Jean-Noël Léon – FPI Provence : « Les campagnes de dénigrement sur fond de stop-béton révèlent la méconnaissance de notre métier »

 |  | 853 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : DR)
Sujet ô combien passionné à Marseille, celui du logement a donné lieu ces derniers mois à quelques tiraillements entre la municipalité et les promoteurs. Un bashing injustifié selon le président de la fédération Provence, qui pointe les conséquences économiques qu’entraînerait un manque de constructions nouvelles face à la demande, rappelant que créations d’emplois et attractivité y sont rattachés. L’annonce de la tenue d’ateliers communs avec la Ville sur le PLUi, la charte de construction et du logement abordable ressemble donc à un calumet de la paix. On appelle cela aussi, la coconstruction…

LA TRIBUNE - Vous participez à des ateliers avec la Ville de Marseille, et on sait les liens tendus entre la municipalité et les promoteurs. Ces ateliers servent à quoi : mieux mener une réflexion ensemble, redorer le blason des promoteurs ?

JEAN-NOEL LEON - Redorer le blason des promoteurs ? Non ce n'est ni le propos ni l'objectif, même si le bashing des promoteurs devient lassant et dénué de fondement. C'est plutôt l'idée de poser les bases d'un travail collaboratif qui passe nécessairement par des échanges axés sur un constat partagé des réalités et de la problématique du logement à Marseille. Nous ne sommes pas dans l'amalgame ni dans les postures faciles ni dans un quelconque dogmatisme. Nous avons tous à cœur de travailler ensemble, au-delà des amalgames et des idées préconçues. C'est essentiel pour co-construire un projet ambitieux pour le logement et pour aplanir les difficultés. Car c'est ensemble, Mairie et promoteurs, que nous construirons le Marseille d'aujourd'hui et demain. Madame Chaboche (Mathilde Chaboche, adjointe au maire de Marseille, en charge de l'urbanisme NDLR) a été sensible à cette proposition et devrait participer à ces ateliers. Vous parliez de blason, le notre est régulièrement écorné par des campagnes de dénigrement sur fond de « stop béton » et qui reflète une parfaite méconnaissance de nos pratiques et de nos engagements en faveur de l'environnement, du cadre de vie et de l'intégration des bâtiments dans les territoires.

Mathilde Chaboche, l'adjointe en charge de l'urbanisme, a défini des vœux... Vous parlez de pistes de réflexion. Sur quels sujets vous rejoignez-vous ?

Mathilde Chaboche a parlé de 75 propositions, quelques-unes seulement ont été dévoilées dans la presse pour un public ciblé. Nous aurions apprécié en connaitre le détail et les points sur lesquels Ville et Métropole pourraient converger, pour le moment ce sont plutôt des intentions. Nous attendons effectivement la prise en compte de nos remarques et de notre expertise car vous vous en doutez sans promoteurs, sans les métiers du bâtiment il n'y aura pas de construction ou de rénovation, nous devons rentrer dans une démarche positive de « co-construction ».

Vous alertez souvent sur le manque de permis de construire délivrés. Quelles seraient les conséquences d'un manque de production de logements en termes d'économie ?

Les conséquences directes du manque de permis de construire c'est de raréfier les biens et d'infléchir les prix du marché à la hausse, alors que nous, FPI Provence souhaitons produire davantage, mieux et plus abordable. Il va donc falloir concilier ces objectifs pour revenir à des biens au juste prix ! De surcroît notre secteur est un fort pourvoyeur d'emplois et joue un rôle déterminant sur la dynamique économique de Marseille. Si nous prenons l'exemple du pays d'Aix en Provence, qui a toujours réalisé ses objectifs de production de logements, ce secteur a su générer 1.000 emplois par an, depuis 25 ans ! Car à n'en pas douter il y a un lien évident entre la production de logements, et l'accompagnent des entreprises locales à se développer ou celles qui souhaitent rejoindre notre région. Il s'agit bien de maintenir aussi l'attractivité de nos territoires. Après cette pandémie nous allons tous devoir travailler dans le même sens et tirant le meilleur parti des leçons de cette crise en matière de surface de logement, d'ouverture sur l'extérieur et revoir aussi une offre de bâtis professionnels plus adaptée aux nouveaux comportements des sociétés qui vont s'orienter, eux, vers des surfaces plus petites ou différentes.

Au-delà du dialogue avec la Ville de Marseille, comment mieux faire comprendre le rôle économique des promoteurs ?

Notre rôle est essentiel dans la chaîne de production que ce soit du privé ou du public. Ce qui manque à notre sens c'est peut-être une meilleure concertation en amont avec les riverains ce qui éviterait les recours incessants qui sont un obstacle au respect des délais de construction et ont donc un coût ! Nous sommes des bâtisseurs et nous impliquons de nombreux corps de métiers donc l'économie même d'un territoire !

On parle souvent de la ville de demain, mais ne doit-on pas construire aujourd'hui avant d'inventer l'urbanisme du futur ?

La ville de demain est une projection à long terme qui tient compte des nouvelles contraintes réglementaires et normatives mais aussi des aspirations des habitants des villes et des Marseillais en l'occurrence... Mais vous avez raison, il y a urgence à construire pour rattraper les retards et loger les milliers de demandeurs dans des conditions dignes, Marseille compte environ 40.000 demandeurs de logements sociaux et la pression sur le privé est aussi très importante. Il n'y a qu'à constater l'augmentation du prix de vente dans le secteur ancien soit +10% pour 2020, un record ! Il nous faut penser à la rénovation des centre-ville pas seulement en termes de dynamique économique mais aussi s'engager à lutter contre l'habitat insalubre et restructurer tout ce qui peut l'être.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/04/2021 à 10:36 :
Disons qu'avec le bêton, on a l'impression que vous laissez tomber où laissez à la marge ce qu'il est capable de mieux je pense au béton lissé ou bien à celui conducteur d'électrécité, pour nous imposer le pire à savoir ce qui doit rapporter le plus aux actionnaires milliardaires.

Un peu comme le plastique d'ailleurs qui a sa création était incassable et inusable, un matériau vraiment utile en sommes mais comme l'inusable et l'incassable rapporte beaucoup moins que l'usable et le cassable ils y ont incorporé des éléments le détériorant.

Les outils ne sont jamais un problème c'est ce qu'en font leurs propriétaires qui en sont systématiquement sanf dans l'agroindustrie dans laquelle leur seule logique est de tuer directement la vie.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :