Economie, international, entreprises… ce qu'en disent les CCE

Alors que les conséquences du Covid-19 poussent à imaginer un meilleur demain, les Conseillers du commerce extérieur de Provence Alpes Côte d'Azur Corse, experts à l'export et chefs d'entreprises issus de différents secteurs, y vont de leurs propositions, nourries de l'expérience terrain. Où il est question de Green Deal, d'Afrique, d'agilité et de coopérations multiples.

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(Crédits : iStock)

La question récurrente du moment est bien celle de ce que sera le monde d'après. D'après le confinement - on y est -, d'après la crise - on n'y est pas encore - et sur le sujet, les avis sont pléthores, divers et variés.

Pour que le monde d'après soit donc différent, en mieux, du monde d'avant, il semble nécessaire d'identifier les pistes d'amélioration.

C'est le travail de prospective en quelque sorte que s'est employé à faire le comité Provence Alpes Côte d'Azur Corse des conseillers du commerce extérieur de la France. Un travail collaboratif, autour de dix thématiques - gestion RH, transport aérien européen, réseaux professionnels, santé, management... - qui donne lieu à des propositions motivées.

45 jours de brainstorming plus tard, il en ressort des suggestions arrêtées, parfois très ambitieuses.

Vraie coopération avec l'Afrique, l'Europe soudée

Parmi elles est abordé le thème de l'Afrique. Alors que la crise a beaucoup porté le regard sur l'Europe, les CEE en appellent à ne pas oublier le continent africain comme partenaire privilégié. "Nous avons tendance à oublier qu'alors que deux blocs puissants que sont les Etats-Unis et la Chine se font plusieurs guerres, il existe un troisième bloc, nord/sud, Euro-méditerranéen africain. Et ce bloc a des chances d'exister si les objectifs sont partagés", explique Xavier Gesnouin, le président du comité Provence Alpes Côte d'Azur Corse. Et cela concerne aussi bien le "numérique que les médicaments et plus largement tout ce qui sous-tend la nouvelle Route de la Soie". Autrement dit, il faut penser relocalisation avec l'Europe mais aussi avec l'Afrique. Et s'appuyer sur sa diaspora, très présente en Europe, rappelle pour sa part André Durbec, le vice-président du comité et président également du comité Marseille Provence. L'Afrique qui attire, on le sait, les intérêts chinois, or, "nous disposons de plusieurs avantages, dont la langue et la capacité à apporter un appui essentiel". "Culturellement, un modèle européen se confronte à un modèle anglo-saxon. En Afrique, existent des licornes prêtes à déployer leur potentiel mais aussi un tissu qui ne pense pas compétition internationale, mais survie".

L'Europe justement, figure aussi au nombre des pistes à explorer, appuyant sur un constat fait durant les débuts de la crise : le manque de politique qui permette une collaboration et donc des réponses communes. "L'Europe n'est pas qu'un monde bruxellois ou strasbourgeois. Si l'on veut gagner une part du gâteau, l'Europe doit être soudée et ensemble", estime Xavier Gesnouin, quand André Durbec précise que "offre commune ne veut pas dire offre unique". Une envergure européenne qui irait bien aussi à tout ce qui concerne l'environnement et l'aménagement qui va avec, les CCE suggérant de réinventer un outil qui a disparu du paysage administratif français depuis 2014, la DATAR. "Il n'est pas question de tout faire ensemble mais pour ce qui est des projets colossaux, pourquoi ne pas mutualiser tous les moyens ?"

Changer pour plus de compétitivité

Qui dit environnement du green deal. Plan vert en français dans le texte, pour lequel les CCE appellent à ce que le sujet soit celui qui voit l'arrêt de l'opposition entre d'un côté les ingénieurs et de l'autre côté les économistes et la fin des "discours binaires". "Nous devons être vigilants dans les industries que l'on soutient. La planète n'est pas rancunière, elle a repris ses droits immédiatement mais ne gâchons pas les enseignements positifs de la crise", implore Xavier Gesnouin, qui en profite pour demander par ailleurs un durcissement des critères RSE dans la notation des entreprises.

Des entreprises qu'il serait de bon ton également de noter en fonction de cette qualité essentielle qu'est l'agilité. "En période de crise c'est l'intelligence émotionnelle qui prédomine. C'est d'ailleurs pour cela que les managers de crise ne sont pas les managers de temps calme", souligne le président du comité Provence Alpes Côte d'Azur Corse, pour qui cette capacité à ne pas avoir d'inertie handicapante est aussi une notion qui doit être prise en compte en termes de management.

Les entreprises, qui pour se relever de la crise et parce que l'international est une part non négligeable des plans de développement, pourraient bénéficier d'un renforcement du crédit d'impôt Export, lequel assumerait les coûts non prévus par les autres programmes. "Il doit être repensé", affirme Xavier Gesnouin. "Nous allons modifier nos habitudes de ventes à l'international, nous allons avoir besoin d'aides adaptées, pas uniquement financières".

Le tout étant en fait une question de... compétitivité. A noter que la contribution des CCE de Provence Alpes Côte d'Azur Corse a été transmise à Alain Bentejac, le président national, lui-même président de SOLEX, Solution pour l'export, commission créée pour préparer le post-Covid où figurent également les CCI, Business France, ou encore les OSCI. Reste à voir comment seront optimisées, reçues et retenues ces propositions venues d'un territoire que l'on ne peut plus ignorer : le terrain.

CCE BRI

Le comité CCE Provence Alpes Côte d'Azur Corse lors du Forum BRI à Marseille, à l'automne dernier

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