Initiative Nice Côte d’Azur, un accompagnateur qui vous veut du bien

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(Crédits : DR)
Connue principalement pour son rôle de financeur, la plateforme d’aide à la création et reprise d’entreprises, basée à Nice, est de plus en plus sollicitée pour son expertise en termes d’accompagnement. Et dans une période économique instable, la capacité à orienter, à apporter des outils concrets de management au quotidien comme de stratégie globale sont autant d’atouts de résistance que les TPE PME ne boudent pas. Et si l'innovation s'en mêle, c'est encore mieux.

Longtemps, l'aspect financement d'Initiative Nice Côte d'Azur a été le facteur premier de sa notoriété. Comme l'ensemble du réseau Initiative, INCA - l'acronyme par lequel on le présente sur le territoire - a su être un acteur clé dans un contexte où la création et la reprise d'entreprises s'inscrivaient dans une dynamique économique globale. Bien avant le phénomène startup - qui a beaucoup fait pour promouvoir une forme d'entreprenariat - le réseau présidé aujourd'hui par Guillaume Pépy a été aussi, et ce n'est pas négligeable, un contributeur du maintien d'un tissu économique dynamique dans des territoires fragilisés ou situés en dehors des contrées du littoral. Car, oui, il n'y a pas que les villes de bord de mer. Et INCA en sait quelque chose, pour couvrir le large périmètre qui est celui de la Métropole Nice Côte d'Azur - dont on rappelle qu'elle concerne 49 communes pas toutes situées en littoral - et Pays de Paillon.

Pour autant, c'est aujourd'hui sa capacité de conseil qui vaut au réseau une notoriété plus neuve. Il faut dire qu'après la première phase de confinement, c'est lui qui a été, entre autres, à la manœuvre de Covid Résistance, le fonds initié par la Région Sud pour soutenir les entreprises et associations de moins de 20 salariés. Et dans cette nouvelle phase de confinement, qui met à mal la situation économique des TPE PME, INCA retrouve - même si elle ne l'a jamais abandonné totalement - son rôle de conseiller spécial.

Le sujet de l'après

D'abord, il s'agit « de nous assurer de la continuité de service », commente Valérie Ammirati, la présidente d'Initiative Nice Côte d'Azur. « Le parcours d'un chef d'entreprise ne s'arrête pas au financement ». Comprendre, être présent pour ces projets qu'INCA a financé mais aussi savoir expliquer à ceux qui viennent chercher le coup de pouce en monnaie sonnante et trébuchante, que le timing n'est peut-être pas, selon le secteur d'activité adressé, le plus pertinent. « Nous sommes également attentif en préconisations sur le sujet du bon moment », poursuit la présidente de la plateforme niçoise, INCA servant à la fois de garde-fou - « nous aidons à anticiper les délais qui peuvent ralentir un démarrage d'activité » - comme de relais - « nous nous assurons aussi de la mobilisation d'autres aides auxquelles le dirigeant à droit ».

En période de crise économique liée à la crise sanitaire, les comités COVID sont des maillons essentiels dans le maintien d'une santé la plus saine possible des entreprises. S'il reste, pour cette nouvelle période, à définir les critères exacts, les chiffres, au 18 octobre, sont assez significatifs de ce qui est généré. Ainsi sur les 584 dossiers déposés, 383 ont été soumis en comité d'agrément pour 279 aides octroyées, à hauteur de 2,039 M€ pour celles implantées sur le territoire de Nice Côte d'Azur et à hauteur de 49 000 € pour celles installées en Pays de Paillon.

Parallèlement, il ne faut pas croire que l'on ne créée plus, ni que l'on ne reprend plus, en période d'instabilité économique. Là encore, les chiffres le disent : les bonnes idées se financent. Ainsi 359 nouveaux entrepreneurs pour 344 entreprises ont obtenu l'aide financière nécessaire pour 2,7 M€ de prêts d'honneur, avec, en effet de levier, 3,9 M€ de prêts bancaires associés. Mais ce qui est intéressant dans les données brutes, c'est le stade de développement de l'entreprise : à 83 %, les dossiers concernent des entreprises en phase de croissance et de transition, pour, comparativement, 10 % de création.

Le signe que les TPE grossissent et se renforcent. Et ça, c'est indéniablement une bonne nouvelle.

Vulgariser l'info, toute l'info

Mais pour que les entreprises tiennent la route alors que le second confinement met à mal l'économie dans sa globalité, la notion d'accompagnement mode prévention, prend tout son sens. C'est sur cela qu'INCA veut apporter sa plus-value. D'où l'idée de former les membres du comité comme les permanents de la structure à l'ensemble des procédures existantes et pouvant être activées avant d'en arriver à la procédure de sauvegarde. Un sujet que Valérie Ammirati, expert-comptable dans le civil, connaît bien et formation qui sera confiée à un mandataire judiciaire. Autre initiative (sans jeu de mots), la création de FAQ, tous les quinze jours qui verra des sachants de plusieurs professions du droit, du chiffre ou de l'entreprenariat être sollicités pour orienter les dirigeants. « L'idée est de guider les chefs d'entreprise vers les bons conseillers, pas de se substituer à eux », renchérit Marc Chakhtoura, le directeur d'INCA. « L'objectif est de vulgariser l'information ».

Dans le contexte actuel, le digital a conforté, s'il en était besoin, son importance autant que sa valeur ajoutée, les entreprises « numérisées », s'en sortant plus que celles qui ne le sont pas. Un point essentiel dans les business modèles ou tout simplement dans l'organisation interne des entreprises qu'INCA ne veut pas omettre dans sa panoplie d'outils. « Nous sommes confrontés à une réalité : tout le monde n'est pas à l'aise avec les outils digitaux », confirme Marc Chakhtoura. D'où un atelier spécifique - Booster - créé exprès qui a, aussi surprenant soit-il - suscité le vif intérêt des entreprises financées par INCA mais aussi celles qui ne le sont pas et qui ont trouvé ici, ce dont elles avaient besoin.  « Le frein digital existe et nous devons adresser cette problématique », confirme Valérie Ammirati.

Un autre atelier Booster, orienté gestion des tableaux de bord et trésorerie, est également ouvert à tout type d'entreprise. Car « les périodes de stop and go fragilisent les entreprises, et ce qui était auparavant une spécificité des entreprises dites saisonnières, concerne aujourd'hui tous les secteurs et typologies de structures », précise encore Valérie Ammirati.

Tiers-lieu, pas à moitié

On peut aussi être une plateforme tout ce qu'il y a de plus « classique » dans le fond mais faire preuve d'innovation dans la forme. Initiatrice d'un Pop Up Initiative installé au cœur du centre de Nice, où les entreprises accompagnées ont toute possibilité de montrer et commercialiser leurs produits, INCA veut pousser le concept plus loin. « Notre volonté est de créer un véritable tiers-lieu, où il sera possible de venir prendre son café mais d'accéder également à des formations, découvrir les produits des entreprises financées, instaurer des échanges, découvrir des parcours d'entrepreneurs », commente Valérie Ammirati. Ce qui est bon pour l'écosystème, le tissu local, les entreprises... Et qui doit surtout servir à l'après. « Il faut préparer le futur entrepreneur ». Du mieux possible, avec les tenants et les aboutissants. Et rien ne vaut la preuve par l'exemple...

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