Philippe Zichert – Via Marseille Fos : « La transition écologique est l’outil de promotion de la place portuaire »

A la tête de l’agence de promotion de la place portuaire, cet industriel porte sur l’attractivité de Marseille-Fos et sur les atouts qu’elle doit mieux faire valoir et savoir, un regard acéré, pas complaisant mais également positif. Où il est question donc de transition écologique comme le vecteur principal d’attraction, de fluvial – délaissé avec erreur – et smart port. Question de compétitivité, bien sûr.

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(Crédits : DR)

Depuis deux ans, il est le capitaine qui tient la barre de Via Marseille-Fos, acteur économique essentiel dans ce que l'on appelle la chaîne de valeur, chargé de faire connaître atouts et différenciations du Grand Port Maritime. Une association jeune sous cette forme, rebaptisée VMF en 2012, suite à la réforme des ports. C'est bien avant pourtant que l'idée d'une telle structure est née, en 1992, lorsque le Grand Port Maritime devient un port aménageur.

Mieux-faire savoir

Forcément, parler d'attractivité durant une année de confinements et de salons physiques annulés ou dématérialisés, ça ne permet pas de donner toute la mesure du potentiel de premier port de Méditerranée. Mais ces rendez-vous BtoB - axés logistique - s'inscrivent, logiquement, dans une stratégie du faire savoir de quoi est fait le GPMM.

Et c'est le choix de s'inscrire dans la transition écologique, qui est une valeur de différenciation. Bien plus que ce que l'on peut imaginer, dit d'ailleurs Philippe Zichert. « L'aspect investissement du port envers la transition écologique est un atout différenciant. Et sur le sujet de la transition écologique, Marseille-Fos est loin d'être le plus mauvaisComme sur les cavaliers (portiques de porte-conteneurs NDLR), qui sont hybrides, fonctionnant avec des moteurs électriques et thermiques. C'est peu connu du grand public, mais c'est ce que nous faisons savoir aux professionnels ».

Peu connu aussi, mais très utile, encore plus à l'avenir, cette station GNL pour les camions, qui contribue à démontrer que le port est engagé sur le sujet et prêt pour toutes les nouvelles "consommations".

Le projet stratégique de Marseille-Fos, présenté en mars dernier, démontre la volonté du port d'être également tourné vers l'innovation et le numérique, notamment. Ce qui se traduit par cette idée de regarder de plus près les startups et celles qui pourraient être incubées. « Nous avons la chance d'avoir un tissu de startups qui tient la route », note Philippe Zichert. L'initiative Smart Port, concours envers les startups, organisé chaque année avec la Chambre de commerce et d'industrie et le GPMM, est de nature à faire émerger des solutions qui sont ensuite développées et utilisées « pour de vrai ». C'est notamment le cas de Searoutes, capable de calculer la route la plus efficiente et de calculer les réelles émissions polluantes door-to-door.

De quoi nourrir le catalogue du savoir-faire, cet outil qui réunit les innovations et les expertises, capables de jouer sur le levier attractivité que Via Marseille-Fos promeut auprès des professionnels.

L'enjeu essentiel du fluvial

Au chapitre de l'attractivité, le sujet du fluvial est central. Pour Via Marseille-Fos et Philippe Zichert, il est même essentiel. Et c'est vers Lyon que les regards se tournent. Le fluvial qui a été stoppé dans sa dynamique en 1997, avec l'abandon du canal grand gabarit, apparaît pourtant comme un moyen de conquérir d'autres territoires vers l'Europe du Nord alors qu'il est tout autant un maillon du report multimodal. « On peut facilement doubler le trafic sans investissement supplémentaire, et même pour le transport de matières dangereuses », défend Philippe Zichert, le fluvial représentant pour l'heure 6% de l'activité. « Même si on le voulait, on ne peut se passer des camions. Le multimodal c'est le fluvial, la route et le ferré ». Et pour encourager le fluvial, il faut le petit coup de pouce qui va bien. « Il faut un accompagnement de l'Etat ».

Les ports pas écolo, hors-jeu

Et le président de Via Marseille Fos d'être encore plus clair. « La transition écologique ce n'est pas un outil, c'est l'outil de promotion de la place portuaire. Les ports du 21ème siècle seront écolos ou alors ils sortiront du jeu. Le calcul de l'empreinte carbone, demain, ne sera plus une option, il sera obligatoire ».

Dans ce cadre, les initiatives et autres projets portés par le territoire sont bel et bien des atouts. Avec des capacités de montée en puissance. C'est le cas de Jupiter 1000, ce démonstrateur power-to-gas tant attendu, opérationnel depuis un an, qui vise à stocker l'énergie électrique renouvelable sous forme de gaz.

De quoi continuer à concurrencer les concurrents, essentiellement les ports espagnols et italiens, notamment Gênes. Le tunnel Lyon-Turin pourrait à terme mettre à mal le transport de marchandises, qui pour rejoindre Lyon, préférera Gênes. Quant à Barcelone ou Valence, "dès qu'un bateau passe le Canal de Suez, je rappelle que Marseille est le port le plus proche". Marseille-Fos qui a mieux résisté à la crise que ces concurrents. Marseille-Fos qui tout en innovant, n'oublie pas ses fondamentaux. Marseille-Fos, atout pas seulement pour le Sud, mais pour la France...

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