sans malignité.

Qui regarde le plus la France ? L'Europe assez logiquement, mais les Etats-Unis aussi. Gilles Bonnenfant rappelle aussi que les IDE (investissements directs à l'étranger) ont chuté de 49% au niveau macro-économique, de 69% dans les pays dits émergents et de 39% en France. « Nous sommes donc moins dégradés ».

L'Italie, la bonne surprise dans le Sud aussi

Et qui sont les concurrents ? Clairement « les autres pays communautaires », principalement l'Allemagne, la Belgique et la Hollande « ainsi que l'Angleterre », note Gilles Bonnenfant. Des Britanniques qui vont être « offensifs en matière d'attractivité, Boris Johnson a une revanche à prendre ».

Bonne surprise du bilan publié par Team Côte d'Azur, le retour de l'Italie en tant que fort investisseur n'est pas si anodine vu les relations que les deux pays frontaliers auraient tout à fait intérêt à développer encore plus. « Le désir de la part des entreprises italiennes est réel », pointe Xavier Gesnouin, le président des CCE en Provence Alpes Côte d'Azur et c'est souvent avec l'implantation d'un établissement secondaire.

Quelle attractivité des métropoles ?

Dans la loi de l'attractivité, quel est le rôle des métropoles ? Le Sud, riche de Nice Côte d'Azur, Toulon Provence Méditerranée et Aix-Marseille Provence, en sait quelque chose, ces grands ensembles sont essentiels dans la capacité à faire venir des investisseurs.

« Nous regardons le poids des métropoles depuis trois ans. Lyon, Bordeaux et Paris déclenchent toujours un intérêt. Un intérêt qui est très lié à l'économie locale, au prix du m2 », précise Gilles Bonnenfant. « Certains bassins sont liés à leur activité historique et à de l'activité locale, à la main d'œuvre qualifiée et aux écoles de formation ». Mais le président de la commission Attractivité de la France et Tourisme demeure en revanche assez prudent sur la pérennité du phénomène survenu suite à la crise, qui a vu nombre d'habitants de la Capitale « descendre » en province pour télé-travailler. Gilles Bonnenfant prévient qu'il sera alors plus difficile pour un salarié de justifier une augmentation ou pour continuer à faire valoir sa différenciation avec un salarié installé dans une contrée étrangère et moins coûteux. « Pourquoi a-t-on créé du chômage en France ? Parce que nous avons perdu des emplois industriels, remplacés par du service. Or, ce service demain, peut être délocalisé ».

Pour Xavier Gesnouin, le manque de foncier disponible en Provence Alpes Côte d'Azur freine l'attractivité d'entreprises de taille importante, « c'est une réelle problématique pour l'ensemble de la région. La configuration géographique fait que l'on ne peut pas s'étendre ». Et le président des CCE Provence Alpes Côte d'Azur d'ajouter que « aujourd'hui, l'argument du soleil n'est pas un argument suffisant. Un vrai travail est fait par la Région, par Rising Sud (l'agence d'attractivité du conseil régional NDLR) mais il demeure encore un vrai travail à mener pour renforcer l'attractivité, c'est le sens de la convention signée en avril dernier par les CEE et la Région sur la partie Choose France pour que le territoire puisse être plus attractif. On construit, seulement maintenant, un vrai discours d'attractivité ».

Mais Gilles Bonnenfant prévient aussi, pas question de se concurrencer entre régions. « Chacune a ses spécificités et il faut bien s'en servir. Il ne faut pas que ce soit région contre région ». Mais finalement un ensemble qui concoure à l'attractivité globale de la France. Un travail d'équipe en somme.

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