Richard Curnier : « Ce sont les territoires qui vont réveiller la relance »

Avec 15,4 millions d’euros engagés dans les fonds d’urgence et un milliard d’euros de prêts signés en 2020, la marque de la CDC en Provence Alpes Côte d’Azur a joué la carte soutien, participant également au fonds Covid Résistance aux côtés de la Région. Sans oublier le tourisme, pilier économique très secoué, qu’elle a soutenu en injectant 12 millions d’euros. Mais c’est bien davantage la relance qui est le sujet primordial. Car c’est maintenant que tout se joue. Autant sur les sujets de transition écologique que de soutien à l’industrie.

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(Crédits : DR)

La période s'est révélée être un vrai challenge, même quand on est une marque adossée à la Caisse des Dépôts. Car justement, en tant qu'acteur de soutien et de financement, dès les prémices de la crise, il a fallu aller vite et bien. Une « agilité » grâce au virage numérique impulsé par Olivier Sichel et Eric Lombard, respectivement directeur de la Banque des Territoires et directeur général de la CDC, explique Richard Curnier, le directeur régional de la Banque des Territoires en Provence Alpes Côte d'Azur.

Ne pas gripper la machine

Aller vite et bien cela a signifié injecter du financement là où il y avait besoin. Notamment dans le fonds régional Covid Résistance, doté de 36 millions d'euros, dont 11,2 millions d'euros apportés par la Banque des Territoires et qui a permis de financer 4.012 entreprises et de préserver par voie de conséquence 10.000 emplois.

C'est aussi le soutien apporté à l'économie sociale et solidaire pour 45.000 euros, via un fonds dédié, baptisé ESS'OR auquel les acteurs économiques du territoire ont abondé, dont la Région, Aix-Marseille Provence, la métropole Nice Côte d'Azur, la Caisse d'Epargne et France Active pour un total de 1,5 million d'euros.

Du côté des bailleurs sociaux, la réactivité a également été essentielle, au nom du crédit inter-entreprises. « Nous avons débloqué massivement 200 à 300 millions d'euros afin de permettre aux bailleurs sociaux le paiement des TPE PME et d'éviter ainsi de créer chez elles un problème de trésorerie ».

Evidemment le tourisme figure au chapitre des filières soutenues. Et ce sont des projets de développement de l'offre touristique que la Banque des Territoires a financé pour un total de 5 millions d'euros. La Grotte Cosquer ou tout du moins sa réplique qui a désormais pour écrin la Villa Méditerranée à Marseille et deux résidences de tourisme dans les Hautes-Alpes, en font partie.

Objectif relance

Mais clairement, le sujet d'actualité est celui de la relance. De comment accompagner la croissance en tenant compte des nouveaux enjeux tout en aidant les territoires, comme les entreprises, à s'en emparer. « La relance doit être respectueuse de l'environnement, la croissance doit être différente. La relance passe par les territoires. Ce sont les territoires qui vont réveiller la relance », estime Richard Curnier, qui ne boude aucun bout de Provence Alpes Côte d'Azur. « Nous travaillons sur le littoral, le moyen pays, la montagne ».

Dans les Alpes-Maritimes, pour aider à la reconstruction après la tempête Alex, « nous apportons de l'ingénierie de projets ».

« Nous sommes également très présents sur le sujet des remontées mécaniques », souligne Richard Curnier, rappelant que la Banque des Territoires est partie prenante dans les différentes SEM qui les gèrent. « Nous travaillons sur la globalité, à la fois sur les lits chauds et les lits froids. Notre objectif est que les lits chauds génèrent du flux et permettent de travailler sur les lits froids ». L'ambition est également de porter attention et intérêt sur le volet immobilier et de favoriser la diversification des activités.

Sur le littoral, la Banque des Territoires est impliquée dans les stratégies et le développement des ports, notamment à Antibes ou à Villeneuve-Loubet, avec le projet de la nouvelle marina. « L'enjeu est de rendre les infrastructures plus durables ».

L'industrie et Cœur de ville, leviers au long cours

Et puis, il y a tout ce qui a déjà été mis en place pré-Covid et qui sont autant de leviers pour accompagner le redémarrage de l'économie et la projeter dans l'après. C'est notamment le cas des Territoires d'industrie, sept projets en Provence Alpes Côte d'Azur, qui vont de Carros à Gap-Tallard ou de Aix-Rousset-Gardanne-Istres-Fos-Marignane-Etang de Berre à la Vallée de la Durance et qui bénéficient d'une enveloppe de 100 millions d'euros par an d'ici 2022 afin d'apporter des fonds propres aux 136 projets qui en découlent. 250.000 euros ont été fléchés vers Rising Sud, l'agence de développement économique de la Région, pour la réalisation d'un plateau technique dont le but est bien sûr de permettre l'accélération de projets.

L'excès de liquidités - on le sait les Français ont épargné durant les divers confinement - notamment sur le livret A, constitue un élément de financement renforcer, car comme le rappelle Richard Curnier, « le livret A est notre matière première ». La Banque des Territoires est d'ailleurs « en veille sur les sujets de relocalisation industrielle. Nous interviendrons en foncier ».

On n'oubliera pas Cœur de ville, ce dispositif qui vise à redonner des moyens aux centre-ville pour répondre aux nouveaux enjeux. 2,8 millions d'euros sont consacrés aux treize villes concernées, en ingénierie. « L'objectif est de transformer une idée en projet. Nous aidons les collectivités à bâtir leurs projets. Et il y a beaucoup de projets ».

La transition énergétique, source d'innovation... financière

Des projets et la volonté d'accompagner aussi en fonction des enjeux actuels. La transition énergétique et écologique fait intégralement partie du prisme de décision de financer un projet ou pas. Ainsi, Richard Curnier ne le cache pas, « nous ne travaillons plus de la même façon. Nous allons être encore plus exigeants sur les investissements que nous allons réaliser ». Il est notamment question d'accompagner les collectivités locales sur le volet rénovation énergétique des bâtiments. « Nous intervenons sur la production d'énergie, dans les nouveaux usages et sur la réhabilitation thermique des bâtiments publics ». En innovant sur la façon de le faire, via de l'intracting, un dispositif financier qui concerne les travaux à court et moyen terme. « Nous effectuons le diagnostic, nous apportons l'avance à la collectivité locale et cette avance est remboursée par les économies réalisées les années suivantes », explique Richard Curnier.

Voilà qui confirme que la relance sera verte, si on en doutait encore. Et qu'elle s'inscrit dans le développement des territoires, plus que jamais.

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Commentaire 1
à écrit le 06/05/2021 à 11:44
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Ravi d'apprendre que la France existe encore et qu'elle n'est pas Paris, des actes maintenant, grand causeu, petit feuseu...

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