La SNCM obtient une avance de trésorerie de 13 M ?

La SNCM a obtenu mercredi soir un prêt de l'un de ses actionnaires, Transdev, qui vise à lui permettre d'assurer ses échéances à court terme.


Un peu d'huile dans les rouages de la SNCM. Le conseil d'administration de la compagnie maritime marseillaise, qui s'est tenu mercredi soir, a accordé à la compagnie maritime un prêt de 13 M€ pour faire face à ses échéances de trésorerie à court terme.

Ce versement de Transdev est "indispensable au financement d'une période transitoire qui doit permettre la finalisation des travaux engagés sur les scenarii permettant d'assurer la pérennité de l'entreprise", indique la direction du groupe dans un communiqué tout en précisant qu' "aucun autre soutien financier ne pourra être apporté à la SNCM".


Un engagement de Transdev
Transdev avait pris le 14 juin dernier "l'engagement conditionnel" de verser 30 M€ à la SNCM avant la fin de l'année, et en avait déjà versé 17 millions. Selon le groupe, "des éléments nouveaux intervenus depuis cette date (...) dégradent les perspectives de redressement de la SNCM." Cette nouvelle aide s'inscrit en outre dans le cadre d'une "conciliation ouverte par le Président du Tribunal de Commerce de Marseille, le 11 octobre dernier, afin de favoriser le recouvrement des sommes dûes à la SNCM par des tiers, notamment la Collectivité territoriale de Corse."


Rumeurs sur de nouveaux actionnaires
Deux holdings d'investissement, Alandia et FinActive, ont indiqué mercredi à l'AFP qu'elles envisageaient d'étudier le dossier de la SNCM. Mais elles conditionnent leur participation dans le capital de l'opérateur historique de la desserte corse au règlement par l'État français de ses différends avec Bruxelles, qui réclame à la compagnie 440 millions d'euros d'aides publiques, qui auraient été trop perçues dans le cadre notamment de la délégation de service public (service complémentaire) des ports corses au départ de Marseille entre 2007 et 2013.
En outre, un armateur français associé à un armement du nord de l'Europe, dont les identités n'ont pas été précisées, ont étudié le plan de redressement validé par le conseil de surveillance, selon des sources non nommées par l'AFP. Là encore, leur entrée au capital ne se ferait qu'une fois le différend avec Bruxelles réglé. Sachant que Veolia cherche à se retirer du capital. Par ailleurs, on dit le groupe Stef-TFE, propriétaire de la Méridionale, qui exerce conjointement la DSP avec la SNCM, d'être intéressé. En lice également, la collectivité territoriale corse qui pourrait créer une compagnie publique en reprenant 4 navires de la flotte de la SNCM. Des alliances devraient se concrétiser et faire bouger les lignes.


Guérini et Gaudin montent au créneau
Les élus politiques régionaux se sont emparés de ce dossier qui devient extrêmement politique et porteur d'enjeux sociaux à quelques mois des échéances municipales. Le président du Conseil général, Jean-Noël Guérini, s'était dit "prêt à participer au capital de la SNCM, moteur économique du port de Marseille, mais rien n'est décidé, c'est une réflexion qui est engagée". Le sénateur-maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin a, de son côté, estimé mercredi que "Veolia" devait "faire un effort" et que l'Union Européenne devait "se taire". La  Ville va demander aux actionnaires de la SNCM de l'autoriser à entrer au Conseil de surveillance comme administrateur indépendant, comme la loi n°2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie l'y autorise. Ce qui impliquerait une modification des statuts de la SNCM en Assemblée Générale. Au niveau national, le ministre de l'Écologie Philippe Martin, s'est dit "déterminé à trouver une solution" pour sauver la SNCM, dont l'État est actionnaire à 25 %.

Soutien des marins à 59 %

L'entreprise poursuit pour sa part la mise en oeuvre de son plan de restructuration, présenté par Marc Dufour il y a quelques mois aux actionnaires et validé en juillet. Nouvelle étape dans ce plan de continuité : la signature du nouveau pacte social concernant le personnel navigant d'exécution, qui constitue le volet social de la relance (le plan de départ volontaire - qui concerne les sédentaires - est l'autre partie). Hier, mercredi 19 décembre, les marins de la SNCM se sont prononcés à 59 % (72 % de participation) en faveur de ces nouveaux accords qui leur demandent des efforts de productivité. Un soutien non négligeable pour l'entreprise qui y voit "la confirmation sans ambigüité de la détermination des marins de la SNCM à apporter leur contribution au plan de redressement". Pour rappel, il prévoit un changement du schéma d'exploitation avec une flotte de 8 navires mixtes (de type ropax) dont la moitié serait renouvelée avec des navires de nouvelle génération, mais dont la commande est toujours suspendue en raison de l'environnement policito-économique particulièrement agité pour la compagnie.

 A.D avec la tribune.fr


Photo : Marc Dufour, président du directoire de la SNCM, ferraille pour obtenir des actionnaires le respect de leurs engagements.

 ©Christine Cavile

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