Immobilier : jusqu'ou le numérique peut-il aller ?

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(Crédits : DR)
Amorcée depuis plusieurs mois, la digitalisation dans le secteur de la vente de maisons et d'appartements connaît un grand coup d'accélérateur. Les restrictions sanitaires en sont une raison, mais le déploiement de nouvelles agences très dématérialisées renforce cette tendance.

Le mot est à la mode dans tous les secteurs de l'économie. La digitalisation ou numérisation, chacun choisira son camp, est devenue un aspect indissociable du développement d'une société. En toute logique, la tendance touche aussi le secteur de l'immobilier et notamment chez les agences. "C'est quelque chose d'incontournable qui permet de donner beaucoup d'informations", confirme William Siksik, co-président de la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) dans les Alpes-Maritimes. Il souligne notamment que le syndicat des agences immobilières avait lancé son incubateur à la Station F de Paris en 2018. Le "FNAIM Lab" devait jouer un rôle de vigie pour apporter aux agences adhérentes des solutions de digitalisation.

Le marché de l'immobilier étant large, des sociétés se sont créées autour de la digitalisation du secteur. C'est le cas de Mellone et Gastaldi Properties, née à proximité de Cannes fin 2019. "Les potentiels acquéreurs sont très présents en ligne et nous avions constaté qu'une transaction pouvait se réaliser en digitale sans agence physique", remarque Julien Mellone l'un des fondateurs. Un constat que partage le confère niçois Les Agences de Papa. "Nous avons décortiqué la journée d'un agent immobilier et avons tout numérisé", raconte Nicolas Fratini, l'un des fondateurs.

Lire aussi : Les Agences de Papa, futur n°1 de l'immobilier dématérialisé ?

L'étape clef de la visite

La publication des annonces, l'envoie et la signature de documents, ou encore les échanges avec un conseiller peuvent aisément s'imaginer à distance et en digital. Il reste toutefois un élément clef dans le processus de transaction : la visite. "Nous en proposons d'abord une numérique, puis il est possible de la réaliser en réel", explique Julien Mellone. L'agence travaille actuellement sur l'intégration d'annonces en vidéo.

Chez les Agences de Papa, on laisse faire le propriétaire pour les visites. "C'est lui qui connaît le mieux le bien et c'est le meilleur vendeur mais il ne veut pas parler d'agent", justifie Nicolas Fratini. L'agence se charge donc ensuite de négocier le prix et de vérifier la viabilité de l'acheteur. Si le vendeur n'est pas disponible, la société fait alors appel à un prestataire.

Une méthode qui ne convainc pas William Siksik. "La visite est l'élément le plus important d'une transaction, c'est à ce moment-là que les questions viennent sur la loi Carrez ou le plancher. Une personne n'accepte pas d'acquérir un bien sans y être allé, souvent elle prend aussi le pouls du quartier. J'ai un acheteur qui a par exemple eu besoin de quatre visites pour être rassuré", argumente-t-il.

Vers une guerre des prix ?

Pour Julien Mellone et Nicolas Fratini, la digitalisation leur permet de gagner du temps et de réduire leurs coûts. Les Agences Papa en font en tout cas un argument puisque les frais d'agence y sont de 2000 euros peu importe le montant de la transaction, contre habituellement un pourcentage du prix de vente.

Le début d'une guerre des prix ? La FNAIM n'avait pas hésité à attaquer en justice le site d'annonces De Particulier à Particulier pour "exercice illicite de l'activité d'agent immobilier" et "dénigrement de la profession". PAP proposait alors une offre d'aide pour les vendeurs avec notamment l'estimation du prix d'un bien. Le syndicat des agences a été débouté en novembre dernier par le tribunal de commerce de Paris. Peut-être la preuve que la numérisation dans l'immobilier ne fait pour l'instant que ses premiers pas dans ce secteur.

Lire aussi : PAP veut à son tour disrupter les agences immobilières

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