Le port de Marseille-Fos à la reconquête de ses clients

Le port de Marseille-Fos (GPMM) a présenté ce 15 décembre, ses grandes orientations pour les quatre années à venir. Avec une ambition : celle de redevenir le premier port de Méditerranée.


La "reconquête" est le maître-mot. Celle des clients, d'abord et celle du territoire. Christine Cabau-Woehrel*, la présidente du directoire du GPMM, le pointe même comme le "fil rouge" de ces prochaines années. Et ce, en misant notamment sur la multi-modalité autour du ferroviaire et du fluvial. Dans cette optique, le terminal de transport combiné de Mourepiane, qui permettra d'accueillir des trains de 850 mètres, doit être mis en service au deuxième semestre 2017. La diversification des filières est un autre moyen de récupérer des parts de marché, en particulier en misant sur la filière porteuse du conteneur. "Nous voulons rendre l'arc méditerranéen plus compétitif", notifie Jean-Marc Forneri. Le président du conseil de surveillance espère voir le port de Marseille-Fos se mesurer aux grands ports du Nord que sont Rotterdam, Hambourg et Anvers.


Un programme ambitieux


Pour ce faire, le programme des investissements est ambitieux : 360 M€ sur 2014-2018, dont 90M€ consacrés au maintien des activités existantes, 80 M€ aux opérations déjà lancées (la Forme 10, la passe Nord et Mourepiane) et 190 M€ pour celles à venir (l'aménagement des terminaux Corse et Maghreb). Malgré cette volonté d'investir, le GPMM ne peut occulter la contrainte de "restaurer les équilibres financiers du port", mis à mal par la perte d'hydrocarbures (- 22 M€ de pétrole brut importé sur la période 2009-2013). En effet, le bilan des quatre dernières années s'annonce mitigé : si le port a gagné 220 000 conteneurs et 535 000 passagers croisières, il faut déplorer la perte de 35 M€ de chiffre d'affaire sur 2009-2013. Pour tenir ses engagements, il devra donc assurer une croissance de 11% sur les quatre prochaines années, une progression "à hauteur de nos ambitions", précise Christine Cabau-Woehrel. Car l'ambition, s'il n'y en a qu'une, est clairement de "redevenir le numéro 1 en Méditerranée en 2015 ou 2016", affirme Jean-Marc Forneri. À noter que le GPMM est aujourd'hui n° 2, derrière le port d'Algésiras, en Espagne.


Pour une écologie industrielle


Ce développement économique n'oublie pas la dimension environnementale, puisque le GPMM affirme son intention d'être un "aménageur responsable". Il s'engage ainsi dans une "écologie industrielle" et une "économie circulaire", notamment avec le projet Piicto sur la plateforme industrielle d'innovation de Caban-Tonkin, à Fos, où sont déjà implantées LyondellBasell et Kem One. La structuration d'une filière éolienne offshore (projet EOOS) participe également de cette volonté, avec l'ambition de créer, pour 2017, un site pilote nommé Provence Grand Large, où seront implantées 13 éoliennes. Plus proche de nous, le projet pionnier de branchement électrique des navires à quai devrait se concrétiser fin 2015. Enfin, le soutien au GNL - "la ressource énergétique de demain", selon Jean-Marc Forneri - en tant que carburant marin a été réaffirmé.

Aurélie THÉPAUT

*Le projet stratégique du GPMM a été transmis à l'Autorité environnementale qui devrait le valider fin mars 2015.

Crédit photo : GPMM

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