A Marseille, Medinsoft met l’alternance au cœur de la relance économique

Le cluster spécialisé dans la transition digitale lance MyMedinjob, une plateforme facilitant la mise en relation entre alternants et entreprises. L’enjeu : favoriser l’insertion des jeunes dans un contexte de crise économique, mais aussi accélérer grâce à eux la transition numérique des entreprises et du territoire.

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(Crédits : DR)

Créée en 2003, l'association Medinsoft se donne pour mission « d'accélérer la transformation digitale des entreprises ». Parmi ses faits d'armes : Business Connect, qui met en réseau un large panel d'acteurs allant des PME aux grands comptes en passant par les collectivités territoriales et les startups, l'organisation d'événements comme son forum Medinjob dédié à l'alternance, ou encore diverses actions de communication et de pédagogie pour faire comprendre combien le territoire a besoin du numérique et donner les clés aux entreprises qui souhaiteraient franchir le pas.

Parmi ses missions, on trouve aussi la création d'outils. Le dernier en date s'appelle My Medinjob. S'appuyant sur la blockchain et l'intelligence artificielle, cette plateforme facilite la mise en relation d'alternants et d'entreprises. « Au cours d'une première phase, explique Alexandre Barthelemy, conseiller technique événementiel, on récupère les CV stockés à différents endroits, dans les bases de données des écoles, sur les plateformes; sur des drives, en format excel ... Ensuite, on récupère les offres d'emploi sur les job boards comme Indeed, Pôle emploi... L'IA permet de classer les données de formats différents ». Puis la mise en relation se fait via une plateforme (site web et application) sur laquelle il n'est, grâce à la blockchain, pas nécessaire de s'inscrire. Un numéro de téléphone suffit.

Faciliter l'insertion des jeunes

Un gain de temps pour les entreprises et les étudiants qui bénéficient en outre de l'automatisation des mises à jour de leur CV et d'un système d'alerte en cas d'offre susceptible de les intéresser. Enfin, les données collectées permettent une analyse statistique de l'alternance sur le territoire.

Si Medinsoft a souhaité développer cet outil, c'est bien sûr pour faciliter l'insertion des jeunes, frappés de plein fouet par la crise économique due au covid-19 et pour qui la recherche d'alternance est devenue particulièrement difficile. C'est aussi un moyen de communiquer sur l'intérêt de l'alternance pour les entreprises et, plus largement, pour le dynamisme économique du territoire.

L'alternance, un outil au service de la transition numérique

« Désormais, le numérique est partout, dans tous les secteurs, dans toutes les typologies d'entreprises », assure Stéphanie Ragu, présidente de l'association.

Or le numérique embarque des enjeux de compétitivité et de souveraineté. « On a les câbles sous-marins, les data-centers, mais est-ce qu'on les utilise correctement ? interroge ainsi Kevin Polizzi, vice-président de Medinsoft. « On a des infrastructures mais est-ce que les Gafam ne sont pas en train de nous en déposséder ? Où vont être hébergées les données des collectivités ? Peut-on garantir la sécurité informatique ? Les questions sont nombreuses. Mais comment on fait en vrai ? »

Pour Medinsoft, il est essentiel de s'appuyer sur la jeune génération, née dans le numérique, pour répondre à ces défis et injecter du sang neuf dans les entreprises et les collectivités territoriales. Or pour ce faire, l'alternance s'avère une option intéressante. Peu coûteuse, elle permet de former des jeunes qui soient en phase avec les besoins de l'entreprise tout en gardant un pied dans le monde de la recherche. Et qui peuvent changer la donne sur des périodes assez courtes en faisant comprendre l'intérêt du numérique et en aidant l'entreprise à franchir le pas, qu'il s'agisse de renforcer la présence d'un restaurant sur les réseaux sociaux ou d'automatiser un process dans une administration. S'ajoutent à ces avantages la capacité de fidélisation des talents permise par l'alternance, un enjeu fort lorsqu'il est question de numérique.

Sur 500.000 contrats, 2,5 % seulement concernent le numérique

Pourtant, regrette Stéphanie Ragu, le potentiel de l'alternance en matière de transition digitale est sous-exploité. « En France, sur 500.000 contrats d'alternance signés en 2020, seuls 2,5 % concernaient le numérique». Elle regrette par ailleurs que les entreprises de plus de 1000 salariés ne représentent que 15% de l'offre d'alternance. « C'est important que les entreprises ouvrent des postes d'alternants. D'autant qu'avec tous les dispositifs d'aide mis en place par les pouvoirs publics, il n'y a quasiment plus d'enjeu financier ».

My Medinjob devrait pouvoir contribuer à développer ce type de contrat. « Nous devons travailler ensemble pour multiplier l'efficacité des outils, pour se les échanger, et pour redécoller en termes économique ».

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