Aix-Marseille Provence peut-elle attirer davantage les investisseurs ?

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(Crédits : François MOURA)
Le potentiel réel c’est ce que pointe l’étude menée par le cabinet EY, associé pour la partie immobilière à JLL. Une étude qui rappelle donc ces filières bien structurées, porteuses d’innovations et de croissance.

Parmi elles, la santé. Une filière à part entière qui concentre 92 000 emplois, très tournée health tech, deuxième centre français d'essais cliniques, deuxième cancéropôle, très bonne en immunothérapie, possédant une foison de startups dont nombreuses sont celles dont on peut imaginer un futur de croissance, tels ImCheck Therapeutics, Innate Pharma, C4 Diagnostics, Vect Horus et HalioDx. Sans omettre GIPTIS, dont le but est la lutte contre les maladies génétiques... Manquent encore les grands industriels mais on imagine que ce trou dans la raquette peut, à terme, se combler.

Le numérique et l'emplacement géographique de Marseille qui lui permet d'être le point d'arrivée de câbles sous-marins sont un autre atout indéniable, par ce qu'il offre comme opportunité à l'heure où la data est plus que jamais considérée comme un or noir. L'arrivée prochaine de nouveaux câbles va permettre à Aix-Marseille Provence de grimper de la dixième à la cinquième place mondiale en termes de connectivité. Une performance qui devrait attirer davantage les regards que ce n'est le cas.

L'effet waouh

Car Aix-Marseille Provence a tout pour surprendre plutôt agréablement l'investisseur. C'est ce que souligne également Emeric Laveix, directeur de mission EY Advisory, qui connaît bien le territoire. « Il existe un effet polycentrique dans un même périmètre juridique. La santé, qui est très bien structurée, prévoit de nouveaux projets, notamment autour de l'hôpital Sainte-Marguerite (un projet de réhabilitation est dans les cartons de la Métropole NDLR). Il faut montrer l'effet waouh. Et montrer que l'une des forces du territoire, c'est le capital humain. C'est cela que considèrent les investisseurs : peuvent-ils trouver les ressources humaines ? Comment est noté l'enseignement supérieur ? Comment se porte la recherche ? Le cadre de vie est devenu important, encore amplifié sous l'effet de la criseet le territoire d'Aix-Marseille c'est à la fois la terre, la mer, la montagne et la campagne ».

Autre filière prometteuse, et qui revendique être la deuxième place de tournages après Paris, celle des industries culturelles et créatives, forte de 3 000 emplois, est certes existante mais souffre d'un effet d'atomisation, d'autant plus depuis la disparition du pôle fédérateur, le pôle PRIMI et alors que la voisine Occitanie s'est renforcée dans le même temps. Pour autant, pour EY et Emeric Laveix, les ICC sont un atout non négligeable du territoire, qu'il faut sans doute rendre plus visible mais qui n'en est pas moins à considérer.

Le plan de relance, coup d'accélérateur attendu

Si la métropole est donc riche et que son polycentrisme démontre un certain équilibre entre les différentes parties du territoire, il n'en demeure pas moins qu'il faut accélérer les investissements et que le Plan de relance peut jouer l'effet levier attendu. « Beaucoup d'entreprises attendent ce contrat de relance », souligne Emeric Laveix.

« La question des infrastructures est majeure », ajoute pour sa part Camille de Guillebon, managing partner de la Région Sud et Monaco. Sur ce point précis, la question du rail à la sortie de Marseille fait partie du sujet, entre autres.

Autre sujet qui a beaucoup fait parler de lui, d'abord pour de bonnes raisons puis pour de moins bonnes, thecamp a-t-il toujours sa place dans les atouts d'attractivité ? « C'est un site magnifique, qui pâtit comme beaucoup de structures, des effets de la crise. Son président Olivier Mathiot a établi un plan qui comporte diverses orientations stratégiques. thecamp est une forme de vitrine pour la région que l'on aimerait voir être couronnée de succès ».

L'Afrique, enjeu confirmé

On ne le redira pas, le positionnement géographique fait d'Aix-Marseille un point d'ancrage très intéressant pour qui veut aller tester ou s'installer sur le marché africain. Mais si le potentiel est identifié, les discours fermes, le passage à l'action est plus complexe. « Pendant longtemps, le positionnement a été euroméditerranéen, puis africain, puis euro-africain. Il a toujours été difficile de savoir comment se positionner. Il faut donc choisir le périmètre de réflexion. Sans forcer, Aix-Marseille est un pôle majeur d'échanges avec l'Afrique. Il faut choisir aussi le discours à employer avec les investisseurs ». Et faire comprendre que la métropole peut jouer le rôle de terre de repli. Plus largement, le discours global à tenir aux investisseurs de tous bords, c'est l'incitation. « Demander aux patrons du CAC 40 ou du SBF120 pourquoi ils n'ont pas de bureaux dans le Sud. Et s'ils en ont, leur demander pourquoi ils ne désirent pas accroître leur développement ? », résume Emeric Laveix. En rappelant les filières, la main d'œuvre, les talents... Tout ce qui est su mais pas encore assez bien vu...

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