La politique innovante (et pas que techno) du Crédit Agricole Alpes Provence auprès des jeunes

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(Crédits : DR)
EPISODE 1 - Ils représentent le futur – du monde entreprenarial notamment – et un moteur de changement, presque malgré eux. Les jeunes générations sont beaucoup – la crise amplifiant le phénomène – au centre de toutes les attentions. Dont celle du monde bancaire. Et dont celle du Crédit Agricole Alpes Provence qui déploie divers leviers pour attirer les compétences et en faire aussi profiter le territoire. Et tout n’est pas que numérique.

Les métiers de la banque c'est un peu comme l'industrie : il existe un réel déficit d'image, une perception encore statique, des a priori que les banques tentent de gommer ou de faire évoluer. Pas simple, tant le secteur n'est pas forcément perçu comme innovant, alors même que les nouvelles technologies l'irriguent aussi. « Les métiers de la banque ne sont pas les mieux perçus », reconnaît Alain Gonnard, le secrétaire général du Crédit Agricole Alpes Provence. Un constat que l'établissement qui couvre le périmètre englobant les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et les Hautes-Alpes fait, mais qu'il veut contribuer à faire évoluer. Et la stratégie est à multiples leviers.

Agir comme un révélateur

« Notre volonté est d'être utile au territoire, de valoriser notre différence de banque coopérative régionale, de permettre des carrières longues et de développer notre marque employeur », indique Alain Gonnard.

Si, la première des actions est évidemment d'aller porter la bonne parole dans les lycées, en nouant « des partenariats actifs », il existe plusieurs façons de faire venir à soi les jeunes et d'acquérir, en même temps, des compétences nouvelles. « L'enjeu n'est pas forcément de garder les jeunes chez nous mais de leur permettre de se réaliser », dit encore le secrétaire général du Crédit Agricole Alpes Provence.

Si l'un des enjeux est de contribuer à la bonne santé du territoire, il est inévitable de donner le petit coup de pouce qui fait une grande différence dans le contexte de crise actuel. D'où ce dispositif de recrutement qui voit la concrétisation de 150 nouveaux CDI par an, 50% étant des jeunes de moins de 30 ans. Accélération aussi pour ce qui est des apprentis, ils seront 100 d'ici la fin de l'année. L'apprentissage qui est « un dispositif intéressant à la fois pour les jeunes, pour les écoles et pour nous ». Pour la banque - comme pour toute entreprises - l'apprentissage est une façon de former ceux que l'on recrutera demain, « on adapte le jeune à la culture de l'entreprise », dit Paul Romano, responsable du recrutement. Et parce que la crise a aussi rendu la chose ardue, le nombre de stages accordés est revu à la hausse, pour atteindre 70 stagiaires.

Réfléchir à la banque de demain

Voilà pour les mesures plus globales. Mais la véritable innovation est ailleurs. Dans ce dispositif qui prévoit, à partir du mois de mai, de proposer 25 jobs étudiants à des jeunes qui se verront confier des tâches en dehors des horaires classiques de bureau. Une façon d'apporter un complément de revenus à ceux qui en ont besoin tout en permettant au Crédit Agricole Alpes Provence de faire exécuter des opérations qui restent à déterminer.

Mais évidemment, il serait dommage de ne pas s'appuyer sur les jeunes et sur leur vision à la fois du monde et de besoins pour plancher sur un sujet qui fait brainstormer tous les établissements : la banque de demain. C'est dans ce sens que 20 jeunes, stagiaires ou alternants vont être recrutés pour réfléchir tout autant à la digitalisation client qu'à la digitalisation des services supports... « Il s'agit de travailler en mode agile et de créer des synergies, une sorte de laboratoire sur tous les domaines qui concernent la banque de demain », pointe Alain Gonnard.

Si les nouvelles technos c'est bien, le savoir-être est tout autant une compétence qui est regardée de près par les recruteurs. Sur ce point, l'encadrement est embarqué dans une opération coaching des jeunes en entretien d'embauche, qui doit permettre l'émergence du comportement naturel. « Ce qui fait la différence, c'est l'attitude », indique par ailleurs Paul Romano. Au-delà de ne pas tout faire peser sur les connaissances techniques, il y a la volonté d'ouvrir ainsi les portes et les possibilités à ceux qui hésitent encore et surtout aux profils éloignés de l'emploi. Pôle Emploi et les missions locales sont bien sûr parties prenantes.

S'appuyer sur la force - et la complémentarité - des réseaux

Aller chercher des talents qui s'ignorent ou qui n'osent pas approcher le secteur bancaire, c'est aussi le sens du partenariat avec l'APELS, l'agence pour l'éducation par le sport. « Certains jeunes ont été en rupture, ils ont des aptitudes mais ils n'ont pas eu la chance d'avoir un parcours scolaire linéaire », explique Paul Romano. Sur le terrain - au sens propre comme au sens figuré -les étiquettes n'existent pas et les talents explosent. Sur les 17 jeunes ainsi amenés vers la banque, 4 d'entre eux ont été embauchés et « deux sont déjà identifiés pour évoluer sur le poste d'après », complète Paul Romano.

Plus classique, mais toujours efficace, le réseau professionnel LinkedIn est évidemment une source de recrutement. « Nous travaillons beaucoup sur la data RH » ajoute le responsable du recrutement. Qui n'ignore pas, bien sûr, les autres réseaux sociaux. « Nous devons être multi-réseaux ».

Mais quitte à se servir de la force des réseaux, autant en profiter. C'est ainsi que le Crédit Agricole a créé sa propre plateforme de mise en relation. Baptisée Youzful, elle a pour but de connecter - d'abord virtuellement puis concrètement - les jeunes avec les acteurs économiques. « La plateforme met en interaction les jeunes avec les entreprises du territoire. Il peut être question de vie étudiante, de finance, d'orientation, d'e-job dating... Les professionnels peuvent y déposer leurs offres, notamment celles qui ne disposent pas d'outils spécifiques. Nous sortons du recrutement classique et amplifions l'effet réseau. Nous travaillons l'expérience candidat comme l'expérience parcours client. C'est une plateforme puissante », note Alain Gonnard. « Nous devons être différents pour être attrayants », résume Paul Romano. C'est même la clé de l'attractivité, jeunes ou pas.

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