A Nice, le Centre Europe Direct veut aider les entreprises à ne pas bouder les financements européens

 |  | 795 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : DR)
C’est une annonce qui pourrait paraître anodine. Pourtant, en plein déploiement du Plan de relance et parce que, plus généralement, les fonds venus de Bruxelles sont mal voire peu connus par les TPE PME, ce centre d’information prévu pour s’installer au centre de la métropole azuréenne, constitue un des leviers pour aider les acteurs économiques à reprendre de l’élan.

Si l'Europe a beaucoup - et demeure beaucoup - au centre des discussions depuis le début de la crise il y a un an, s'il a énormément été question de la réponse européenne à cette crise ou encore aux ambitions de relocalisations industrielles, il n'en demeure pas moins que la chose européenne reste encore un sujet flou ou méconnu des entreprises notamment.

Nice, ex-capitale européenne de l'innovation, qui avait candidaté pour accueillir un Centre Europe Direct, a vu son souhait être exaucé. Dans quelques semaines, début mai, ce centre d'information deviendra réalité. Si on peut imaginer la volonté de rapprochement avec le citoyen, l'enjeu se situe aussi ailleurs : du côté des entreprises.

Car l'Europe dispose de différents fonds destinés au financement des projets. Si le fonds FEDER est, par exemple, assez connu des TPE PME, d'autres le sont bien moins. Et à cela s'ajoute un aspect majeur : le plan de relance.

Soutenir (sans surprise) la digitalisation et la transition écologique

Si on sait déjà que l'Union Européenne finance une partie de plan de relance de la France à hauteur de 40%, d'autres programmes ciblent précisément le soutien aux entreprises en période post-Covid.

C'est notamment le cas de Next Generation EU. Doté de 750 milliards d'euros, voté l'an dernier, il abonde les Etats membres sous forme de subventions, à hauteur de 390 milliards d'euros, et de prêts, pour 360 milliards d'euros. Les sujets particulièrement adressés, sont, sans surprise la digitalisation des entreprises, à laquelle 20% des 750 milliards d'euros sont alloués, et la réalisation d'objectifs environnementaux telle la neutralité carbone, qui concentre 37% de la dotation.

Autre levier, également outil du plan de relance européen, REACT- EU concentre, pour sa part, 47,5 milliards d'euros de fonds structurels. Et il cible à la fois la réparation des dommages engendrés par la pandémie, tout autant que la reprise, là encore sans surprise dans ses aspects numérique, écologique et de résilience.

Sur ce volet précisément, 117 millions d'euros ont été attribués à la Région Sud. « C'est un programme qui permet d'abonder à la politique de cohésion », précise Magali Altounian, adjointe déléguée aux institutions européennes et au rayonnement de la Ville de Nice, également conseillère métropolitaine. « Notre objectif est que le territoire puisse capter ce financement qui va aider, soutenir les projets d'entreprises implantées sur la Côte d'Azur ». Et Magali Altounian de reconnaître le déficit de connaissance européenne de la part de petites et moyennes entreprises, souvent dépourvues face à la tâche administrative. « La recherche du financement est souvent compliquée et il est complexe de faire face aux lourdeurs administratives. Le Centre Europe Direct pourra autant informer des appels à projets lancés, mais également accompagner les entreprises dans le montage des dossiers, former les équipes à la meilleure façon de constituer ces dossiers », tant de la bonne préparation de ces derniers dépend l'octroi du financement... "Il est important que les entreprises n'ignorent pas les opportunités offertes par le plan de relance". L'implantation du Centre Europe Direct à proximité du totem de la French Tech Côte d'Azur et dans un quartier réhabilité, qui accueille les startups, n'est sans doute pas le fait du hasard...

Territorialisation de la politique européenne

« Le Centre Europe Direct reste un outil de communication reconnu par les instances européennes, il est une façon de maintenir le lien avec Bruxelles ».

Un lien qui concerne, certes, les entreprises, mais aussi les collectivités. Car les communes ne sont pas absentes de la relance et en font intégralement partie. On rappelle les 37% de financement du programme Next Generation EU fléchés vers l'atteinte des objectifs environnementaux. La cohésion des territoires est - on le rappelle aussi - inscrit dans le plan de relance tant européen que français. « L'Europe peut aider à la réduction de la fracture numérique comme de la fracture énergétique », indique Magali Altounian, deux sujets qui sont ceux des collectivités. Et de rappeler encore qu'au-delà du financement - qui est le nerf de la guerre évidemment - c'est aussi la compétitivité qui pointe, chaque territoire étant décidé, dans un contexte de relance, à être le plus attractif possible. Et cette « territorialisation des politiques européennes »  doit surtout accompagner les projets de la vraie vie.

L'Europe - qui organise une Conférence sur son futur le 9 mai prochain - et qui aura comme président, Emmanuel Macron du 1er janvier 2022 au 30 juin 2022, sera-t-elle mieux aimée ? Jouer la notion de proximité est sans doute une très bonne stratégie. Surtout à un moment où la notion européenne est si souvent évoquée...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :