Nice n’en a pas fini avec le tramway

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(Crédits : DR)
En annonçant l’extension de la toute première ligne du tram niçois vers la Vallée des Paillons pour 2026, c’est une partie située plus à l’est du territoire qui devrait connaître un désenclavement et surtout une amélioration de la mobilité qui va bien au monde économique. Car dans cette partie parfois moins considérée du territoire, les enjeux de développement ne sont pas neutres.

On évoque souvent Nice Côte d'Azur par le centre-ville de Nice ou par son entrée ouest, là où se déploie Nice Eco-Vallée. Mais le territoire ne se limite pas aux contours de la métropole, il est plus large et il comprend aussi une Vallée des Paillons qui, comme toutes les autres zones, connaît des difficultés de mobilité fluide et rapide.

La Vallée des Paillons, c'est, regroupées sous la communauté de communes des Pays de Paillons, 13 communes et près de 27 000 habitants. Ce sont des villes et des villages directement connectés avec les autres vallées et avec la proche Italie et la très proche Monaco. C'est dans ce territoire que se situe aussi une réserve foncière qui est bien loin d'être négligeable, dans un département qui pêche et peine à trouver des mètres carrés disponibles.

L'annonce donc, d'une extension de la ligne 1 du tramway niçois à horizon 2026 sur 6 km dont 1,5 km en souterrain, vers cette Vallée prometteuse en termes de développement économique, est un signal qui fait pousser un ouf de soulagement aux... entrepreneurs.

C'est ce qu'explique notamment le président des Entreprises des Vallées des Paillons, Adrien Sfecci. Qui se dit plutôt content du choix fait d'un tram plutôt qu'un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) un temps envisagé. « C'est le projet qui entre le plus en adéquation avec le monde économique et c'est un élément déterminant pour désengorger la Vallée », explique celui qui préside l'association réunissant 200 entreprises sur 15 communes. Aux 13 villes de la communauté de communes s'ajoutent en effet celles de La Trinité et de Saint-André de la Roche, qui sont dans le périmètre de la Métropole Nice Côte d'Azur, preuve qu'économiquement le territoire se fait économiquement hors de tout découpage administratif.

Levier d'attractivité

Ce que pose aussi Adrien Sfecci, c'est le devenir - forcément prometteur - des terrains laissés vacants par Lafarge. Le cimentier, installé à Contes depuis plus de cent ans, va en effet cesser la production pour ne conserver qu'une activité logistique. On imagine le potentiel, qui va bien aux entrepreneurs en besoin de foncier mais pas seulement à ces PME installées. Car la volonté est aussi d'attirer des investisseurs. Sur ce point d'ailleurs, Ladislas Polski, le maire de La Trinité, l'évoquait déjà il y a quelques semaines à La Tribune. « La Trinité est à proximité de la Principauté de Monaco, de la frontière italienne, les accès autoroutiers et donc il y a une nécessité de développer, nous avons des friches industrielles qui sont amenées à être reconverties, nous avons un certain dynamisme qui ne demande qu'à s'exprimer »

La faisabilité de transformation des terrains Lafarge serait entre les mains d'un bureau d'études.

L'horizon 2026 va bien aussi car cela laisse le temps à l'économie de retrouver sa boussole, de voir comment les projets d'implantation - que la crise aurait pu freiner - retrouvent une dynamique et si le télétravail modifie profondément les usages. « L'objectif est d'accueillir en 2026 des entreprises qui produisent et pas qui ne font que du stockage », précise Adrien Sfecci. « On peut accueillir des activités de R&D, par exemple ». Et « remplacer » les emplois perdus par l'arrêt de la production de la cimenterie Lafarge, par d'autres types d'emplois, en plus grand nombre, espère même Adrien Sfecci.

Servir l'export

Surtout, le tram va jouer sur la décongestion des villages, apporter de la fluidité pour mieux servir les activités en lien avec Monaco et l'export. Et puis, le tram surtout apporte une cohérence dans les déplacements quotidiens car nombreuses sont les entreprises dont les salariés habitent de l'autre côté de la métropole. Cette prolongation de la ligne 1, qui pour rappel dessert du nord au sud, va apporter de la fluidité aux TPE PME locales.

Le calendrier prévoit trois phases de travaux, dont la première pourrait être livrée fin 2025k début 2026 et mobiliserait 140 millions d'euros HT sur les 320 millions d'euros au total nécessaires pour le projet. La phase 2 et la phase 3 interviendraient respectivement en 2027 et 2028, pour 50 millions d'euros HT et 150 millions d'euros HT. La concertation publique devrait intervenir dès cet été.

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