Perseus inaugure sa nouvelle génération d’hôtels haut de gamme à Nice

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(Crédits : DR)
Basé à Londres, le groupe hôtelier va investir une enveloppe globale de près de 50 millions d’euros dans la transformation d’un vieux couvent niçois en un hôtel haut de gamme. Ce projet, qui entend faire un pas de côté avec les codes de l’hôtellerie de luxe, viendra inaugurer une nouvelle collection d’établissements, encore en gestation, mais à visée européenne.

Niché dans les ruelles hautes et étroites du vieux-Nice, le couvent de la Visitation attend son heure. Quasi abandonné depuis près de quatre décennies, cet ensemble immobilier construit entre le XVIe et le XVIIIe siècle, inscrit au patrimoine historique, va bénéficier d'une enveloppe de près de 50 millions d'euros pour retrouver vie. Une vie non plus religieuse, mais économique, touristique et sociale. A la manœuvre, le groupe Perseus, basé à Londres, qui opère et exploite depuis 2011 des établissements hôteliers. Il compte à son actif le développement d'une collection de quatre hôtels de destination mer et montagne, Les Hôtels d'en haut, cédés en 2019 au fonds d'investissement KSL Capital Partners, spécialiste de l'industrie du voyage et des loisirs. Une cession qui a réduit le portefeuille du groupe à un établissement parisien en attendant 2023 et la livraison du programme niçois. Celui-ci prévoit, sur une surface de 8000 m², la création de 88 chambres sur quatre corps de bâti, des espaces séminaires et de restauration, un complexe bain et des jardins en restanque.

Ce projet ambitieux, mélange de réhabilitation à l'ancienne et de construction neuve, viendra inaugurer une nouvelle génération d'établissements de luxe que Perseus ambitionne de développer. "L'idée, explique son dirigeant-fondateur, Valéry Grégo, est de faire évoluer des segments de notre industrie qui sont restés figés dans le temps. C'est notamment le cas du luxe". Pour ce faire, le dirigeant s'appuie sur une "vision intuitive de l'hôtellerie" qui a présidé au développement du groupe et qu'il entend désormais pousser encore plus loin. "C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre pour Perseus, celui de la maturité. Il nous conduit à accélérer sur les quatre valeurs qui sont les nôtres et qui forment le socle de nos projets". A savoir : la culture, l'environnement, la modernité de l'offre et l'ancrage local.

L'illustration niçoise

A cet égard, l'opération niçoise et ses 150 emplois attendus constituent une première illustration. "On est loin de l'hôtel fermé pour riches perché sur sa colline. C'est même tout le contraire ! Il s'agira d'un hôtel ouvert aux Niçois, aux visiteurs, avec, sur la place centrale du site, l'organisation tous les quinze jours d'un petit marché local ; le prêt, hors saison affaires, des salles de séminaires à l'association de quartier La Semeuse pour des expositions d'art par exemple ; ou encore la volonté d'installer dans un local dédié un jeune commerçant", détaille Louis Antoine Grégo, architecte et fondateur de Studio Méditerranée, agence d'architecture née pour le projet dont elle assure la maîtrise d'œuvre. L'objectif étant "de donner un nouveau souffle et de faire monter en gamme cette partie du vieux-Nice".

En matière d'environnement aussi, le programme se veut exemplaire. "Il ne s'agit pas seulement de construire de manière responsable, mais de rénover ces bâtiments aujourd'hui délabrés dans l'esprit dans lequel ils ont été construits. Un an de travail d'archives a été nécessaire pour retrouver et réhabiliter un certain nombre de dispositifs qui avaient disparu avec le temps", reprend l'architecte. Lequel a donc cherché à respecter au maximum l'ancien couvent et ses volumétries existantes dont la réhabilitation se fera "à l'ancienne", avec des matériaux exclusivement naturels comme la chaux, le chanvre, le bois, excluant de fait toute utilisation de ciment et de matière plastique. Le marché - en 25 lots séparés - est en cours d'attribution. Les travaux devraient démarrer avant l'été.

Donner du sens au voyage

L'hôtel du couvent de la Visitation constituera donc la première adresse de la nouvelle collection de Perseus, appelée cette fois-ci à se déployer hors des frontières hexagonales sur cinq à six destinations européennes, exclusives et stratégiques, car "représentatives de ce que l'Europe à d'unique à offrir", avance Valéry Grégo. Lequel évoque l'Italie, le Portugal ou encore les Pays-Bas, bien que rien ne soit encore arrêté, si ce n'est un fil conducteur : donner du sens au voyage. "Ce que nous a appris la pandémie, c'est que voyager a des conséquences et qu'il faut donc prendre soin dans la manière dont on voyage en apportant une valeur culturelle à ce déplacement, en faisant attention aux traces qu'on laisse derrière nous, en impliquant et en s'engageant mieux auprès de la communauté locale, sinon on crée un tourisme de masse qui ne sert finalement à rien." Des convictions que la crise sanitaire a confortées et renforcées. "Le voyage de demain sera plus responsable, et c'est tout l'objet de notre projet".

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