Eric Berton - Aix-Marseille Université : « Nous voulons passer d’une politique internationale à une reconnaissance internationale »

 |  | 748 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : DR)
Arrivé il y a un an à la tête de la plus grande université francophone pluridisciplinaire, celui qui en a été longtemps le vice-président Innovation et Valorisation imprime une stratégie où aller vite et bien doit aller de pair. Très tournée vers le monde la recherche et des entreprises, AMU s’est entourée, dans le cadre de son Idex, d’expertises via un board, sorte de boussole interdisciplinaire pour justement valider les bons choix. Et conserver la dynamique de conquête.

Il y a un an, Aix-Marseille Université s'est trouvée confrontée comme toutes les Universités et comme toute la France face à l'épreuve du confinement. Une sorte de crash test grandeur nature pour beaucoup d'organisations, qui a permis de rapidement identifier les trous, les manques mais aussi la capacité d'adaptation, l'agilité, la réactivité... « Nous avons pris notre mandat dans une dynamique forte, cela nous a permis d'être à fond sur la gestion de la crise », note Eric Berton. Élu en janvier 2020, le successeur d'Yvon Berland s'est trouvé projeté dans une dimension de gestion de crise inattendue. Mais dit-il, « cela nous a permis de nous sublimer ». Et d'engager, tour à tour, la mise en place du travail à distance comme d'un plan de gestion de reprise d'activité. Surtout, et alors que le numérique a montré sa prévalence encore plus depuis douze mois, l'accueil continu des étudiants en fracture numérique sur le campus est un exemple concret de l'agilité. Pour Eric Berton, tout a été possible parce que « nous avions engagé cette dynamique ».

Exporter les formations

Et hors de question de ralentir la dynamique. Bien au contraire. « Nous travaillons sur notre projet avec des ambitions fortes. Nous voulons répondre dans un temps court à notre programme et nous voulons aller vite ». Avec l'objectif de faire d'Aix-Marseille Université « une structure de rang mondial à horizon 2030 ».

L'international, ou plus exactement le renforcement de l'international, voilà la clé principale qui doit renforcer encore plus l'attractivité de celle qui accueille 80 000 étudiants sur 5 campus et 9 villes. « Nous voulons passer d'une politique internationale à une reconnaissance internationale », précise bien Eric Berton, pointant bien la différence entre une présence dans le monde et une aura acquise, qui génère de l'attractivité.

« Nous voulons exporter nos formations, ouvrir des laboratoires à l'étranger ». Car si Aix-Marseille Université accueille 10 000 étudiants étrangers, la volonté de son président - et cela faisait partie de sa profession de foi - est d'être une université leader en Europe, en Méditerranée, en Afrique sub-saharienne et au Moyen-Orient.

L'innovation - un sujet qu'il connaît bien puisque c'était l'une des thématiques qu'il portait en tant que vice-président - colle assez facilement à la peau d'AMU. Et son implication dans la Cité de l'Innovation et des savoirs - la CISAM - posé en plein cœur de Marseille dans l'ancien bâtiment de la SNCM, où se rassemblent incubateurs - Obratori, celui de L'Occitane, ZEBOX, celui de CMA CGM -, l'Accélérateur M, porté par Aix-Marseille Provence, entreprises privées - Enedis - en est un porte-drapeau visible et démonstrateur taille réelle.

La CISAM « fédère l'énergie créative du territoire. Nous développons des innovations ensemble, nous impliquons la cité... Cela permet de libérer la créativité des étudiants. Nous gagnerons le pari de la CISAM lorsque nous perdrons la CISAM ». Comprendre, quand elle essaimera...

Des experts internationaux pour valider la stratégie Idex

Première brique de cette démarche innovante, l'Idex ou Initiative d'Excellence (label national qui est issu du Programme Investissement d'Avenir) A*MIDEX, obtenu en 2012 et confirmé en 2016, est un autre élément dans la politique d'attractivité d'AMU. C'est aussi un financement de 28 millions d'euros par an. Et c'est un outil tellement stratégique que « nous avons choisi de faire valider deux fois par an nos axes stratégiques par un board d'experts internationaux. Nous perfectionnons nos pistes de travail. L'Idex est avant tout un endroit où l'on expérimente, où l'on prépare le futur ». Où la structuration se fait par interdisciplinarité, où se fédèrent les communautés existantes, qui ici réfléchissent ensemble sur les sujets de sociétés en mutation et sur les liens entre recherche et formation. « Nous considérons que nous avons un lien privilégié avec les incubateurs, notamment Impulse et Belle de Mai », ajoute Eric Berton, pour qui le transfert de technologie est primordial, la valorisation étant l'autre sujet qu'il a porté lors de sa vice-présidence. La qualité est une autre problématique d'importance pour le président de l'AMU - une vice-présidence lui est dédiée - qui n'hésite pas à faire appel à des consultants pour avancer encore plus vite.

Aix-Marseille Université est donc en phase de conquête active. Cependant Eric Berton se dit certes « heureux mais insatisfait ». Parce que, explique-t-il, « Aix-Marseille Université doit encore évoluer. Nous portons une politique de transformation ». Qui devrait encore bien davantage s'exprimer...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 07/03/2021 à 10:11 :
«Nous voulons passer d’une politique internationale à une reconnaissance internationale»... cela veut simplement dire que l'on recherche des thunes pour faire de la publicité!
a écrit le 06/03/2021 à 11:13 :
Pour obtenir de la reconnaissance il fait être déjà digne et respectable, regardez vous dans une glace. Il n'y a que dans votre région dans laquelle on voit des pancartes avec des chameaux barrés sur les portes d'entrées hein. Pour se faire respecter par le monde il faut déjà respecter soi-même le monde.
a écrit le 05/03/2021 à 21:47 :
Dans l’état «  sublimation » le retour est trop tard. La réalité faut l’inacceptation avant qu’il soit trop tard car , ceux qui ont autorités sur le monde de l’innovation n’ont pas dans leur dictionnaire «  personnel «  le mot «  reconnaissance «  , désolé , leur égo , leur interdit «  ce mot ».

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :