Les universités, actrices du développement économique de leur territoire

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(Crédits : DR)
Épisode 2 – Ces dernières années, les universités ont ouvert leurs portes au monde socioéconomique. Aux classiques dispositifs d’alternances et de stage s’ajoutent la démocratisation de l’entrepreneuriat des chercheurs et des étudiants, l’organisation de chaires industrielles et tout un panel d’actions visant rendre ces structures incontournables dans le développement économique des territoires.

« Être une force pour le territoire, accompagner le développement des entreprises ». C'est un des slogans d'Aix-Marseille Université. Ce pourrait aussi être celui des universités de Côte d'Azur, d'Avignon et de Toulon, tant chacune montre une volonté de devenir actrice du développement de son territoire.

Des territoires sur lesquels elles s'attellent à renforcer leur ancrage, en collaborant régulièrement avec les collectivités et entreprises locales, en plus des incubateurs, de la Satt Sud-Est ou encore des pôles de compétitivité., participant à loisir aux divers événements qui ponctuent la vie de l'écosystème entrepreneurial, qu'il s'agisse de petits déjeuners ou d'afterworks.

Dynamiser le tissu économique local pour mieux s'y ancrer

Une animation à laquelle contribuent d'ailleurs les universités qui sont à l'origine de diverses actions, telles que des chaires industrielles mais pas seulement. L'université d'Avignon est ainsi à l'initiative de l'opération Passeport innovation que présente Philippe Obert, vice-président en charge du développement économique et de la valorisation. « En lien avec des partenaires territoriaux tels que les pôles de compétitivité, nous avons lancé un appel à manifestation d'intérêt ciblant des startups, des PME et des TPE qui sont invitées à faire remonter des problématiques naissantes, c'est-à-dire qui nécessitent de la recherche très en amont. Pour les aider, on forme des équipes d'étudiants de niveau master, IUT, ou doctorat qui font un travail sur cette problématique de recherche et développement. Pendant le premier semestre, ils présentent ce qu'il conviendrait de faire. Lors du second semestre, ils valorisent leurs travaux dans le cadre d'un stage dans l'entreprise où ils mettent en place in situ les recommandations théoriques. Cela participe de leur insertion professionnelle ». Et renforce évidemment les liens de l'université avec les entreprises impliquées.

A Marseille, AMU a porté la création d'un lieu dédié à l'innovation, censé jouer le rôle de plateforme d'échanges entre ces différents univers. Créée en 2019, la Cité de l'innovation et des savoirs d'Aix-Marseille (Cisam) accueille, en plus d'AMU, les incubateurs de la Métropole, du groupe l'Occitane et de CMA-CGM. « L'idée de cette Cité de l'innovation est qu'un chercheur y trouve tous les acteurs de l'innovation pour aller plus loin dans son idée, qu'il s'agisse de créer sa propre entreprise, de nouer des partenariats ou des collaborations », explique Romain Laffont, vice-président au partenariat avec le monde socio-économique.

Spécialisations thématiques stratégiques

L'ancrage territorial et la volonté de contribuer au développement économique local passent aussi parfois par une spécialisation thématique dans la recherche et sa valorisation. Une spécialisation très affirmée à l'Université d'Avignon qui cible deux axes centraux : la culture, le patrimoine et la société numérique d'une part, et les agrosciences d'autre part.

A Toulon, on s'intéresse beaucoup au maritime, avec des collaborations régulières avec le Port de Toulon qui constitue selon Patricia Merdy, en charge de la valorisation de la recherche, « une zone d'étude pour les chercheurs qui travaillent sur la pollution ou la surveillance, en lien avec la Direction générale de l'armement (DGA) ou des entreprises comme Naval Group ».

Les universités d'Aix-Marseille et Côte d'Azur sont quant à elles plus généralistes, essayant de faire émerger l'innovation dans un large panel de domaines de recherche, y compris dans les sciences humaines et sociales où le transfert de technologies semble moins évident. Mais l'enjeu est que ces innovations aient une réelle valeur ajoutée. Dans le cadre du programme Innovation Idex incluant l'Université Côte d'Azur, on veille à promouvoir les deeptech, ces technologies nécessitant de longues années de recherche. « On se focalise sur cela depuis 2020 car c'est là que l'université a un vrai avantage compétitif », souligne Marc Barret, directeur des opérations d'innovation du programme Idex.

Contribuer à l'attractivité des territoires

Un avantage compétitif que toutes veulent mettre au service de leur territoire et de son tissu entrepreneurial. A Avignon, Philippe Obert assure que son université a pour ambition de « contribuer au redressement du territoire, d'autant plus en cette période de crise. Il est nécessaire d'accompagner les entreprises via la recherche et la formation ».

Selon Patricia Merdy et Sylvie Taccola-Lapierre de l'Université de Toulon, la valorisation de la recherche, et notamment le développement de l'entrepreneuriat - qu'il provienne des étudiants ou des chercheurs - est un moyen de « garder les talents sur le territoire varois et de garantir le développement économique ». Un développement économique qui va de pair, via la création d'emplois, avec l'insertion des étudiants, une des premières missions des universités.

En dynamisant ainsi le territoire, les universités entendent accroître son attractivité en même temps que la leur, y compris au-delà des frontières. « Aix-Marseille Université a vocation à s'ouvrir sur l'international », assure Romain Laffont. « On veut attirer de très bons chercheurs et étudiants ». Une attractivité qui profite forcément à la bonne santé économique du territoire et de ses entreprises.

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