Pour l'Union Maritime et Fluviale, "l'UMF et le Port ne peuvent pas marcher l'un sans l'autre"

DOSSIER - Episode 2/3 - Elle vient tout juste de prendre pleinement ses fonctions de directrice générale de l'union maritime et fluviale, officiellement depuis le 3 mai dernier. Au sein de la place portuaire, Léa Loriquet-Ventura souhaite porter les questions d'emplois, de formation et valoriser les actions des acteurs de la mer, présents sur le territoire.

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(Crédits : Camille Moirenc)

LA TRIBUNE - Quel est votre parcours ?

LEA LORIQUET-VENTURA : Je suis juriste de formation, j'ai fait des études de droit européen, puis j'ai décidé de me tourner vers une école de commerce, HEC Paris, où j'ai fait du management international. C'est en travaillant pour le cabinet de conseil Arcturus (2017 - 2021) que j'ai rencontré l'Union maritime et fluviale de Marseille-Fos (UMF), c'est mon plus vieux client (rires). J'ai donc comme cela que j'ai plongé mes deux mains dans le monde maritime. Durant cette collaboration, j'ai travaillé sur des sujets très techniques comme la mise en place d'une connexion en train avec la Suisse, le contournement ferroviaire lyonnais, la liaison routière Fos-Salon et bien sûr les sujets nationaux liés à la stratégie portuaire. Quand j'ai appris que l'UMF lançait un processus de recrutement, j'ai candidaté, je suis arrivé le 15 février pour que la transition avec l'ancienne directrice générale puisse se faire.

Comment voyez-vous la place de l'UMF vis-à-vis du port de Marseille-Fos ?

Nous sommes un acteur économique important du territoire et la première place du shipping en France. Notre point de vue est forcément différent, plus orienté business, mais l'UMF et le grand port maritime (GPMM) ne peuvent pas marcher l'un sans l'autre. Sur les sujets qui nous intéressent en tout cas. Nous avec de bonnes relations avec le GPMM, mais nous pouvons faire mieux sur des thèmes comme la formation et l'emploi, la gouvernance où nous voulons être dans les conseils de surveillance (l'UMF est présent dans le conseil de développement NDLR), et tout ce qui peut permettre aux ports français d'être les ports du futur.

Vous comptez lancer une plateforme numérique pour recenser les métiers de la place portuaire, mais l'enjeu n'est-il pas plutôt sur l'absence de formation ?

Oui, mais en même temps les deux sujets sont imbriqués. Dans notre secteur, la formation se réalise souvent directement dans les entreprises. Il y a des déficits de formation à Marseille, mais les entreprises, associations ou fédérations ne sont pas non plus au courant des besoins. Bien sûr cela ne marche pas pour tous les métiers, le pilotage par exemple se fait par concours. Le rôle de l'UMF ne va pas créer ces formations, mais nous pouvons en revanche créer le lien entre les acteurs. C'est un sujet très complexe où il ne faut pas faire de généralité et anticiper les besoins de demain autour des projets qui se développent en ce moment comme les bornes de chargement électriques ou Vasco 2.

Sur les questions environnementales justement vous lancez un "Greenterland", de quoi s'agit-il ?

C'est une marque pour valoriser les actions des entreprises, l'idée est d'en faire un label pour devenir un hub de la transition écologique et énergétique. Les entreprises font souvent des actions dans leur coin, avec une vraie stratégie territoriale nous voulons montrer qu'avec des initiatives tout au long de la chaîne nous avons un impact global. C'est quelque chose qui n'existe pas ailleurs.

N'est-ce pas juste un coup de communication sur un secteur qui génère de la pollution et des nuisances ? Vous parliez par exemple de la liaison routière Fos-Salon...

Le camion sera toujours là demain. Mais ce label est aussi une attente des riverains car l'attractivité du territoire devra être plus tournée vers le port or ce n'est pas le cas aujourd'hui. La communication est plus largement importante pour valoriser ce qui est fait. C'est un moyen de montrer, prouver et expliquer à l'extérieur ce que nous faisons, y compris auprès des institutions qui nous vendent deux grandes portes au Nord et Sud de la France mais qui ne connectent pas.

Vous pensez au 1,4 milliard d'euros promis par l'Etat aux ports du Havre, de Rouen et Paris (Haropa) ?

Notamment, mais pas seulement il y a aussi à la communication qui est faite et à l'importance que doit avoir Marseille. Il n'y a pas de stratégie méditerranéenne.

Le marché du conteneur est aujourd'hui en tension, quel rôle pouvez-vous jouer là-dedans ?

La tension est palpable, peut-être accentuée par le distanciel imposé à la crise sanitaire. Mais nous avons un rôle, nous essayons d'avoir des échanges avec les concernés, sur l'envolée des taux de fret nous essayons par exemple de favoriser les discutions entre armateurs et transitaire. Les échanges se passent bien, bien sûr il s'agit d'un schéma d'offre et de demande sur lequel nous ne pouvons pas agir mais nous essayons de faire en sorte que les échanges se passent bien.

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